Lescodesontchange

26 janvier 2013

La « No-life » senior

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais connu dans votre entourage cette bonne femme aigrie, vieille avant l’âge (et surtout dans sa tête) qui ne cesse de maugréer et de voir la vie du mauvais côté ? Yvonne est notre invitée.

La

Yvonne, la soixantaine, pas triomphante pour le coup avec son regard de chien battu,  est toujours en activité. Cette voisine de palier, institutrice, ne peut s’empêcher de pester à chaque fois que nous la croisons dans l’ascenseur. Elle râle à longueur de journée notre Yvonne. On pourrait penser qu’une certaine sympathie pourrait se dégager de cette personne proche de la retraite, mais elle passe en fait, la plupart de son temps à cracher son venin sur ses collègues : «  Et cette pimbêche, elle ne se sent plus depuis sa formation de chef d’établissement … »  Et blablabla … : « Avec son sourire permanent et sa bonne humeur chronique, elle est insupportable … ».

Yvonne, se confie là sur ses « déboires » avec une de ses collègues de travail, qui apparemment n’a pas le côté taciturne de notre « no life » sénior. Deux jours après, toujours dans le même ascenseur, elle commence à me critiquer Monique, une autre collègue de travail, sensiblement de son âge, épouse de médecin et qui travaille « pour le plaisir et pour s’occuper » : « Non mais vous réalisez, comment peut-elle me parler de plaisir quand on parle boulot.  Cette s…… (bip bip) a acheté un manteau que, même en économisant deux ans  et en rackettant tous mes élèves, je ne pourrai pas m’offrir ! » ; « Et vous comprenez, la jeune pimbêche, elle aussi, elle ne parle que voyages, sorties, resto : on est là pour bosser nous, pas pour parler amusement … Non mais ! Elles font une belle paire avec Monique ! ». Quelle mégère !  Je ne connais ni Monique, ni la jeune pimbêche, mais je dois avouer que je les trouve soudainement très sympathiques !!

Mais pourquoi notre Yvonne est-elle si aigrie ? On peut être tentée de mettre cela sur le compte de l’âge. Mais non, il s’avère que notre « no life » sénior a toujours eu ce fichu caractère : « Emmerdeuse un jour … Emmerdeuse toujours (et tous les jours) ! » serai-je tentée de dire. Alors, après enquête (et oui je me renseigne), il s’avère qu’ Yvonne a un gros souci : c’est une réelle « no life ». Je m’explique : et pourtant, Yvonne a ses deux fils (qui ne lui rendent plus visite depuis la dispute avec les belles-filles), son mari (présent sur le papier mais peu présent sentimentalement parlant), mais sa vie sociale se résume a peau de chagrin. Alors, oui on peut être tenté de lui trouver des circonstances atténuantes, mais le fait qu’elle n’a au final pas d’amis n’est-il pas dû à son caractère de cochon ?

Que pense t-elle de chacun d’eux ? Ses belles-filles ? « Pas assez maniaques et sérieuses … De vraies écervelées toujours enclin à en faire le moins possible ! » ; son mari ?  « Un chômeur longue durée qui passe ses journées au bar PMU du coin de la rue et qui se préoccupe plus du cours du tabac que de notre appartement … » ; ses amies de travail ? « Toutes des c…. (bip bip), sauf peut être Régine, qui elle, comprend aussi les douleurs de la vie ! ».

Bref, avec une vision si noire et triste de la vie, comment voulez vous que la vie sourie à notre chère Yvonne ? Alors forcément pour elle, son existence ne rime pas avec joie, voyages, vie sociale, restaurants et sorties nocturnes, vie culturelle … Et, du fait, elle voit toujours le verre à moitié vide ! Décidément, la positive attitude ne passera pas par notre « no life » chronique.

Giacomo Leopardi, poète et philosophe italien est un des pontes de la doctrine pessimiste. Il se rapproche beaucoup de la vision existentialiste de Schopenhauer, pour qui, la « vie humaine est une perpétuelle douleur ». Leopardi résume sa philosophie du pessimisme dans le concept d’infelicità (tristesse). Leopardi n’écrit pas pour propager ses idées ; il chante en poète son mal de vivre et en tire une vision de la condition humaine. Pour ces deux pontes de la tristesse. Arthur Schopenhauer ajoute : «La vie n’est pas faite pour que nous soyons heureux mais pour que nous ne le soyons pas ».

Toute une philosophie de vie … Pourtant, Yvonne, même sous son masque de tristesse, n’est pas seule. Elle fait partie de ses gens, perpétuellement insatisfaits et en quête d’amertume, pour qui, au final, la vie ne vaut d’être vécue que par et pour sa part de noirceur. Mais moi, pour ma part, mon verre sera toujours à moitié plein ! Dans ce XXIème si bouleversé et bouleversant, notre vision de la vie est donc très différente, mais une question demeure en suspens : Les codes ont-ils changé ?

Charlotte

Une Réponse à “La « No-life » senior”

  1. Marionchocolat dit :

    Viens dans mon lieu de travail, quand je déjeune face à toutes ces Yvonne, je perds l’apetit!

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