Lescodesontchange

  • Accueil
  • > Archives pour décembre 2012
28 décembre 2012

Le Monsieur-je-sais-tout moralisateur

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez-vous jamais eu dans votre entourage, ce type bavard au possible, qui cherche toujours à avoir le dernier mot ? Jean-Pierre est notre homme.

Le Monsieur-je-sais-tout moralisateur capture-decran-2012-12-28-a-17.02.19-300x201

Jean-Pierre est un de mes cousins par alliance. Mari exemplaire de ma cousine Sophie, nous avons le plaisir de le retrouver lors de nos repas familiaux. Jean-Pierre est bavard, très bavard. Certes, il a une culture impressionnante et un CV à faire pâlir d’envie les plus hauts énarques : il est capable dans la même conversation de disserter autant sur les divers courants impressionnistes que sur les dérives politiques dans les pays en guerre.

Bref, avec Jean-Pierre à table, on est certain de toujours trouver des sujets de discussion passionnants et instructifs. Cependant, car il y a un « mais » là où notre Monsieur-je-sais-tout ramène un peu trop sa science, c’est quand il veut élargir sa culture à la psychologie féminine et même celle du couple. En effet, loin de se contenter de parler de tout, il a une propension (pour le coup un peu pénible) à feindre de tout savoir. Jean-Pierre a vécu dans une famille pauvre et est toujours très fier de clamer haut et fort ses années de galère pour arriver à sa situation professionnelle actuelle. Si la conversation du repas dominical s’oriente vers la vie de l’époque coloniale, il n’hésitera pas à s’immiscer dans le débat en parlant de son enfance à Alger. La discussion dérive vers le problème du tabagisme chez les 15-18 ans ? Pas de souci pour lui, en sa qualité de presque médecin (il a fait une année de médecine avant de se tourner vers le milieu bancaire), il va nous sortir des thèses plus ou moins probables sur l’impact du tabac et les causes de la dépendance des jeunes.

Mais là où il frôle parfois le ridicule, c’est lorsqu’il se met à parler du couple. Il n’y a pas quinze jours de cela, Sophie, lors d’une conversation téléphonique, me parlait de la situation plus que tendue de leur couple et de son envie de divorcer … Mais, de ça, notre perroquet ne semble pas s’en préoccuper, ou bien du moins, il évite de l’évoquer. Ainsi, il n’hésite pas, lors de ce même repas, à lancer à César et moi-même, les recettes du couple miracle : « Un couple, ça marche sur l’indépendance … La jalousie est néfaste et source de conflits … Et blablablabla ». Sophie me lance alors un sourire plein de sous-entendus et je dois avouer, qu’à ce moment là, je m’extasie devant la capacité de notre moralisateur à nous donner une leçon de bien-être conjugal ! Lui, qu’il y a encore quinze jours tout au plus, passait pour être le plus casanier et castrateur des maris, nous fait une ode à la liberté du couple ! Et, César, ignorant ma discussion avec Sophie, qui bade béatement ses paroles et, d’un air dubitatif, lui lance à la cantonade « Tu crois vraiment que c’est ça, la recette du bonheur ? ». Jean-Pierre, loin de se démonter et de se remettre en question, lui lance alors un impitoyable : « César, tu as encore la fougue de la jeunesse et tu ne peux comprendre les réelles attentes des femmes ! ».

Non mais je rêve ! C’est MON César qui passe pour un pur goujat aux yeux de ma famille alors que ce vil moralisateur passe pour LE spécialiste du couple inter générationnel ! Et ma mère de rajouter : « Sophie, tu en as de la chance d’avoir un homme si enclin à comprendre les femmes ». Bref, même si je boue intérieurement,  j’ai secrètement espoir que Sophie lance un petit pic, une once d’ironie pour le remettre à sa place, mais non, Monsieur Jean-Pierre-je-sais-tout s’en sort encore une fois grandit ! Quel pro dans l’art de la rhétorique !

