Lescodesontchange

29 mars 2013

Le branleur du fond du bus

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Je ne le connais pas … Mais je l’observe tous les jours … Vous aussi, d’ailleurs, vous en avez surement croisé un dans un transport en commun. Intrigué par ce jeune garçon, j’ai décidé un matin de l’approcher et de l’aborder : Il s’appelle Teddy.

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Ce matin, alors que le doux bruit du bus me berce tranquillement, le chauffeur marque un arrêt. Une musique puissante et rythmée s’engouffre alors dans le bus endormi et fait retourner les têtes des « cols blancs » et autres « tailleurs-talons ».

Le jeune homme, casquette vissée sur la tête, survêtement avec un logo à spirale bien apparent, démarche chaloupée et surtout téléphone portable hurlant de musiques, s’avance vers le fond du bus et s’installe dans la dernière rangée. Je décide de la suivre et m’installe juste en face de lui. Plusieurs minutes s’écoulent où je peux joyeusement profiter de la culture musicale qu’il m’offre gratuitement grâce au fait qu’il a décidé de ne pas porter d’écouteurs (peut-être pense-t-il que ces derniers peuvent être nocifs pour l’intérieur de ses oreilles ?). Petit extrait du chanteur qui exprime son mal être : « Mais de toutes manières, quoi qu’on y fasse, on est tous condamnés aux Assedic … ». Optimiste ; Un autre qui vomit sa haine : « Tous ces connards, faut les cramer, tous ces pédés, faut les enc… ». Poétique ; Un dernier qui met en avant son problème identitaire : « La France tout manière elle veut pas de nous, nous non plus et on lui chie dessus ». Patriote …

Bien entendu, au bout d’un moment, mon regard insistant fini par faire cesser ses hochements de tête compulsifs qui se calment à chaque fin de chanson. Il finit par me dire un très argumenté et respectueux : « Tu veux quoi, toi ?! ». Je décide alors de lui faire remarquer que, même si sa musique doit être fort agréable, le samedi soir, avec plusieurs grammes d’alcool dans le sang et pour bien entamer une longue soirée, mais à ce moment précis, elle est plus difficile à percevoir surtout à un volume trop élevé. Je le remercie quand même de vouloir nous ouvrir à sa culture musicale rythmée mais commune, mais chaque personne dans le bus est aussi en droit de rester dans le silence surtout le matin !

Une chance pour moi, il comprend un peu mon humour dans le sens où il ne se jette pas sur moi pour me rouer de coups ou pour insulter tous les membres de ma famille morts ou vivants. Il préfère enchaîner, sur une phrase courte, sur le fait que la société ne le comprend pas comme il ne comprend pas les jeunes : « Putain, c’est toujours pareil ! ». Je lui demande alors pourquoi se sent-il enfermé dans un carcan. Après m’avoir fait répéter et utiliser des synonymes à sa portée, il me dit : « De toutes manières, mes parents me font chier pour rien, mes profs me supportent pas, mon entraineur de foot dit que j’suis un branleur, le gardien de mon immeuble me met tout sur le dos dès qu’il y a un truc qui va pas … Bref, tous les adultes me font chier ! ».

Je décide alors de lui expliquer qu’il n’est pas le premier ni le dernier à s’élever contre la génération suivante. Ah, cette jeunesse qui pense tout savoir et qui veut pousser les  (plus) anciens vers la sortie … « Si jeunesse savait et si vieillesse pouvait » : le célèbre proverbe de Henri Estienne semble un éternel recommencement. Pour appuyer mon propos, je lui parle de l’épisode de Mai 68 : « Tu connais ? ». Je comprends que non à son regard ahuri, joliment entouré de boutons d’acné bien formés. Mai 68 désigne un ensemble de mouvements et manifestations survenus en France en Mai et Juin 1968. Il touche principalement les étudiants et les ouvriers. L’origine de ce mouvement est multiple : le contexte culturel, économique et surtout politique font éclater la crise dans la faculté de La Sorbonne : des CRS font évacuer de force des manifestants dans ce lieu symbolique. Cela provoque la colère des jeunes étudiants qui du 3 au 13 mai s’opposent  avec violence aux forces de l’ordre : les pavés et les barres de fer font face aux lacrymogènes et aux bâtons des CRS. Les slogans hostiles au régime du président De Gaulle foisonnent et lui reprochent de museler la jeunesse et d’avoir mis en place un régime césariste. Finalement, la crise s’essoufflera et le retour au calme se fera lentement. Mais la France ne sera plus la même.

