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31 octobre 2012

La belle écervelée

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Hier soir, au cours d’un repas chez nos amis Katia (notre « étrange étrangère » d’un précédent article) et Cyril, nous avons eu la surprise, à l’arrivée, de nous retrouver avec un autre couple d’amis. Parmi eux, dès les premières paroles, j’ai su que j’avais trouvé l’objet de mon prochain article : Constance.

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Constance  est une belle blonde de 39 ans (elle y tient à son dernier pas dans la trentaine), dynamique, extravertie, passionnée de tennis et très volubile. Dès son arrivée, je remarque que le compagnon de Constance, Hervé est beaucoup plus âgé. Mais bon, sur le coup rien de choquant. Sur le ton de la plaisanterie, à peine le premier verre de Bourbon servi, Constance n’hésite pas avec tact et diplomatie à dire qu’elle a hâte qu’Hervé (son taciturne mari) « casse sa pipe » pour profiter de l’héritage, et pouvoir se reconvertir à son tour en séduisante cougar !!! Soit… le repas est lancé !

Constance tout au long de sa soirée s’extasie et nous fait « rêver » sur sa vie mondaine : Son récent voyage au Bahamas, sa dernière parure Cartier (une véritable « folie » lors d’une balade un après-midi pluvieux), son manteau en fourrure acheté en souvenir du défilé YSL auquel elle a assisté dernièrement. Katia et moi restons bouche bée et je l’avoue, un peu envieuses devant tant de facilité. A l’écouter la vie semble si facile, si douce, et pourtant si matérialiste.

Mais là où notre belle écervelée fait fort, c’est lorsqu’elle commence à parler bouquins. Loin de se cantonner à son rôle de ravissante idiote, Constance ne peut s’empêcher d’avoir un avis sur tout, de disserter sur le dernier roman à la mode, et surtout d’en parler comme si c’était LA référence littéraire du moment : «  Vous comprenez, grâce à ce livre j’ai encore amplifié mes compétences (déjà considérables …  Regard complice vers César…Ah bon !!) sur l’histoire personnelle de Fidel Castro et le contexte économique de sa révolte … et bla bla bla » . Notre écervelée se transforme l’espace d’un instant en historienne avertie. Un instant seulement.

Plus tard, alors que j’explique mes mésaventures tendineuses suite à un match corsé de tennis, Constance, me recommande alors quelques cours particuliers avec son professeur fétiche qui la prend (mais dans quel sens ?!) 3 fois par semaine à son club de tennis huppé.

Le repas devient alors croustillant quand Hervé prend la parole : un petit détour par Prague et voilà notre septugénaire ( et oui quand même !) qui explique avec une honnêteté désarmante que lors d’un séjour à Bratislava, au moment de rentrer dans leur hôtel 5 étoiles, le groom leur a refusé l’accés, prenant Constance pour une ….disons femme de mauvaise vie ! Et Constance, tout sourire aux lèvres de rajouter : « C’est vrai qu’avec mes longs cheveux blonds, mon corps longiligne, mon vieux à mes côtés et ma fourrure en vison, je passais vraiment pour SA pute ! ». Alors, là, moi pour le coup, je dis bravo ! Autant de lucidité et de recul, ça m’épate ! Passer pour la pute de son mari, ça pourrait en choquer plus d’une … et bien Constance, elle en rit et elle n’hésite pas à le clamer haut et fort devant de parfaits inconnus.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises : Constance décide alors d’évoquer sans pitié, sa copine « Valou », sous l’emprise d’un garçon sans le sou ( simple kinsésithérapeuthe !!!) à qui elle donne des cours de barre au sol en lui expliquant l’importance de l’indépendance de la femme.  Selon elle, cette pauvre « Valou » serait une trop gentille fille et elle s’est mis en tête de la rendre plus indépendante.

Il faut dire, qu’avec ses tenues dignes d’une princesse de la jet-set sur le retour, ses heures de cours de tennis privées, sa bonne-à-tout-faire, son jardinier personnel qui se déplace en Z4, ses vacances luxueuses dans des chalets à 10 000 euros la semaine à Gstaad … Constance, qui n’a jamais travaillé de sa vie, passe pour un modèle d’indépendance, surtout financière ! 

L’Histoire n’a pas été avare de ce genre de femme qui, pour l’argent, joue le rôle parfait de la ravissante idiote qui a réussit à faire tourner la tête des plus fortunés.

