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7 novembre 2012

La pimbêche chercheuse

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage cette personne hautaine et prétentieuse qui, sous prétexte de faire des recherches, se pense sur le toit du monde : Camilla est notre sujet d’étude.

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Paris, le mois dernier. Alors que nous passons par la ville des lumières pour la nuit, et pour prendre notre vol pour l’étranger le lendemain, nous sommes invités par Jean-Christophe : Ce viel ami nous a invité pour passer la nuit chez lui … Pardon, chez eux ! Car il profite de l’occasion pour nous présenter sa copine depuis deux ans : Camilla.

Cette dernière, provinciale d’origine, est venue s’installer à Paris pour ses études et n’en est plus partie. Depuis, elle a presque oublié ses origines pour uniquement mettre en avant son côté parisien : Il n’y a pourtant rien de pire qu’un provincial qui essaye de se raconter une vie entièrement parisienne, en essayant de magnifier la ville et ses multiples activités et en tentant de prendre un accent faussement pincé qui le trahit.

Brillante élève de l’école nationale des chartes, Camilla a néanmoins mis du temps à trouver sa voie dans l’enseignement : Après trois échecs au concours de recrutement, elle a finalement réussi à obtenir le concours et a rapidement été recrutée par une faculté du centre parisien. Mais, ces informations, ce sont des amis de Jean-Christophe qui nous les ont données : Camilla, elle, lors du léger apéritif de cette inoubliable soirée, nous a rabâché qu’elle avait fait la prestigieuse école des chaaaartes (bien insister sur le A de chartes qui donne un aspect parisien inéluctable, même si très déplaisant à chaque prononciation) : Nous avons eu droit à toutes ses vieilles histoires entre camarades, ses blagues potaches de bizutage, ses anecdotes de chercheurs, … Bref, un moment terrible où la moindre corde à portée de main peut vous pousser à commettre l’irréparable …

La soirée passe (longuement) et mon estomac (de goinfre) crie de plus en plus famine : Il faut dire que l’apéritif light qu’elle a du longuement préparé (chips sèches et quelques cornichons) est déjà digéré depuis un bon moment. Camilla, tout en continuant à raconter ses histoires, se déplace vers la cuisine pour préparer le repas : Jean-Christophe, nous glisse alors : « Elle est sympa, hein ? Bon, elle parle beaucoup, mais elle est sympa, non ? ».  Ce à quoi nous répondons par un hochement de tête positif même si assez convenu.

Je me glisse alors vers la cuisine et voit la maîtresse de maison en train de préparer l’entrée : Une salade de pâtes avec une boite de thon à la tomate … Le souci, c’est lorsque je me rends compte que l’entrée est en fait le plat unique … Et que la pimbêche chercheuse me lance : « Une boite de thon, c’est suffisant pour quatre ! Après, j’ai peur que vous soyez ballonnés pour votre voyage demain ! ».  Je pense alors : « Ballonné ? Moi ? Mais ta boÎte de thon, je m’en enfile une à moi tout seul quand le frigo est vide … ».

Je retourne donc au salon où Jean-Christophe finit de mettre la table. Il se sent obligé, à la vue de mon visage déconfit, de dire quelques mots réconfortants : « Tu sais, on a quand même une vie de fou ici. Camilla, malgré ça, garde une énergie folle : Après une journée de travail, elle  trouve l’énergie de faire les courses et de préparer un repas pour nous : Vraiment, je l’admire !! ». Lui, il est vraiment amoureux …

Mais parlons-en de son travail : Outre les six heures de cours hebdomadaire qu’elle dispense à l’université, Camilla passe son temps à la BNF (comprendre la Bibliothèque Nationale de France). C’est là qu’elle épluche des dossiers entiers d’archives sur les gens de mer du littoral breton au XVIème siècle : Un sujet passionnant sauf quand elle se met à décrire ses dernières trouvailles ennuyeuses pour les non-initiés, ses histoires sur le « petit » personnel des archives incompétent et forcément limités face aux potentiels des chercheurs présents avec elle dans la salle …

Mais le pire dans tout ça, c’est quand elle nous explique qu’elle n’est pas pressée de finir sa thèse car les allocations qu’elle perçoit sont très intéressantes et elle peut en bénéficier encore pendant quatre ans : « Donc pourquoi se priver ? En plus, une fois ma thèse terminée, j’enchaînerai sur une seconde thèse … J’ai déjà trouvé un nouveau sujet et un nouveau directeur qui me permettra d’obtenir une bourse de recherche encore plus importante … ». La pimbêche, alors que le pays est en pleine crise, elle ose en rire et nous dire sans aucune retenue qu’elle profite du système et de ses largesses.

Ce délicieux plat (rapidement) englouti et après un ramequin de boite de fruits, je décide de prétexter la fin de mon paquet de cigarettes pour descendre quelques minutes afin de trouver un buraliste : En fait, j’ai repéré un magasin de kebab en bas de chez eux qui comblera ma faim … Mais, Camilla, au moment de ma sortie, me lance alors un sermon sur les méfaits du tabagisme sur la sexualité. Avec un sourire très faux, je sors sans rien dire mais en pensant : « Je fume même pas, patate ! Je suis juste en train de mourir de faim sous tes yeux !!! ». Mais ça forcément, elle ne l’a pas compris, trop perchée dans ses hautes considérations d’historiennes.

Même s’il est très difficile de définir le terme de chercheur, à cause du nombre trop important de domaine d’étude, l’histoire nous a quand même donné quelques exemples de chercheurs dont les motivations étaient diverses : Nous ne reviendrons pas sur les humanistes que nous avons déjà traités dans un autre article, mais qui avaient pour but ultime la connaissance de tous pour tous ! Pierre et Marie Curie, eux, ont certes bénéficié de bourse pour leur travaux de thèse, mais quels travaux et quelles découvertes ! Galilée, passionné d’astronomie, révolutionne la pensée universelle en démontrant l’héliotropisme de notre système (les planètes qui tournent autour du soleil) : Ses seuls revenus étaient issus de ses enseignements … Albert Einstein a lui gagné un peu d’argent en donnant des conférences sur ses grandes découvertes, mais encore une fois des découvertes mondialement reconnues ! Tous ces chercheurs et ces scientifiques semblaient avoir l’amour commun de la découverte qui allait révolutionner le monde et se souciaient peu de l’argent.

Alors, nous ne généraliserons pas l’attitude de notre pimbêche chercheuse à tous les autres acteurs de la recherche, mais il faut bien avouer qu’en ces temps difficile, il est de plus en plus dur, de fermer les yeux sur des abus financiers  qui n’apportent plus grand chose aux civilisations et aux sociétés (« Les gens de mer du littoral breton au XVIème siècle » …) et qui permet juste la masturbation intellectuelle de quelques génies moderne de basses eaux qui, eux, ne se posent pas de questions sur leur attitude et encore moins celle ci : Les codes n’ont-ils pas trop changé ?

César

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