L’histoire n’est pas exempte de personnages de la sorte. Les sophistes, dans la Grèce Antique sont des orateurs, dont la culture et la maîtrise du discours en font les personnages prestigieux de l’Ecclesia (assemblée des citoyens). Leurs détracteurs (dont les plus célèbres furent Platon et Socrate) estiment que, n’ayant en vue que la persuasion d’un auditoire, que ce soit dans les assemblées politiques ou lors des procès en justice, les sophistes développent des raisonnements dont le but est uniquement l’efficacité persuasive, et non la vérité. Socrate, bien qu’opposé aux méthodes sophistiques, s’y intéressera cependant pour leur concept de « relativisme de la vérité » qui est en totale opposition avec la philosophie socratique selon laquelle il n’existe qu’une vérité et c’est en la cherchant que l’on est dans le Bien, le Beau, et le Juste. Il peut ainsi s’exercer à « combattre » les imposteurs qui jouent sur la vraisemblance pour piéger leurs auditeurs, ou encore paraître avoir raison en toute circonstance (buts par ailleurs immoraux).

Alors, ce qui me dérange chez Jean-Pierre, ce n’est pas son art rhétorique en soi, c’est plus ce coté Monsieur-je-sais-tout moralisateur, qui le pousse à des extrêmes, et même au ridicule parfois. Ne pourrait-il pas, quelques minutes par repas, laisser la place aux autres, et ainsi laisser peut être autrui lui apprendre des choses en retour ? Mais au fond, des Jean-Pierre on n’en connait forcément tous, et la question ritournelle semble ici purement rhétorique : Les codes ont-ils changé ?

Charlotte

21 décembre 2012

La mariée de demain (ou d’hier …)

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage, une mariée de demain, véritable princesse des temps modernes qui, ayant longtemps attendue son prince charmant, s’apprête à entrer dans la rituelle phrase de fin : « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants … ». Amélie est notre princesse.

La mariée de demain (ou d'hier ...) capture-decran-2012-12-21-a-18.31.40-278x300

En ces périodes presque hivernales et à l’approche des fêtes de fin d’année, les mariages se font plutôt rares. D’une manière générale, le mariage, sujet hautement polémique actuellement, semble sur le déclin avec les unions libres et les PACS mis en place à la fin du siècle dernier. Pourtant, certains irréductibles, ne veulent pas se plier à cette mode durable, de l’union de deux personnes, sans trop de lien pour les retenir.

Quand Amélie nous a annoncé, il y a un an et demi que son « Toinou chérichou » l’avait enfin demandé en mariage, personne n’a été étonné : chacun se demandait plutôt comment « Toinou chérichou » avait fait sa demande. En effet, Amélie se refusait à une demande classique (comme ce copain qui a demandé sa future femme devant la Tour Eiffel à Paris sur un bateau-mouche) ou trop saugrenue (comme cet autre ami qui a demandé sa promise lors d’une partie de jambes en l’air, dans une improbable levrette). Non, « Toinou chérichou » devait assurer : Et c’est lors d’un séjour à deux dans un hôtel cinq étoiles, en pleine partie de golf qu’il a astucieusement glissé la bague de sa belle dans le 18ème trou du green. La surprise fut totale, la belle conquise et la réponse positive !

Amélie pouvait à présent se lancer dans les préparatifs qu’elle attendait depuis toujours, ceux de son mariage. Rien ne serait trop beau pour ce moment afin que ni elle, ni lui, ni tous les invités présents ne puissent oublier ce moment magique. La salle fut donc choisie, dans une ancienne demeure seigneuriale de la région : entouré de vignes toujours exploitées, fleuri à souhait et possédant un décor à la hauteur du prix payé par le futur marié, le lieu ferait rêver toutes les princesses qui dormaient en chacun des convives.

L’étape du traiteur fut aussi une rude épreuve : Amélie parvint à faire craquer plus d’un maître d’hôtel avec ses exigences : « Mais Mademoiselle, ce n’est pas possible, comment voulez-vous que je réalise une cascade de champagne ? Il y aurait de la mousse partout ! ». Finalement, le traiteur fut trouvé car l’équipe plaisait à Amélie par sa simplicité et par l’impressionnante liste de mariage réussie qu’il avait pu lui montrer sur photos. Elle s’y voyait déjà !

