Lescodesontchange

19 juillet 2012

La louve libérée

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais connu dans sa vie de copine qui, telle la chanson de Goldman, clame haut et fort qu’ « elle a fait un bébé toute seule » ?

La louve libérée Capture-d’écran-2012-07-19-à-13.16.54-300x198

Clarisse, jolie maman célibataire, pré-trentenaire est l’exemple typique de la louve libérée.

Notre louve libérée a connu peu d’hommes dans sa vie. Malgré quelques amourettes, le papa de sa fille a été son premier grand amour. Un amour fulgurant à ses débuts, des promesses d’avenir, des «  nous voulons au moins 5 enfants… », et puis du jour au lendemain tout s’écroule. Le beau rêve vire au cauchemar, la vie rêvée n’en est plus, la petite grandit et le couple s’éloigne.

Alors que fait Clarisse ? Au lieu de se raccrocher à ce qu’il reste de bon dans cette relation, elle s’éloigne, entrainant avec elle sa fille, éloignant volontairement le papa qui est devenu pour elle non rien de moins qu’un simple géniteur.  Ce géniteur, devient la figure même de l’antéchrist, bouffon, manipulateur, procédurier, capable de lancer «  ta gamine c’est toi qui l’a voulue » dès que Clarisse daigne lui réclamer des comptes sur leurs moments de gardes.

Clarisse n’hésite d’ailleurs pas à nous le dépeindre sous son vrai jour (du moins ce qu’elle en ressent), violent, colérique, compagnon pitoyable mais pourtant père très aimant avec leur fille, « la prunelle de ses yeux ».

Notre louve libérée s’émancipe enfin. Elle revit après ces années de concubinage, cette pause « layette, couche et kilos en trop ». Elle peut de nouveau vivre, sortir, profiter de sa jeunesse, ne pas se cantonner à son rôle de mère louve. Bref elle peut enfin s’ouvrir à la vie.  

Dès que l’occasion se présente, elle ne rate aucune occasion de pouvoir retrouver la fougue de ses 18 ans :  les soirées un peu trop alcoolisées, les rencontres d’un soir, l’attente de textos qui ne viendront peut être pas, l’adrénaline à l’approche d’un rendez vous avec ce beau blond rencontré à cette soirée où elle ne voulait pas aller, les minaudages  du style : « Ah oui, tu as vraiment fait fort sur ce coup Hugo » qui fleurent bon un « revival » d’adolescence énamourée.

Notre louve aime intensément sa fille mais ressent parfois ce besoin intrinsèque de retrouver cette insouciance de femme sans entrave. Ce que Clarisse redoute le plus c’est le moment épineux où après une superbe soirée passée avec un inconnu (qu’elle aimerait qu’il ne demeure pas juste un simple inconnu), la phrase fatidique tombe « au fait, j’ai un enfant ». Et là, malheureusement pour elle, le valeureux prétendant si fier et brave, encore quelques heures avant le rendez vous, pavanant devant les machines à torture des salles de musculation, se rétracte, se ferme, telle une huitre dans sa coquille et lance un courageux « je te rappelle » qui laisse présager la suite de cette histoire sans lendemain …

Notre louve libérée tout en clamant sa soif de liberté, et sa joie d’élever seule sa fille ne ressent-elle pas un manque ? Mais que cherche t-elle vraiment ?  Un mari prévenant ? Un amant vigoureux ? Un père de substitution ? Un homme pour rattraper les illusions perdues de la famille idéalisée ? Un subtil mélange de tout cela peut être ?

Clarisse, peut être comparée à ces reines régentes du temps des Lumières qui ont su s’extraire du pouvoir, pourtant absolu de leurs époux, pour se faire une place au soleil. Notre louve se rapproche de Christine de Pisan, philosophe et poétesse du XIVème siècle qui a très probablement été la première femme à vivre de sa plume. Dans son ouvrage « Le livre des cent ballades », celle qui s’est retrouvée veuve à 26 ans avec trois enfants et sans aucun soutien, revient sur sa situation de femme isolée devant subvenir seule aux besoins de sa famille.

Alors, à sept siècles d’écart, les codes ont-ils vraiment changé ?  A ce moment précis, Clarisse regrette peut être de ne pas être née au XIVème siècle, à cette époque où les hommes n‘étaient pas courageux et fiers uniquement sur le champ de bataille mais avaient le courage d’assumer leurs actes qu’ils soient d’ordres professionnels ou privés. Pour elle, l’image du couple est un lointain souvenir qui ne redeviendra possible le jour où elle réussira à définir réellement ce qu’elle attend d’un homme. Alors, ce « j’ai fais un bébé toute seule » pourra se transformer en « nous élevons mon enfant ». Mais les codes n’auront-ils quand même pas changé ?

Charlotte

Laisser un commentaire

Agent territorial en action... |
Jetestpourvous |
Katouya 6 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | number one for you
| Le grenier de Polly
| Geek le blogeur