Lescodesontchange

16 juillet 2012

L’amazone timorée

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais connu dans son entourage de fille célibataire, ancrée dans son célibat et fière de son statut ? 

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Mardi soir, César et moi étions invités à une soirée chez des amis communs. Lors de ces apéros-rosé, nous nous délectons à échanger sur nos bribes de vies, nos histoires passées, présentes et futures et sur des tirades enfiévrées sur la société actuelle. Ce mardi, notre couple d’amis avait invité l’une de ces amazones timorées sur qui nous allons mettre notre récit en mode PAUSE.

Caroline, tout juste trentenaire, jolie rousse piquante à l’oeil vif et aguicheur, porte une robe corail et des sandales dorées qui tranchent avec ses pieds bronzés et parfaitement manucurés du dernier vernis Dior couleur corail. Dans sa gestuelle, on voit déjà que Caroline aime plaire mais a peur du contact direct. Elle scrute les autres invités de la soirée à l’affût d’un sourire en coin, d’un regard volé, de l’esquisse d’une moue boudeuse. Caroline, contrairement à Bérengère, celle que nous nommerons la chienne refoulée (dont je disserterai lors d’un autre post) n’est pas exhubérante, elle est discrète, rentre dans le jeu de la séduction mais de façon subtile et déguisée.  

Caroline, est souvent accompagnée d’une autre amazone, tout autant célibattante qu’elle, afin de canaliser cette timidité enfouie. Pourquoi célibattante ?

Notre amazone timorée est une jolie fille, elle a un boulot chiant qui lui permet simplement de pouvoir renflouer son compte en banque en fin de mois pour s’acheter les derniers vêtements à la mode de chez Zadig, ou pour les fins de mois très difficiles, de chez Zara. Caroline aime fumer. Du soir au matin elle fume. Sa cigarette, c’est un peu la carapace derrière laquelle elle se cache. En soirée, sa « clope » lui permet de s’ouvrir aux autres, d’aller quémander un briquet à une potentielle conquête ou simplement d’avoir une contenance dans une soirée où elle se sent souvent mal à l’aise.  Caroline, après quelques verres de Bandol commence à se dérider. Elle est célibataire depuis peu et clame à qui veut l’entendre que le célibat est la panacée, que le célibat lui a fait pousser des ailes et la fait sortir de son cocon. Elle aime vanter les mérites de ces fameuses soirées filles, où rosé et kir framboise coulent à flots dans des lieux atypiques qui fleurent bon la jet set « boboisante » de sa ville. Ces soirées où les hommes doivent avoir des bourdonnements aux oreilles tant leur présence physique non désirée est contre-balancée par leur présence, oh combien, virtuelle. Ces soirées où fleurissent les « les hommes sont tous des c… »bip » et où même le plus charmant des hommes passerait pour une bête sauvage simplement assoifée de sexe et de conquêtes.

Qui n’a jamais connu de Caroline, bourrée à deux heures du matin, qui se lamente sur les hommes qui n’en sont plus, qui n’ont plus ni le courage de draguer, ni celui d’assumer leurs actes une fois l’Acte passé, encore moins celui de s’engager ?Qui n’a jamais connu d’amazone fébrile à l’idée d’un premier rendez-vous qui sera simplement le premier du mois en cours et juste le prémice aux quinze suivants avec des bruns, blonds, roux, châtains de divers horizons ? Qui n’a jamais du consoler une Caroline, dont le mascara YSL coule à la pensée de ses ex, pouvant éventuellement se trouver de nouvelles conquêtes ? Qui n’a jamais connu de copine qui tout en s’extasiant devant  » Desperate housewives » rêve en secret au prince charmant, arrivant dans sa grande Ferrari rouge (ou peut être Aston Martin noire c’est moins bling bling quoi que …) avec un énorme sac de chez Din Vanh rempli de doux présents aux reflets diamantés ?

Alors l’amazone timorée célibattante est-elle au fond si différente de Pénélope qui attend sagement le retour de son bien-aimé, Ulysse ? Notre Caroline est-elle si proche d’une Olympe de Gouges, féministe et militant pour le doit des femmes au XVIIIéme siècle, féministe convaincue et exaltée par une réelle passion égalitaire ? Sous un aspect volontairement moderne et résolumment militant, l’amazone actuelle n’a t-elle pas ancrée au fond de son être les même codes sociaux que ses ainées qu’elle taxe de soumises et de rétrogrades ? Croit-elle vraiment que le célibat est un exemple de vie rêvée sans entraves ni contraintes ? La contrainte de devoir plaire à outrance, quitte à en perdre son identité (physique et morale) est-elle une idée conforme à ses idéaux de petite fille ? 

Durant la soirée, César écoute beaucoup, il note avec pertinence que les mots qu’il va pouvoir dire seront analysés, décortiqués et parfois mal interprétés. Alors, il se tait, il passe pour le bon confident quitte à en perdre son statut d’homme viril pour quelques heures pour se lancer dans des mélos digne des romans de Katherine Pancol. Il attend sagement son heure, en fin analyste et saura placer avec brio LA petite phrase qui fera mouche et qui rappellera à toutes ces amazones combien l’Homme peut aussi être subtil et plein de bon sens. 

Alors, des Carolines vous en avez surement connu des tonnes mais la question demeure en suspens … Les codes ont-ils vraiment changé ?

Charlotte

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