Même si « Toinou chérichou » n’était pas toujours d’accord avec les choix parfois trop luxueux de sa belle, il avait du se faire une raison : ce jour devait être parfait, il fallait donc choisir le mieux. Et donc, malgré ses tentatives, les prestataires s’accumulaient : « J’ai un copain qui se lance dans la photo, il a proposé de nous faire le mariage gratuitement ! – Réponse d’Amélie : Hors de question, j’ai déjà trouvé un maître artisan photographe de renom. Tu imagines si nos photos sont ratées ??!! On ne peut pas prendre le risque » ; « Mon oncle a acheté une caméra numérique et … – Réponse d’Amélie : Pas la peine, j’ai aussi trouvé un caméraman professionnel qui a déjà fait douze mariages dans le château où on va se marier ! » ; « Ma mère m’a dit qu’elle pouvait faire des petits napperons pour décorer les tables et des serpentins pour mettre … – Réponse d’Amélie : Tu plaisantes ?? J’ai pris la décoratrice du château, elle connaît bien les lieux, c’est important ! » ; « Serge a proposé de nous faire la musique pour toute la soirée. Il avait mis le feu à l’anniversaire d’Elisa ! – Réponse d’Amélie : Non, mais attend, tu cherches vraiment à me contrarier ? Tu veux qu’on passe l’intégrale de Patrick Sébastien à notre mariage ?? Non, j’ai déjà trouvé la perle rare et il ne nous fera pas « tourner les serviettes », lui ! ».

Heureusement, « Toinou chérichou » est compréhensif : il a compris que sa petite Amélie voulait un mariage parfait, non pas pour impressionner la galerie, mais vraiment car son rêve de petite fille était en train de se réaliser. Alors, amoureux et sentant qu’il était quand même considéré comme le prince charmant aux yeux de sa belle, il l’a laissé faire : cérémonie civile, cérémonie religieuse, faire-part, dragées, robe de mariée, costume, tenue des demoiselles d’honneur, … Sa future femme a tout orchestrée pour faire partager à tous ce beau moment.

L’union de deux personnes a toujours existé dans les plus anciennes civilisations connues. La présence d’une alliance apparaît chez les Romains qui s’unissaient lors des fiançailles avec un échange d’anneaux métalliques. Ce sont bien entendu les religions monothéistes principalement qui ont portées haut en couleur le mariage : les chrétiens en faisant même un des sept sacrements dès le Moyen-Age. Mariage d’amour, mais aussi et souvent dans les catégories supérieures de la société mariage de raison (ou mariage politique) qui permettait d’agrandir une fortune, ou un patrimoine terrien, ou encore de sceller une alliance entre les plus puissants : pour ce dernier point, les exemples ne manquent pas mais celui d’Aliénor d’Aquitaine est le plus marquant : Duchesse d’Aquitaine, elle épouse successivement le roi de France Louis VII, à qui elle donne deux filles, puis Henri Plantagenêt, le futur roi d’Angleterre (Henri II), renversant ainsi le rapport des forces en apportant ses terres à l’un puis à l’autre des deux souverains.

Demain, à 14h, nous entrerons donc dans la mairie où Amélie et « Toinou chérichou » se marierons devant nous. Certains trouveront leurs efforts ringards, dépassés et rétrogrades ; d’autres profiteront de ce moment pour parler du mariage pour tous et se lanceront dans de vifs échanges toujours présents lors de ces grandes réunions ; d’autres, comme moi, resteront admiratifs et ébahis devant ce spectacle digne des plus beaux contes de fées. Oui, pendant quelques minutes, quand ils arriveront au château et que nous les accueillerons avec nos flambeaux dans les mains, dans le froid glacial de l’hiver naissant, chacun aura un sourire aux lèvres devant tant de magie et peut être que certains se poseront la même question que moi : les codes ont-ils changé ? 

César

15 décembre 2012

La buse « libérée » ?