« Alors, en fait, vous pensez que moi je vous agresse avec ma musique comme si je vous lançais un pavé en fait ? » me dit Teddy. Non pas jusque là, mais tu essayes de t’affirmer, d’exister comme ces jeunes qui voulaient qu’on ne les oublie pas. Il faut juste que tu comprennes que ton attitude, comme par exemple le fait que tu mettes tes pieds sur la banquette d’en face, peut choquer les adultes formatés que nous sommes.

« Mais alors je fais quoi avec ma musique ». Je lui propose alors d’essayer de la baisser et de la porter près de son oreille s’il ne supporte pas les écouteurs. Je termine en lui rappelant qu’il doit continuer à s’affirmer tout en respectant les autres. Fier de mes paroles, je me lève et lui tourne le dos en me doutant qu’il doit tendre vers moi toute sa gratitude (ou son majeur). J’avance d’un pas décidé pour me rendre compte que j’ai loupé mon arrêt … Tant pis, au moins je l’aurai amené à se questionner tout en continuant, moi, à me poser la rituelle : les codes ont-ils changé ?

César

24 mars 2013

L’amie éphémère

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez-vous jamais connu dans votre vie, cette amitié fulgurante, qui débute sur des chapeaux de roues et s’essoufle tel un amour crespusculaire ? Violette est l’incarnation de cette amitié éphémère.

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J’ai connu Violette par le biais d’une amie commune : Bérénice. Toutes deux très proches, et quasiment fusionnelles, leur amitié tardive a demarré de façon subite. Pendant de nombreux mois, il était quasiment impossible et même inconcevable de voir Violette sans Bérénice. Entre les sorties aux musées, les vernissages, les sorties ciné, les virées shopping et spa : elles étaient inséparables, à tel point que César, avec sa finesse habituelle, les chambrait sur un possible coming-out ! 

De fait, nous nous étions habitués (et avec plaisir au demeurant) à inviter notre amie Bérénice avec son acolyte. Violette, jeune femme au sourire divin a tout pour elle : un job passionnant, des amants divers et variés, une conversation enrichissante et ouverte. Bref, il était toujours fort agréable de se retrouver en sa compagnie.

Cependant, en quelques mois, les relations entre Berénice et Violette se sont compliquées. Bérénice, célibataire de longue date, avait trouver l’amour au grand dam de Violette qui, elle, galérait toujours autant (ça fait un peu « Les Feux de l’amour » là pour le coup, mais je suis obligée de vous expliquer pour que vous compreniez). Certes Violette avait un succés fou, et lors de soirées arrosées, elle ne se privait d’ailleurs pas pour ramener dans sa tanière un bel étalon trouvé le soir même. Mais son souhait le plus cher était de se « caser ». De vivre enfin une histoire d’amour : « Comme vous, Charlotte et César ». Nous invitions souvent Violette chez nous, patargeant avec elle nos doutes, nos fous rires, nos soirées à méditer au doux son de guitare de mon cher César … Elle était vraiment devenue une amie. Et, je me plaisais d’ailleurs à remercier Bérénice de cette rencontre fortuite. Mais, car il y a toujours un mais…  cette belle idylle d’amitié fut de courte durée. Depuis la mise en couple de Berenice, notre amie éphémère paraissait tendue.

Elle nous sollicitait souvent sans le proposer à Bérénice. Lorsque je lui rétorquais naîvement : « Bérénice n’est pas dispo’ ce soir ? ». Elle semblait contente de nous voir sans elle, comme soulagée. N’étant pas d’un naturel possessif, je ne prêtais pas compte à cette dérive progressive. Je lui présentais à mon tour des amis proches avec qui elle sympathisait au point de faire réellement partie intégrante de notre bande, de nos bandes. Elle poussait même le vice jusqu’à inviter nos amis sans même nous le proposer : « Ce week end, je suis allée au ciné avec Violette, elle est super cette fille ! » me clamait mon meilleur ami il y a peu.

