Lescodesontchange

7 août 2012

La quadra inassouvie

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Lundi matin, 9H30, alors que je tente de profiter de ma grasse matinée, je reçois un coup de fil. C ‘est Laurence, mon amie d’enfance (enfin à la base une amie de ma cousine avec qui je suis très proche), qui vient une fois de plus de se faire larguer. Laurence, belle quadragénaire, brune piquante aux yeux bleus, n’en est pas à son coup d’essai. Des déceptions et des ruptures dans sa vie, elle en a eut pléiade. Des hommes, elle en a eut … et pas qu’une poignée. Alors, pourquoi cette crise de larme au bout du fil ?

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Cette fois-ci, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Elle n’en peut plus : Didier, son dernier prétendant en date a fuit comme tous les autres. Mais pourquoi l’a t-il quitté lui aussi ? Est-ce à cause de son absence de dons pour le domaine culinaire,  de son appétit à l’inverse pour les fringues, de son caractère de femme forte jamais prête à baisser la garde, de son enclin maladif au pessimisme ?

 Alors, à l’aube de ses 46 ans, Laurence cherche à comprendre. Elle veut des réponses à ce célibat perpétuel. Certes, depuis l’âge de 17 – 18 ans, elle n’a, pour ainsi dire jamais été seule : les Pierre, Paul, Jacques, Luc et autres se sont succédés dans son cœur et par conséquence dans son lit. Mais pourquoi cette volonté commune et quasi systématique de ne pas pérenniser leurs histoires avec notre quadra inassouvie ?

Evidemment, sûre d’elle, ou du moins de son sex-appeal, Laurence a collectionné les aventures extraconjugales au sein de ses nombreuses histoires. De nombreux maris soi-disant « fidèles » ont failli dans ses filets de redoutable prédatrice. Que penser, de sa dernière proie en date ? Charles, tout juste trentenaire, marié, père d’une fillette de 5 ans qui semblait vouloir tout quitter pour Laurence. Qui, tout en l’emmenant en voyage au bout du monde et la couvrant de bijoux, n’a pas su, lui non plus, lui donner l’essentiel … Une histoire sérieuse ! Une histoire pour y croire et ne pas être cantonnée au rôle de maîtresse qu’elle endosse si souvent. Laurence est tombée éperdument amoureuse de Charles.

Pour lui, cette femme libre qui a toujours refusé d’avoir des enfants et de se marier, se voyait déjà en robe blanche au bout d’une allée remplie de lys. Elle commençait même à évoquer une possible maternité tardive. Notre quadra inassouvie, inconsciemment toujours à la recherche d’une nouvelle proie, avait pour une fois, ouvert son cœur en laissant tomber la barrière de retenue qui l’habite. Elle avait envie de se ranger, de se caser, mais en jetant son dévolu sur un lion encore plus sauvage et indomptable qu’elle, elle ne faisait pas le poids.

L’étincelle de passion des débuts a rapidement cédé la place à des larmes et de l’amertume. Laurence, aurait pu, une nouvelle fois rester la maîtresse en retrait, ne partageant avec lui que quelques bons moments, mais elle s’attachait trop. Notre prédateur, pris de panique, a préféré fuir, cédant à la tentation de la phrase bateau que toute femme redoute d’entendre «  je ne peux pas quitter ma femme, j’aime trop ma fille et elle m’en retirerai la garde, alors je préfère que l’on en reste là… ». Quelle belle preuve de témérité …

Et notre belle Laurence est restée une nouvelle fois sur le quai, préférant attendre son retour, croire aux promesses irréelles «  tu es la femme de ma vie, nous recommencerons notre histoire lorsque ma fille sera plus grande et que je pourrai enfin quitter ma femme … ». Elle y a cru, ou du moins, elle a voulu y croire tout de même encore. Que de dimanches passés à attendre ce coup de fil incertain qui n’arrivera jamais. Que de larmes versées à la pensée de ce qu’aurait pu être leur histoire si Charles ne fût pas marié et père de famille. Que reste t-il de leurs voyage à Ibiza, en Andalousie, aux confins de l’Amérique centrale ? Laurence ne peut que se lamenter sur sa belle parure de cristaux tyroliens, offerte comme une promesse d’avenir, au retour de l’un de leurs séjours.

Alors les codes ont-ils vraiment changé ? Les femmes n’ont–elles pas du, de tout temps endosser ce rôle discret mais tenace de maîtresse ? Comment ne pas évoquer Cléopâtre, belle et talentueuse reine d’Egypte qui ayant mis le monde à ses pieds, n’était qu’un jouet aux mains des hommes qui ont traversé sa vie ? Celle que l’on surnommait dès le 1er siècle av JC : Cheilon («grosses lèvres») grâce à ses prouesses buccales sur une centaine d’hommes de garde, ne devenait qu’une poupée ballotée entre son amour pour Jules César et sa passion destructrice pour Marc Antoine. Elle dirigeait le monde d’une main de fer, se servait de son corps comme d’un objet capable de remotiver une armée entière mais avait un cœur de midinette et rêvait en secret au grand amour.

Alors, à l’heure du bilan, notre quadra inassouvie peut-elle espérer de nouveau rencontrer l’amour, celui qui fera faire palpiter son cœur, lui donner des frissons au corps et à l’âme ? La femme libre, qui se réclame assoiffée de liberté peut-elle vraiment accepter l’amour et le joug de son amant ? Une question demeure donc en suspens … les codes ont-ils vraiment changé ? 

 Charlotte

 

 

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