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez-vous pas dans votre entourage cette jeune femme, belle et intelligente qui ne tombe que sur des loosers sans aucune valeur ? Lisa est notre vedette.

La buse

Lors d’une soirée filles, en compagnie de ma chère Lisa j’ai pu analyser le phénomène de près. Lisa, ravissante brune trentenaire, n’en est pas à son coup d’essai avec les hommes.  Malgré son sourire ravageur, ses yeux pétillants et ses courbes plus qu’avantageuses, Lisa collectionne les toccards. Lors de cette soirée dans une boîte branchée, notre buse libérée me rejoint accompagnée de deux amies. Toutes trois célibataires, le son envivrant et l’alcool aidant nous nous amusons comme des petites folles. Soudain, certainement grisée par les quelques verres de Mum engloutis, Elisa prend les choses en main «  la chasse est lancée ». Quelques tours de pistes plus tard, elle repère Le mec qu’elle veut, loin d’être farouche, elle se frotte intentionnellement à lui sur l’air entêtant de « Titanium ». Cinq minutes plus tard, voilà notre « play-boy » qui l’embarque dans un zouck improbable sur des musiques plus proches d’ACDC que de Francky Vincent. Et voilà, l’affaire est emballée. Notre buse libérée est comblée et nous clame haut et fort, que « pas ce soir, mais demain,  elle ne dormira pas seule ».

La soirée à peine entamée avec Jérôme, celui-ci n’hésite pas à prévenir notre intrépide célibatatante qu’il ne souhaite pas s’engager. Elle, à son tour le rassure sur son dèsir de rester « libre ». Pourtant,dès le lendemain, au détour de notre discussion, après avoir vu avec elle, la lingerie adéquate, le centre d’épilation le plus proche et le petit pull qui fera toute la différence, Lisa, me lance un «  tu sais, même s’il ne veut pas s’engager, je sens qu’après notre nuit, il va me rappeler, je vois en lui  plus qu’un simple plan cul… ». Mais bien sûr ! Je lui fais remarquer que depuis sa séparation d’avec Pablo, elle qui semble ne rechercher que des plans cul plus ou moins réguliers, collectionne en fait les loosers.

Certes, ils ont au moins le respect de ne pas lui promettre le mariage et tout le tutti, mais mince, un peu de délicatesse et de tendresse ne peut pas faire de mal. Alors certes, notre buse libérée, malgré son air détaché, au fond d’elle même, ne recherche en fait qu’une simple et unique chose : un amour partagé. Car oui, à trente ans, c’est sympa de collectionner les mecs, de « chasser » tel un rapace à la vue d’une nouvelle proie, de papillonner sans se fixer, mais à la fin, cela peut devenir usant. Et notre buse, malgré sa force de caractère montre ici un signe de faiblesse. Certes, elle ne voyait peut être pas en Jérôme l’homme de sa vie, mais elle avait envie au moins de qelqu ‘un qui puisse lui tenir compagnie, lui offrir des marques de tendresse et d’attention, lui offrir en quelque sorte ce qu’aucun homme n’a réussi à lui offrir jusqu’à présent. Alors, oui elle s’est « blindée », elle dit qu’elle ne veut pas tomber amoureuse, qu’elle veut profiter à fond de sa vie de célibataire (une semaine sur deux lorsqu’elle n’a pas la garde de sa petite fille) mais au fond, elle n’attend qu’une chose : que Jérôme la textote. Ce soir, au téléphone, j’ai senti notre buse blessée ; malgré leur nuit agitée et prometteuse, elle n’a pas reçu un seul message depuis leur ultime et unique soirée dans son antre.