Comment ne pas songer à Charlotte Marguerite de Montmorency (ça rappelle un peu la chanson des Inconnus) qui, en 1609, alors fille d’une illustre famille nobiliaire, se met au service de Marie de Médicis. Cette dernière, femme d’Henri IV, va rapidement se rendre compte que la Charlotte séduit son illustre mari. Le roi de France, alors âgé de 57 ans, se met à courtiser Charlotte devenue  princesse de Condé, qui rit de bon cœur de ces empressements de barbon. Mais son mari, jaloux, quitte la Cour avec elle, l’emmenant en province. Henri IV les suit, et sous de multiples déguisements, tente d’approcher sa belle. Condé, fou de rage, emmène alors sa femme à Bruxelles, la plaçant sous la protection de l’Espagne, grande ennemie de la France ! Est-ce pour Charlotte qu’Henri IV déclare la guerre à l’Empereur en 1610 ? Toujours est-il que Charlotte, enfermée, surveillée, tente de s’évader, en appelle au roi de France, à sa famille, cependant que son époux s’est enfui à Milan, combattant pour le compte de l’Espagne.

Toute proportion gardée, on s’est toujours passionné pour ce genre d’histoire « hors norme » où l’homme âgé symbolise une sorte de père incestueux pour sa fille. Ainsi, me vient à l’esprit le roman de Vladimir Nabokov « Lolita » où le héros, Humbert Humbert, un homme d’âge mûr, raconte sa relation, notamment sexuelle, pendant 2 ans, avec Lolita qui avait 12 ans au début de leur relation. L’histoire est donc celle d’un pédophile, qui nous explique sa passion pour les « nymphettes», jolies jeunes filles de 12 à 14 ans.

Alors, c’est sur, Hervé n’est pas pédophile. Constance, du haut de ses 39 ans est bien consentante et tout à fait saine d’esprit et de corps. Alors malgré les regards stupéfaits, interrogateurs, narquois des convives, cette dernière se contrefout des jugements portés sur son couple et des avis sur sa relation « scandaleuse ». Mais, dans le fond, tout le monde y pense un peu : Les codes ont-ils vraiment changé ?

Charlotte

24 octobre 2012

La Juliette moderne

Publié par lescodesontchange dans Non classé

On se souvient tous  de l’histoire impossible de Roméo et Juliette pris entre les haines et les rivalités de leur famille … Mais aujourd’hui qui n’a pas dans son entourage, cette jeune fille qui semble désœuvrée, face à l’incompréhension de sa famille quant à son nouveau chéri … Laura est notre « cobaye » du jour.

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Laura, atypique boulangère de presque 30 ans, croque la vie à pleines dents. Certains diront que son métier se porte sur son physique : C’est vrai qu’elle est plutôt ronde et que deux généreuses miches viennent souvent encombrer les (trop) profonds décolletés qu’elle jette à la vue de ses clients.

Non pas qu’elle soit aguicheuse, non vraiment pas, mais c’est sa nature : elle aime la vie et veut le montrer à tous. Et au final, ses clients masculins reviennent plus pour son sourire et ses éclats de rire communicatifs que pour autre chose (enfin si, pour son pain, le vrai, quand même !).

Laura a pourtant connu des moments assez difficiles sentimentalement parlant : sa rupture avec Marc, jeune professeur agrégé de lettres classiques, a été une catastrophe.  Tout notre groupe adulait ce couple simple et mignon qu’ils formaient : malgré leurs différences de style et de vie, quelque chose d’invisible semblait les rapprocher plus que tout. C’est pourtant elle qui a décidé de le quitter car elle n’en pouvait plus de la relation étouffante qui les liait. Il lui a fallu des mois pour se remettre de cette page trop difficile à tourner dans son livre des amours.

Elle a alors fait défiler les pages, enchaînant les histoires courtes, d’un soir, d’une nuit, d’un lit : Serge, Thomas, Alix, Jack, Chris, … Beaucoup ont succombé à sa bonhomie franche et naturelle. Nous, bien sur, les couples bien rangés, on s’amuse à la taquiner quand elle vient nous voir : « Alors comment il s’appelle le dernier ?! » ; « « Ah, mais tu n’étais pas avec un Stéphane dernièrement ?? » ; … Mais, ses aventures sont aussi une manière pour les filles du groupe surtout de revivre une époque révolue, dont elle rêve en secret pour certaines.