Elle s’immiscait en fait progressivement dans notre cercle d’amis en tentant petit à petit de le diviser. Cela aurait peut être du nous alerter, nous prouver que cette petite oie blanche était peut être en fait un aigle noir. Pourtant, du jour au lendemain, tel une hirondelle à la fin du printemps, notre amie éphémère s’est envolée. Bye bye les apéros du vendredi soir, bye bye les soirées filles à refaire le monde, bye bye les vernissages mondains … Après avoir pris chez nous (et surtout chez Bérénice) tout ce qui pouvait lui être utile, notre hirondelle a vogué vers d’autres nids surement plus coquets à son goût. « Le principal ennemi de l’amitié, ce n’est pas l’amour. C’est l’ambition. » dit Philippe Soupault. Etant surement pour le coup trop oies blanches, nous n’avons pas su voir la noirceur du rapace en elle, nous avons voulu croire en une amitié désintéressée et sincère. Les déceptions amicales sont parfois plus douloureuses que les ruptures amoureuses …

L’Histoire nous a révélé de nombreuses amitiés passionnées. Nous n’irons pas jusqu’à comparer notre amitié éphémère avec celle (très équivoque) entretenue par Verlaine et Rimbaud. C’est en 1871 que Rimbaud rencontre Verlaine, de façon fulgurante une amitié amoureuse va débuter entre eux et les conduire au tragique. Cette amitié va vite se transformer en amour coupable et interdit, Verlaine, marié, quittera sa femme pour son jeune amant poéte. Après de violentes disputes, Verlaine tirera deux coups de révolver sur Rimbaud. Leur romance prend fin. Zola et Cézanne vivront aussi une amitié sincère et pour le coup durable. Etonnante amitié entre ces deux artistes nouée dans l’enfance : Zola a pressenti le génie de Cézanne, il l’a encouragé. Puis, comme s’il avait reconnu en lui sa part maudite, ses doutes, sa difficulté à créer, il ne l’a plus supporté. Il le tue symboliquement dans « l’Oeuvre », roman dans lequel Cézanne se découvrira dans le portrait peu élogieux et complétement déformé de Claude Lanthier, artiste aigri par l’hostilité du public. Cette bévue scellera la fin de leur belle amitié. 

Alors, les amitiés éphémères font-elles en fait pleinement partie de notre vie sociale ? Sommes-nous finalement destinés à ne connaître que des amitiés pérennes et solides ? Et surtout ces amitiés éphémères ne sont-elles pas un tremplin vers autre chose dans nos vies ? Et si au final, ce genre d’amitié nous permettait aussi dans un certains sens d’avancer ? Les codes d’amitié doivent-ils finalement changer ? 

Charlotte

15 mars 2013

Le religio-phobe

Publié par lescodesontchange dans Non classé

On en a tous dans son entourage … oui, un personnage sympathique et authentique qui, dès qu’on le branche sur un sujet qui touche de près à la religion, s’enflamme tel que l’on se croirait aux repas de famille de fin d’année … Voici l’histoire de Serge.

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Serge est un miraculé … Du moins, c’est ce qu’il dit. Mais un miraculé de la religion : petit, sa mère l’obligeait à aller à la messe tous les dimanches et pour les jours de fêtes chrétiennes. Et il lui en a voulu … À croire que sentir les vieilles odeurs d’encens et verser de l’eau sur les vieilles mains du curé de son village ont fini par détruire toute sa capacité d’ouverture vers la et les religions.

En effet, Serge ne peut pas vous laisser finir une phrase si elle contient les mots « Dieu », « Eglise », « croyances », ou autres termes à forte connotation religieuse. Combien de fois l’ai-je entendu s’étonner devant un collègue qui lui avouait avoir une pratique modérée de sa religion : « Mais Serge, je suis pas pratiquant, je fais juste ça quand on fait le repas de famille, c’est plus de la tradition … ». Et là, notre religio-phobe qui se lance dans son habituel discours « progressiste » sur les méfaits de la religion : « Mais comment tu peux accepter, ça ?! La religion, ça bouffe les hommes depuis des siècles ! C’est le moyen qu’ont trouvé les puissants pour asservir le peuple derrière un gros barbu, qui sur son nuage, aurait inventé le monde ! Non, ne me dis pas que tu crois en ça … Pas toi, un mec aussi brillant ! ».

