Lescodesontchange

16 novembre 2012

La mère-poule version moderne

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais connu dans son entourage de maman hyper possessive, pour qui son rejeton est le symbole vivant, l’incarnation même de Dieu sur terre ? Brigitte est notre mère poule du XXI ème siècle.

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Brigitte, bonne vivante, pimpante, la cinquantaine bien tassée a tout pour être heureuse : Un mari aux petits soins, une maison luxueuse digne des plus belles villas du dernier « Elle décoration », une retraite aisée et surtout un fils qu’elle chérie plus que tout. Le problème, c’est que son fils n’est plus un enfant depuis fort longtemps, et que en plus, comble du comble, son fils chéri et adoré a trouvé sa moitié : Moi.

Et oui, Brigitte est la maman de César. Non loin d’être gênée par l’incommensurable amour qu’elle porte à César, je trouvais, au contraire, cet attachement maternel plutôt touchant. Une visite à l’improviste chez Brigitte et Fernand (le papa), et voilà notre bon gros pépère attablé, avec Brigitte à fond la caisse qui tente (avec brio) de préparer son célèbre lapin à la moutarde que César aime tant. A croire, qu’elle a toujours en stock, dans son immense cave, des lapins en prévision pour son chouchou.

Là où, par contre, son attachement m’agace, c’est lorsque César, tout très « tactless », me signale : «  Chérie, j’apporte deux ou trois chemises chez maman, j’ai besoin qu’elles soient BIEN repassées ! » ; « Non mais je rêve, pourquoi moi je repasse que les manches ??? » … Puis les petits reproches du style : « Ta fondue savoyarde quand même… Rien à voir avec celle de ma mère … ». GRRRR « S’il cherche la guerre, il va l’avoir la guerre ». Alors pourquoi lui en vouloir à elle, c’est plutôt à César que je devrais en vouloir me direz-vous ?!

Mais le souci, c’est que, Brigitte, même si elle m’adore, ne pourrait concevoir un seul instant de contredire son rejeton, quitte à faire passer ce dernier, la trentaine bien tassée, pour un ridicule fils à maman. Alors Brigitte accepte ses chemises, cède à ses quatre volontés, s’extasie devant les croûtes qu’il peint à ses heures perdues, trouve tout à fait normal qu’il arrive certains midis, à l’improviste et attend SON plat favori servi par SA maman.  Il faut dire aussi qu’avant de me connaître, César a bien profité de son célibat.  Qui est-ce qui faisait le lit du fiston après une nuit agitée avec Rachel, Sandrine ou Lucie ?? C’est notre mère poule bien sûr ! Qui était toujours présente pour cuisiner pour sa ribambelle d’amis qui venaient squatter pour «  la superbe piscine et la magnifique bouffe de ta mère » ? … Brigitte toujours.

Mais là où Brigitte m’exaspère vraiment, c’est en rapport des sobriquets stupides  et régressifs qu’elle donne à César. Choupinou, chouchou, mon petit Césario… et pourquoi pas mon lapinou en sucre tant qu’à faire ! (ah non, celui là elle préfère lui cuisiner …). Et lui, comme un petit animal fragile, il ne trouve rien d’anormal à ce que sa mère, « amie » avec lui sur le célèbre réseau social au fond bleu (???), fasse « d’énormes poutous à son petit césario d’amour pour sa reprise du boulot ! ». Non, mais il réalise qu’il va être la risée de tous NOS potes et de ses potes du boulot ?!

Alors, être une mère c’est certainement vouer un amour sans mesure à ses enfants, mais encore faut-il savoir et comprendre que ces derniers vont un jour s’envoler du nid et voler de leurs propres ailes.

Des Brigittes dans l’Histoire, il y en a eu. Comment ne pas songer à l’héroïne psychotique du roman l’Arrache Cœur de Boris Vian, Clémentine, qui, peu à peu, va pousser son amour jusqu’à éloigner complètement son mari, Angel de l’éducation de ses 3 fils. Elle s’imagine tout ce qui pourrait arriver aux enfants et essaie d’éviter cela. Elle estime que se priver pour eux des bons morceaux de repas, aller jusqu’à manger de la viande extrêmement avariée est une preuve d’amour à leur égard. Pour les protéger de tout, car tout est menace, elle fait déraciner les arbres du jardin, construire des murs, puis des cages. Elle prend toutes les précautions envisageables pour qu’il n’arrive rien de mal à ses trois garçons.

Alors sans en arriver à ce point extrême, Brigitte saura t-elle enfin accepter le fait que son fils soit devenu un homme et qu’il puisse réellement voler de ses propres ailes sans être materner à outrance … La question reste posée : les codes ont-ils changé ?

Charlotte

2 Réponses à “La mère-poule version moderne”

  1. elisa dit :

    Excellent blog, bravo.

Répondre à elisa Annuler la réponse.

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