Pourtant, dernièrement, un nom revient avec insistance : vous savez l’ami proche qu’elle a toujours côtoyé mais avec qui il ne se passera jamais rien de sérieux. Fayal, elle l’a rencontré, il y a un moment, pendant sa formation de boulangerie. Lui aussi est passionné par l’univers du pain (certains disent que ce sont les miches de notre Juliette moderne qui le passionnent depuis toujours). C’est donc tout à fait normalement qu’ils se sont rapprochés à nouveau, après la rupture avec Marc.

On a ainsi appris qu’il partait en week-end escalade dans le Vercors, puis en soirée sur Cannes, ou encore en vacances à Malte pour quelques jours. Mais Laura nous l’affirmait alors : « C’est juste un super copain … Bon on a couché une ou deux fois ensemble, mais pas plus ! ».

Mais finalement, les moments partagés se sont rapprochés et notre Juliette moderne a arrêté sa collection d’hommes d’un soir pour se consacrer à son nouveau chéri.  Si elle nous a rapidement avoué que finalement c’était plus que de l’amitié forte qu’elle vivait avec Fayal, elle nous a aussi dit pourquoi elle ne criait pas sur tous les toits sa relation : « Je crois que ma relation avec Fayal ne plaît pas à tous le monde, et surtout à mon père ».

Et bien oui, imaginez vous : Laura, issue d’une vieille famille catholique peu pratiquante certes, s’est jetée dans les bras de Fayal, issu pour sa part d’une famille d’immigrés maghrébins de religion musulmane.

Le père de Laura ne mâche pas ses mots sur la nouvelle relation de sa fille et ne perd jamais l’occasion de lui faire, l’air de rien, une remarque  déplacée : « Comment il s’appelle déjà ton nouveau ? Farid ? Ah oui, Fayal … Il faut reconnaître qu’il a pas un nom facile. » ; « Eh sinon, il mange du porc ? Ah bon, il en mange, mais c’est pas un vrai musulman alors ?! » ; « Fais quand même attention ma fille, avec toutes ces histoires qu’on entend de filles embarquées de force dans leurs pays … Méfie toi ! ».

Du coup, Laura ne veut pas présenter Fayal à sa famille, sentant que ce moment risque d’être délicat, voir destructeur, pour leur couple naissant. Elle préfère le présenter à ses amis, les vrais, qui acceptent les différences et préfèrent la voir heureuse et épanouie.

Les relations difficiles, où les familles se mêlent des histoires d’amour de leur progéniture, sont très présentes dans la littérature (Tristan et Yseult, Paul et Virginie, … ) mais aussi dans l’histoire : On se souvient ainsi des nombreux mariages arrangés entre familles royales pour sceller la paix ou récupérer des terres. Louis XIII, jeune roi à la sexualité questionnée, se retrouve ainsi marié à Anne d’Autriche, selon la volonté de sa régente de mère Marie de Médicis qui souhaitait un rapprochement entre la France et l’Espagne. Leur nuit de noces est une catastrophe : la légende dit que les nouveaux roi et reine « s’accouplent » devant un parterre de proches qui voulaient être certains que le mariage a bien été consommé. Au final, le futur Louis XIV, premier enfant du couple, va naître 23 ans après leur mariage.

Laura, notre Juliette moderne est donc confrontée à un problème plus ancien : l’intolérance. Heureusement, et le dicton se vérifie, elle peut compter sur ses amis, qui sont « une véritable famille dont on a choisi les membres ! ». Membres choisis ou pas, la question reste présente : les codes ont-ils changé ?

César

17 octobre 2012

La pie médisante

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Ce soir, tout en remuant notre ratatouille maison, je posais une question à César : n’as-tu jamais eu dans ton entourage de personne qui, plutôt que d’entrer dans l’art de la conversation, préfère celui de l’hypocrisie ou de la médisance ? Laissez moi vous présenter Viviane.

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Viviane est une « amie » de boulot. Râleuse chronique, elle aime avant tout se prouver, et prouver aux autres qu’elle est la meilleure. Dans son boulot, elle n’est pas celle par qui arrive « la bonne ambiance ». Non, au contraire : alors qu’elle a tout juste une petite vingtaine d’années, elle n’a réussi qu’à sympathiser avec Renée,  la comptable acariâtre et antipathique de la boîte.