Forcément, il ne s’est pas fait que des copains en sortant ses propos parfois limites sur les pratiques religieuses des uns et des autres. Surtout que dans son bureau, il adore afficher les « unes » les plus provocatrices de certains journaux satiriques. Moi, ça ne me dérange pas qu’il affiche ce qui lui chante ; là où il va trop loin, c’est quand il se permet d’apostropher ses « victimes » (définition : personnes dont il connaît l’attachement à la religion et la certaine pratique) en les invitant à venir voir ces caricatures …

Le plus désobligeant, c’est que quand on lui fait une remarque, il est toujours sur la défensive et prend ça comme une agression : « Ca y est, dès qu’on touche au sacré, le bon Dieu envoie ses angelots pour frapper le dissident !! Mais moi, vous ne me ferez pas plier ». Mais le jour où il a osé critiquer directement ce jeune stagiaire qui demandait un jour de congé pour une fête religieuse, j’ai été obligé d’intervenir : « Tu vas trop loin Serge, il a le droit de prendre des congés : il est juste honnête et te dit la raison pour laquelle il veut ce jour. » Et là, il me répond, toujours plein d’aplomb : « Mais justement, il a pas à me le dire : on vit dans une société laïque, la religion ne devrait pas apparaître ! La loi de 1905, ça te dit rien ?? ».

Oh si Serge, ça me parle cette loi de 1905 : cette loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat fut prononcée dans un contexte bien particulier où la République (la IIIème) avait encore du mal à s’imposer dans une France encore très marquée par la monarchie et les tentatives d’empire. La religion catholique, puisque c’est surtout elle qui était visée par cette loi, apparaissait alors comme le support permanent de l’Ancien Régime puisque l’on parlait alors de monarchie de droit divin. De plus, les écoles étaient quasiment toutes contrôlées par la religion, farouche opposante à la Révolution Française (mère de la République). Le nouvel Etat républicain décidait donc de renvoyer les curés et les moines à leur prière pour y mettre des professeurs formés à la sauce républicaine (les fameux « Hussard noirs de la République »). Mais, dans cette loi de 1905 qui met une distance entre l’Etat et l’Eglise (dans le sens où le premier ne finance plus la dernière), il n’est en aucun cas question de remettre en cause la pratique religieuse de chacun : ce sont les débuts de la liberté de conscience qui ouvre la possibilité aux autres religions d’exister et de cohabiter pacifiquement en France.

Mais ça le Serge, il veut pas l’entendre : ancré dans ses positions anti – religieuses, il finit même par en devenir intolérant : pourquoi chacun ne pourrait-il pas pratiquer librement sa religion tant qu’il ne gène pas son voisin ? A cette question, il répond qu’à l’époque où la science peut tout expliquer, seuls les imbéciles peuvent continuer de croire que Dieu a tout inventé et que l’homme descend d’Adam et d’Eve …

Difficile de pouvoir donc entamer une discussion argumentée avec un tel personnage. Pourtant les temps ont changé, la République est bien ancrée dans notre pays, mais certains codes vont-ils finir par changer ?

César

10 mars 2013

La boute-en-train chronique

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais connu dans son entourage cette fille boute-en-train qui paraît mordre la vie par les deux bouts en permanence ? Elena est notre invitée du jour.

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Elena, jeune infirmière de trente–cinq ans a toujours une pêche folle. Entre son métier, pourtant harassant, sa vie de célibataire très (trop ?) remplie, sa vie sociale qui l’empêche d’avoir une seule soirée pour elle toute seule cinquante-deux semaines l’an, elle ne chôme pas. Ce qui est étonnant avec Elena c’est sa bonne humeur permanente et à la limite du chronique. Toujours prête à sortir, à rendre service, à suivre dans n’importe quelle expérience aussi farfelue soit-elle, notre boute-en-train est toujours d’humeur égale. Il semble que ni le temps, ni la fatigue, ni le moral n’ait d’emprise sur elle. Elle se surnomme elle-même la reine de la « bonne ambiance » et le pire, c’est que c’est vrai.