Songeons à l’histoire d’amour chaotique entre deux génies de la littérature : Simone de Beauvoir et Jean Paul Sartre. Dés le départ, Simone, femme liberée avant-gardiste, symbole de l’émancipation fémine est fascinée par le ponte philosophe Jean Paul Sartre. Elle sera pour lui son « amour nécessaire » en opposition aux « amours contingentes » qu’ils vivent. Elle décrit aussi sa relation avec Sartre en la qualifiant de totale réussite. Pourtant, bien que la relation qui les unit soit toujours aussi passionnée, ils ne sont plus un couple au sens propre du terme, et ce depuis longtemps, même si Beauvoir laisse entendre le contraire à ses lecteurs. Ce couple demeurera à jamais un couple de légende, symbole de l’amour moderne où pourtant les amours contingentes engendraient jalousie, perversité, mensonge et voyeurisme. Car, même si par amour pour lui, Simone accepta et pris part à cet amour libéré et moderne, elle ne devait rêver, au plus profond d’elle-même, qu’à un amour exclusif. D’ailleurs elle clôture un de ses livres par ces mots « « Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C’est ainsi ; il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s’accorder ». Cette phrase ne résume t-elle pas le songe d’une trop belle histoire d’amour ?

Alors, oui, Lisa, est peut être une Beauvoir moderne, prônant une vie libre de toute entrave, et la question, ici semble ne pas se poser, malgré les années, les codes semblent, malheureusement ne pas avoir beaucoup changé …

Charlotte

7 décembre 2012

Les subtils intolérants

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais croisé ces grands personnages, capable de vous faire de beaux et longs discours avec des mots fins et recherchés sur les discriminations et les dysfonctionnements de notre société ? Jean-Jacques et Sam sont nos hommes du jour.

Les subtils intolérants capture-decran-2012-12-07-a-18.33.34-300x213

Jean-Jacques et Samuel ne se connaissent pas, pourtant de nombreux points les rapprochent : ils ont entre 30 et 40 ans, une vie de famille plutôt stable, un job intéressant où leurs compétences sont largement mises en valeur. Ce qui les rapprochent aussi, c’est le fait que nous ne les considérons pas comme des amis, mais comme des connaissances plus ou moins éloignées (plutôt moins que plus d’ailleurs) : amis d’amis d’amis, collègues de bureau, voisins, … En fait, ils rentrent dans la catégorie « des cons qui nous entourent »… Et puis surtout ce qui les rapproche le plus, c’est leur grand discours sur la tolérance.

Combien de fois ai-je entendu Sam me parler de l’importance de se respecter les uns et les autres, même si on est tous différents ?  Parfois, à force d’entendre le même discours, je me sens obligé de lui demander si j’ai fait quelque chose qui lui aurait déplu : « Non, non, pas du tout, mais tu comprends c’est important de le dire car les gens oublient vite qu’il y a des personnes différentes qui vivent près d’eux … ».

Mais justement, pour reprendre ses termes, pourquoi parler de « personnes différentes » puisque le principe même de ses propos est de dire que nous sommes tous les mêmes ?! Nous arrivons ainsi à une autre caractéristique de nos subtils intolérants : la contradiction. Capables de vous dire quelque chose et son contraire dans la même journée, voir pour certains dans la même heure, et pour les plus grands champions : dans le même phrase !

Ainsi, Jean-Jacques, mon voisin, se targue-t-il d’être un républicain convaincu, féru de liberté et de laïcité (et oui, c’est un prof !). Cela ne l’empêche pas de placer au détour d’une belle phrase, une vacherie bien cinglante sur ses élèves de confession religieuse apparente : Oui parce que tu comprends dans mon lycée, on fait très attention à tous les symboles religieux aussi bien sur les élèves que sur les adultes. Tu comprends, on est dans un établissement laïc et donc on peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Mais par contre, ce qui me dépasse, ce sont les gamins qui viennent à la cantine et qui ne bouffent pas la viande parce qu’elle est pas abattue selon les rites religieux … Mais quel bande d’imbéciles, ils comprennent rien à la vie : ils se font aspirer par la religion … Ils n’ouvrent pas les yeux !! ». Et lui, ce pédagogue averti à la tolérance vacillante, les ouvre-t-il les yeux quand il tient des propos pareils ? Ses élèves l’oblige-t-il à manger des choses qu’il n’aime pas ou qu’il ne veut pas ? Alors oui, la religion est parfois arriérée et rétrograde, mais chacun n’est-il pas libre de faire ce que bon lui semble sans que quelqu’un vienne le juger ?