Le midi, Viviane est toujours la première à critiquer un-tel ou une-telle, à jacasser sur l’absence de rigueur de tel employé. Car ce qui importe à Viviane, c’est la rigueur. Les clients, il « faut les cadrer » : c’est à ça qu’on voit une bonne gestionnaire ! Foutaise !

Malgré l’antipathie qu’elle inspire, Viviane et sa clique pensent toujours détenir la bonne façon d’agir, et les autres, ben forcément, ils se trompent. Alors s’il y a bien un domaine où notre volatile excelle, c’est dans l’art d’écraser les plus faibles. Non pas de façon directe, elle est bien trop perfide et fourbe pour cela mais insidieusement. Et, en ce moment, sa bête noire c’est Marie.

Marie, jeune DRH tout juste parachutée dans notre service suite à la défection de notre ancienne directrice, débarque tout juste de sa Normandie natale. Mais Viviane et ses volatiles acolytes ne lui passent aucune « boulette » : un papier envoyé avec un jour de retard ? « Quelle sotte cette nouvelle dirlo » ; un changement minime au sein de l’organisation … La fronde se met en route !  Alors moi, bonne poire, dans un souci de régler les conflits, je tente de raisonner la pie médisante : « Mais plutôt que de ruminer, pourquoi ne vas-tu pas voir directement Marie pour crever l’abcès ? ». Ce à quoi, Viviane, toujours aussi agréable,  se contente d’un air dédaigneux de sourire et de tourner les talons. Cause toujours, tu m’intéresses… Ca m’apprendra à vouloir changer le monde !

Mais avec elle, j’en découvre de pire, jour après jour. Comble du comble, là où notre pie médisante s’évertue sans vergogne à déverser son fiel : c’est sur les réseaux sociaux. Quelle ne fut pas ma surprise, de découvrir ce soir, en zappant sur un célèbre réseau social au fond bleu foncé, notre Viviane qui vilipendait ouvertement sur Marie ! C’est bien la première fois qu’elle fait quelque chose ouvertement ! Mais, bien évidemment, elle sait que notre directrice ne pourra accéder à son profil …

Alors pourquoi ces réactions puériles et stériles ? Il semblerait que critiquer par derrière soit plus simple que de sa lancer dans une conversation. Pourquoi s’embêter à discuter alors qu’il est si aisé et plaisant de critiquer, de faire des messes basses ? Viviane ne s’en prend d’ailleurs pas qu’ à une seule personne ; Eve, charmante quadragénaire sympathique et à la vie sociale bien remplie, est aussi pour notre pie une cible de choix. Il faut dire, que mise à part Renée et Chantal (la troisième pie comparse), Viviane n’a pas beaucoup d’ami(e)s. Sa vie sentimentale est aussi réduite à peau de chagrin. Alors son boulot ou plutôt les critiques au boulot, c’est son dada, une sorte de besoin vital. Peut être est-ce aussi une façon de vivre une vie par procuration ? Et puis, quelque part, c’est tellement facile de critiquer plutôt que de proposer des solutions !

L’Histoire nous a montré que ce genre de personne est légion depuis longtemps. Les coups bas, les rumeurs, les hypocrisies ont toujours existé et ce serait une réelle lapalissade que de s’en contenter. Cependant, ce qui importe, et même dans l’entourage des Grands de ce monde, c’est leurs capacités à savoir passer outre ces hypocrisies. Louis XIV, entouré dès la mort de son père en 1635, par des hordes de perfides personnages prêts à le critiquer et à tenter de le chasser du trône, a su au contraire faire de cette animosité ambiante une force pour devenir le Roi Soleil adoré, craint et vénéré en son temps. Ces années forgèrent les armes à ce futur monarque absolu. La majorité officielle du roi, en 1651, il a treize ans, change la nature de la Fronde. Les atteintes deviennent des « crimes lèse-majesté » et en décembre 1652, il fait arrêter le cardinal de Retz, un des chefs de la Fronde des Princes.

Finalement, en restant totalement objective, je crois que je peux dire que je hais ce genre d’individus et je déplore d’avoir à me poser la question rituelle que je tournerai ainsi : Les codes ne devraient-ils pas un peu changé ?

Charlotte

10 octobre 2012

Le Casanova casé

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Samedi soir, 21h, 1 gramme d’alcool dans le sang.  C’est notre rituel : une fois par mois, on se retrouve, moi et ma bande de potes mariés jusqu’au coup, dans le centre ville, prêt à écumer les bars et se dandiner sur le « dance floor » des boites de nuit. On a besoin de se retrouver de temps en temps, en laissant femme et enfant(s) à la maison, pour se rappeler nos bons souvenirs. Parmi nous, Stéphane est le prototype du Casanova casé.

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Stéphane, la trentaine bien tassée, est en couple depuis 8 ans avec sa femme, Viviane, qui est aussi la maman de leur fille. Plutôt beau gosse, Stéphane était un peu le préféré des étudiantes de la fac de lettres. Sa rencontre avec Viviane, un véritable coup de foudre, a mis un terme à sa carrière de « Dom Juan ». Enfin …

21h : Alors que nous entamons notre énième tournée de bière, un groupe de jeunes filles (enfin la vingtaine quoi) s’installe à la table à côté de nous. Alors que nous discutions des derniers résultats sportifs, Stéphane leur adresse un large sourire et s’empresse de ramasser la veste, tombée au sol, de l’une d’entre elles. De fil en aiguille, nous apprenons qu’elles sont étudiantes en lettres et qu’elles fêtent leurs retrouvailles. Stéphane ne peut s’empêcher de leur dire que nous partons manger dans un resto voisin à l’ambiance très sympa et qu’elles peuvent se joindre à nous … Bien entendu, sa technique, habituelle et bien rodée, est de s’adresser à la plus communicative du groupe (pas forcément la plus jolie). Mais sur ce coup, ça ne marche pas.

22h30 : Nous arrivons dans notre resto à tapas et le patron nous a réservé « notre » table centrale : à comprendre, celle où on peut observer toutes les tables de la salle … ou plutôt la gente féminine assise à ses tables. On s’assoit à peine sur les hauts tabourets, que l’un de nous manque déjà à l’appel : Stéphane ! Il s’est arrêté à une table vers l’entrée où deux trentenaires de sexe féminin, bien éméchées, rient à gorge(s) déployée(s) (leur décolleté est aussi très ouvert …) aux blagues de notre Casanova casé.  Je décide d’aller le chercher : « Stéphane, tu viens ? … – Eh César, je te présente Laure et Elsa, tu te souviens on les avait rencontré au Rock Sun le mois dernier ?! ». En effet, je me souviens de ces deux sirènes peu farouches qui s’étaient dandinées toute la soirée près de nous (et surtout de Steph’).

00h30 : Alors que nous sortons à peine du resto et que notre vision est de moins en moins claire, nous croisons sur le chemin le groupe de fille du début de soirée. Stéphane s’empresse de leur crier : « Les filles, c’est le destin si nos chemins se croisent à nouveau. Allez venez, on part danser au Rock Sun !!! ».

Même si son attitude pourrait choquer les plus puritains, nous n’avons jamais vu Stéphane embrasser une autre fille ou pire coucher avec. Pourtant, c’est vrai que pendant les soirées, il n’arrête pas une seconde. Nous en avons souvent discuté tous ensemble : il explique que lors de ces soirées, l’alcool aidant, il retrouve ses vieux instincts de charmeur. Aujourd’hui, marié et papa d’une petite fille, il adore sa vie. Mais ces soirées, c’est un peu pour lui l’occasion de se prouver qu’il est encore capable de plaire sans pour autant devenir un mari infidèle. En même temps, nous, les gars du groupe, on est d’accord avec lui et on profite aussi de ses soirées pour tester nos vieux réflexes …

02h00 : Au Rock Sun. Alors que Stéphane passe de groupe en groupe, il tombe sur une fille qui l’arrête et semble le connaître. Lui, semble ne pas trop la remettre : il faut dire que son taux d’alcool instantané bloque quelque peu son fonctionnement cérébral … Elle l’invite à danser, se dandine autour de lui et commence à trop s’approcher de lui. Il lui glisse alors quelque chose à l’oreille et elle tourne les talons, vexée. Je m’approche de lui et lui demande ce qu’il a dit. Avec son haleine empestant le vin et la bière, il me relate : « Et alors, je lui ai dit … Eh coquine, t’es gentille, mais je suis marié, alors on va pas aller plus loin je crois … ». Il éclate de rire, mais reprend un air plus sérieux : « Par contre, c’est un peu embêtant, il me semble que c’est une de mes stagiaires … Ca risque de jazzer lundi au boulot … ». Nous, cette histoire nous a bien fait rire et on a fêté ça par une dernière tournée générale de bière.