Et que dire quand le Jean-Jacques ajoute : « Et puis, est ce que c’est normal qu’il nous file du poisson à la cantine tous les vendredis ?? Je croyais qu’on était dans un lycée public ». Je préfère alors tourner les talons plutôt que de lui rétorquer : « Mais qu’est ce que ça peut te foutre ?? Il est religieux le poisson ? Oui les chrétiens en mangeaient le vendredi saint (quelques jours avant Pâques) pour célébrer la mort de leur dieu, mais cette généralisation du poisson du vendredi relève plus de la tradition populaire que de la religion ! Le problème de ces subtils intolérants à la sauce laïque, c’est qu’à trop en faire, ils en viennent à asséner de vraies discriminations blessantes et marquantes pour certains.

Mais revenons à Sam : lui aussi a montré son vrai visage l’année dernière à l’approche des fêtes de fin d’année. Le comité de l’entreprise avait décidé de décorer les couloirs des bureaux avec des guirlandes, des boules, des faux pères noël, des affichettes « Joyeuses fêtes » et un superbe sapin très orné ! Notre subtil intolérant s’est alors affiché sous son vrai jour : « C’est un scandale ! Comment avez-vous osé mettre ça ! Et comment vous réagiriez si on mettait des signes d’une autre religion !! ». Il a fallu alors lui expliquer avec calme et diplomatie que d’une part les affiches « bonnes fêtes » concernaient toutes les fêtes de fin d’année, toutes religions confondues, qui sont plus des traditions qu’autre chose dans nos pays occidentaux ; d’autre part que le sapin est un symbole païen ; et enfin que le père noël est une invention de Coca Cola pour augmenter ses ventes dans ces périodes festives de fin d’année.

On pourrait pourtant croire  que les conflits religieux sont lointains : en Europe, ils ont ensanglanté la vie des gens au XVIème  siècle avec notamment les guerres de religion entre catholiques et protestants. A cette époque, certaines religions comme le judaïsme était victime de persécutions. Ce sont les Provinces-Unies qui avaient ouvert la voie de la tolérance en autorisant tous les cultes sur son territoire. De nos jours, les conflits entre religions persistent mais sont souvent un prétexte qui cache des conflits territoriaux ou économiques …

Alors, que faire face à ce genre d’individus ? Pourquoi ne comprennent-ils pas que leur excès de « tolérance » entraine plus de rancœur qu’autre chose ? J’entendais hier encore, un collègue dire de Sam : « Tiens la fin de l’année approche, il va nous ressortir son baratin l’autre con de … ». Non, lui ai-je dis. Tu ne peux pas dire ça sur Sam. S’il s’est révélé antipathique à nos yeux ce n’est pas pour sa religion, ou pour ses prises de position subtilement intolérantes, mais bien parce que c’est un con. Et une chose est sûre : certains codes ne sont pas pret de changer !

César

1 décembre 2012

La pie voleuse

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Lors d’une soirée dépôt-vente de bijoux chez mon amie Karine, j’ai eu « la joie » de revoir Séverine et sa sœur Chloé.

La pie voleuse capture-decran-2012-12-01-a-22.57.12-300x169

Séverine est une jolie rousse approchant les 35 ans qui n’a pas la langue dans sa poche. Séverine aime parler, se mettre en avant, raconter ses multiples mecs « qui, dès que la Saint Valentin approche, rappellent comme des étourneaux revenus de leur migration ».

Mais ce que Séverine affectionne tout particulièrement c’est le vol ! Alors certes, ce trait de caractère, elle ne s’en vante pas mais quand même. Au beau milieu de notre vente de bijoux, je fais remarquer à Chloé que le premier collier doré avec les pompons verts lui allait très bien et là je sors un innocent : «  Réessaie-le, il t’allait très bien au teint ! ». Que n’ai-je pas fait ? Le collier n’est plus sur la table. Dès lors nous nous acheminons toutes dans le séjour à la recherche du précieux collier. Mon amie Karine dit  alors : « Il n’a pas pu disparaître, il doit être quelque part » … Et bien non.