L’histoire n’a pas manqué de Casanova et autre Don Juan, mais qui était ces deux personnages à qui l’on compare souvent notre Stéphane ? Casanova, vénitien aux multiples visages et fonctions est le symbole de la séduction. Jeune, il est déjà entouré de jeunes femmes qu’il commence à séduire. Adolescent, il « court après les jupons ». En 1740, une servante de sa maison raconte même qu’elle a passé une nuit torride avec le jeune Casanova, âgé seulement de 15 ans d’où une expression qui lui vient en tête : « Ciel ! Un vent de liberté ». Grand séducteur, il réussit à attirer les jeunes femmes de la bourgeoisie italienne. Sa réputation s’est construite autour de son principal livre, Histoire de ma vie, où il mentionne 142 femmes avec lesquelles il aurait eu des relations sexuelles. Bien qu’il soit souvent associé à Don Juan, leur histoire n’a rien à voir. Dom Juan est un mythe, un personnage inventé de toute part, mais inspiré d’un fait divers rapporté par la Chronique de Séville : Selon la légende, il aurait vécu au XIVe siècle : fils de l’amiral Alonso Jofre Tenorio, Don Juan Tenorio aurait tué le commandeur Ulloa dont il avait séduit la fille, et les moines du couvent où fut enterré le commandeur, outrés de cet acte, l’auraient assassiné et fait disparaître le corps. Mais ce mythe de Don Juan est vraiment né grâce au succès de la pièce du moine espagnol frère Gabriel.

Alors, c’est vrai, Stéphane, notre Casanova casé adore jouer les « allumeurs » dès qu’il sort avec nous et que l’alcool l’aide à transgresser ( ?) les codes de sa vie calme et rangée. Mais, il refuse toujours d’endosser la panoplie du parfait mari infidèle, même si beaucoup de copains se plaisent à dire qu’il risque un jour de se brûler à force de jouer avec le feu. Moi, je me pose plutôt la question : les codes ont-ils vraiment changé ?

César

5 octobre 2012

Le mondain chronique

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais connu dans votre entourage de garçon, qui tout en ayant une vie privée déjà bien remplie, ne peut se passer de ses amis, de ses relations ? Raphaël est notre homme.

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Raphaël, agréable cadre dans la fonction publique, est marié avec Marine, charmante bibliothécaire de 36 ans. Raphaël a tout pour être heureux, une belle voiture, une belle maison cossue, une épouse radieuse mais il a un seul souci … Il ne sait pas rester seul.

Alors bien sûr, Raphaël a toujours été très entouré : Déjà très populaire dès l’école primaire, il a toujours eu l’âme d’un leader. Sa vie s’est construite autour de sa popularité : être le meilleur à l’école, être l’enfant modèle dont rêve tous les parents, être ensuite en grandissant le plus courtisé, être le plus affable et sympathique en soirée, être au cœur des réseaux qu’ils soient réels ou fictifs…

Alors, me direz-vous, où est le problème ? Le problème c’est qu’à force de tout donner pour ses relations, notre mondain chronique en oublie parfois son couple … Et Marine n’hésite pas à le lui faire savoir !

Un vernissage proposé à la dernière minute … Raph’ passe une veste et arrive ; un copain (ou une copine) qui déprime … « Mister relationnel » débarque avec rafraichissements et friandises ; une soirée clubbing à l’autre extrémité du département : « C’est pas grave, je ferai la grasse mat dimanche matin.. ». Bref, notre mondain est aimé de ses proches mais en contrepartie, il le leur rend bien : Il est toujours le premier à rendre service, son père le réclame pour refaire (pour la deuxième fois cette année) la terrasse … Qu’à cela ne tienne, il sera disponible dès 6 heures du matin.