Malgré toutes nos recherches, le collier reste introuvable.  Le lendemain, j’appelle Karine qui me signale que lors d’une  précédente sortie au resto corse, c’est son ipod dernier cri, qui a mystérieusement disparu. Et devinez qui était présente au resto : Séverine !

Alors, malgré toute la compassion que j’ai pour cette femme, je ne peux accepter son comportement. C’est sur, elle a toujours galéré avec ses deux filles à charge, le père absent et ses problèmes de santé, mais tout de même. Là ça devient flagrant ! Notre pie voleuse, loin de s’émouvoir de ces objets disparus, cherche avec nous mais sans grande conviction. Ce qui est le plus marquant, avec le recul, c’est que loin de s’en faire, elle continuait durant toute la vente à essayer bijou sur bijou, cumulant à son bras, bracelets, cordons, colliers et sautoirs à son cou en paradant devant le miroir. Moi, à 4 pattes, derrière le canapé de Karine, je tentais de retrouver ce maudit collier !

Bref, notre pie voleuse n’est pas gênée, bien au contraire. Et quand j’y songe, dans le plus profond de ma mémoire, comment ne pas songer à tous mes petits jouets et bijoux d’enfants, « perdus », chez mes parents les mercredis après-midi où, je vous laisse deviner qui venait jouer aux poupées avec moi ?! Encore Séverine ! Mais sans aller jusqu’au procès d’intention (oui, on en est pas loin), cette «  bonne copine » n’est-elle tout simplement pas kleptomane ?

L’Histoire a souvent connu des voleurs de hauts faits. Comment ne pas songer au célèbre Gaspard de Besse ? Gaspard (né Bouis) de Besse est né à Besse-sur-Issole le 9 février 1757. La légende qui marqua l’entrée de Gaspard Bouis dans la clandestinité colporte deux versions. Suivant l’une ce serait en aidant un évadé du bagne qu’il prit le maquis, devint son complice et finit par former une bande de hors-la-loi. Suivant l’autre, une nuit alors qu’il s’amusait avec des amis dans une petite auberge, après avoir trop bu, il signa involontairement son engagement dans l’armée du roi. Le lendemain, retrouvant sa lucidité et réalisant ce qu’il avait fait, il déserta et partit se cacher dans les montagnes avec ses amis.  Son repaire aurait été une grotte du Mont Vinaigre. D’abord soutenue par la population, la petite bande se lasse rapidement de cette vie, et se met alors à vivre d’expédients et de rapines tout en respectant ceux qui les avaient aidés. Le but de Gaspard de Besse est, dès le départ, très clair. En effet, avec l’aide de ses compères, il désire faire fortune rapidement mais sans violence, par la ruse, la malice et la séduction et surtout afin de donner aux plus démunis. Il se spécialisera également dans les guets-apens le long du Col de l’Ange, étape obligée pour les diligences, avant d’arriver à Cuges. Sa devise était :  » Effayez mais ne tuez jamais « .

Ses généreuses dépenses au profit des plus pauvres (d’où son surnom de « Robin des Bois  provençal ») ainsi que sa préférence à dépouiller les étrangers de passage assurent sa célébrité et contribuent à forger sa légende. Ce brigand, aimé du peuple, sera jusqu’au bout soutenu par les Provençaux. Gaspard de Besse n’aura jamais tué ni blessé quiconque. Il sera néanmoins condamné pour l’exemple pour « crime de vol sur grand chemin avec armes ». À ce titre, il subira le supplice de la roue devant une foule émue, et sa tête coupée sera clouée à un piquet le 25 octobre 1781.

Il y a quelques jours, j’ai appris par Karine, que notre chère Séverine était inculpée pour vol dans une parfumerie … Je ne me réjouis pas de cette nouvelle même si le célèbre dicton « Bien mal acquis ne profite jamais » me vient à l’esprit comme la question rituelle : Les codes ont-ils changé ?

Charlotte

 

Agent territorial en action... |
Jetestpourvous |
Katouya 6 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | number one for you
| Le grenier de Polly
| Geek le blogeur