Notre mondain chronique n’a pas que des amitiés viriles et « familiales », il est aussi à ses heures perdues le conseiller gentleman de ces dames. Combien de copines sont venues pleurer à chaudes larmes dans ses bras, suite à une rupture amoureuse, un décès familial, une overdose de boulot ? Elles n’hésitent d’ailleurs pas à clamer : «  Raphaël, c’est le meilleur confident que l’on puisse avoir, toujours une oreille attentive, souvent ironique mais toujours prêt à donner LE petit tuyau qui va changer la donne ! ». Autant vous dire que notre couple si  (trop) sympathique est rarement seul. Ils se réservent quand même de nombreux voyages en amoureux, mais trop peu au regard de Marine ; qui aimerait bien garder son « superman » pour elle toute seule parfois.

Pourtant souvent, ça l’arrange la Marine : Elle n’hésite pas à inviter ses copines qui, en tant ordinaire, seraient vexées de se retrouver avec un « traite » de la gente masculine. Et bien là non : «  Raph’, c’est un peu comme un pote homo, on peut parler chiffon et cul avec lui, il écoute sans tortiller… ». Homo, faut pas exagérer non plus, n’est-ce pas Marine ? Car avant de filer le parfait amour avec elle, Raphaël a longtemps erré à la recherche de l’âme sœur. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’à l’instar de sa popularité amicale, il avait aussi une certaine popularité « amoureuse ».

Forcément un mec aussi gentil, attentionné et boute-en-train, c’est un peu la panacée de réussir à le trouver. Et surtout, ce qui rebute Marine au plus haut point c’est sa compassion avec ses ex, ce que ce dernier a du mal à comprendre. Et pourquoi pas : « Une histoire finie ne peut-elle pas être le début d’une belle amitié ? ».  A voir… Autre débat de société !  

Alors, malgré sa gentillesse et son désir de ne jamais faire de peine à quiconque, Raph’ a du mettre de nombreux « râteaux » et laisser de nombreuses filles dans le désarroi.  Et oui, plaire c’est bien, mais après encore faut-il assumer son succès et savoir dire non. Il semble vraiment que son problème « number one », c’est qu’il ne sait pas dire « NON ». « Non », à la fille qui le colle et dont il a juste pitié ; « non » à son pote boulet qui lui propose un plan foot-bière-canapé tous les vendredis soirs ; « non » à une amoureuse éconduite qui menace de se suicider en pleine nuit s’il ne « la délivre pas de son amour … ». Alors, bien souvent il se retrouve coincé. Combien de fois avant Marine, est-il sorti avec des filles, sympathiques certes, mais dont il ne voulait pas, juste par pitié ? Combien de fois a t-il du céder à des chantages amicaux de la part de certains amis névrosés qui le prenaient inconsciemment pour leur psy ?

Alors est-ce que ce besoin d’être toujours aimé et entouré cache un mal être ? Il semble, que Raphaël soit juste quelqu’un d’extrêmement gentil et dévoué qui aime faire plaisir et rendre service, mais attention à ne pas trop en faire !

L’histoire nous donne-t-elle des exemples probants et marqués de mondain chronique ? De nombreux artistes, peintres, sculpteurs, romanciers, poètes ont eu une vie sociale bien remplie. Ainsi, comment ne pas comparer notre Raphaël au talentueux Léonard de Vinci, homme à la vie sociale « exemplaire ». Léonard de Vinci a eu beaucoup d’amis qui sont reconnus dans leurs domaines respectifs ou ont eu une influence importante sur l’Histoire. Il s’agit notamment du mathématicien Luca Pacioli avec qui il a collaboré pour un livre, César Borgia, grand seigneur italien, au service duquel il a passé deux années, Laurent de Médicis et le médecin Marcantonio della Torre. Il a rencontré Michel-Ange dont il a été le rival et a témoigné une « connivence intime » avec Nicolas Machiavel. Parmi ses amis, se trouvent également Franchini Gaffurio et Isabelle d’Este, noble italienne et figure de proue de la Renaissance italienne. Il était également ami de l’architecte Jacopo Andrea da Ferrara  jusqu’à son assassinat. Au-delà de l’amitié, Léonard garde sa vie privée secrète. De son vivant, ses capacités extraordinaires d’invention, son « exceptionnelle beauté physique », sa « grâce infinie », sa « grande force et générosité », la « formidable ampleur de son esprit », telles que décrites par Vasari, ont attisé la curiosité. A l’instar de notre mondain, Léonard arrivait-il parfois à se retirer de cette pléiade « d’amis » qui le courtisait ?

Nous pourrions multiplier les exemples, mais la question resterait quand même posée : Les codes ont ils changé ?

Charlotte

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