Je vous avoue que beaucoup de gens sont suspicieux envers sa gaiété légendaire : « Elena, en fait c’est une grosse stressée qui se cache derrière une apparence d’optimiste chronique … » ; « Elle en fait trop avec sa gentillesse, son savoir-vivre, son sourire permanent, merde quoi … » ; « On dirait qu’elle vit sur une autre planète … ». Bref, elle fait jaser ! Dans notre société individualiste et souvent morose, Elena choque, elle dérange. Elle semble tout droit sortie de l’ancien temps, peut être du temps des trente glorieuses où la vie (pour la plupart) se résumait à « Love, sex, peace and rock n’ roll ». Non plutôt, bals musette compte tenu de l’époque …

Elena est insouciante et n’a pas honte de le clamer et même de le revendiquer. Ce qui lui importe dans la vie c’est d’être heureuse et de vivre sa vie comme un rêve éveillé, sans entraves. Au boulot, les remarques fusent :  « Elena, rien ne l’atteint, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, elle a toujours son sourire de circonstance … A croire qu’elle est insensible à toutes formes de contrariétés … ». Sa positive attitude n’est pas toujours communicative. En plus de ce sourire permanent, Elena a la boutade aisée. Elle aime rire et ne se prive pas, même au boulot et même le lundi matin à 8 heures alors que tout le monde rêve déjà au vendredi soir. Ca fait grincer … L’optimisme marrant du vendredi soir, encore ça passe … Mais quand ça débute dès la première heure de la semaine … Alors là non (du moins pour certains) ! 

Le matin, à ses amies toujours dans l’attente de l’heure de sortie, notre boute-en-train n’hésite jamais à faire preuve d’humour tout en usant de ses petites citations qu’elle affectionne tout particulièrement :  » Sophie, quand tu te lèves le matin, au lieu de penser déjà à l’heure du coucher tente de méditer sur cela  » J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé  » … Et c’est même Voltaire qui le dit ! C’est approuvé par les plus grands médecins de l’hosto je t’assure  .., posologie sans contre-indication … « .

Elena, se rapproche par beaucoup de paramètres, aux personnages un peu « bouffon » qu’ont pu connaître l’Histoire ou la littérature. Dans la tradition provençale de la pastorale, « Lou Ravi » est un personnage sympathique, attachant et qui prête à rire avec ses bras levés et son sourire un peu niais. C’est un naïf, il a une vie simple et il n’apporte rien sauf sa joie de vivre, et c’est déjà pas si mal ! Celui qui fait rire donc, qui amuse, qui est toujours enclin à la bonne humeur a de tous temps existé. Ainsi, Nicolas Ferrial alias Triboulet, était le bouffon favori sous les règnes de Louis XII et François 1er. Ayant un jour, outrepassé les bonnes mœurs en critiquant les courtisanes de François 1er, ce dernier fut contraint de le condamner à mort. Cependant, comme un privilège, le Roi lui demande de choisir sa mort. Ce dernier, fidèle à lui-même lui rétorque « Je préfère alors … mourir de vieillesse ! ». Le Roi éclate de rire et change sa peine de mort en bannissement.

Alors bien évidemment Elena n’est pas le Ravi de la crêche. Elle s’apparente plutôt à un Triboulet moderne, toujours friande de bons mots tout en faisant preuve de finesse d’esprit. Mais dans notre société un peu désabusée par ses abus, est-on prêt à accepter ce genre d’individu dérangeant et grinçant ? Une autre question se pose : Les codes vont-ils changer ?

Charlotte

2 mars 2013

La Doisneau moderne

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage de célibataire … Oui, je sais on l’a déjà posé cent fois cette question … Mais notre célibataire du jour a une particularité : elle a révolutionné la phase de drague préalable à tout début de relation. Voici l’histoire d’Emilie !

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Intérimaire d’une trentaine d’années ayant quitté sa campagne natale depuis plusieurs années, Emilie vit une vie trépidante entre son boulot, ses sorties entre copines et ses tentatives désespérées de trouver un homme à son goût. Il faut dire que notre Doisneau moderne a des exigences très importantes sur son futur homme : « Il doit aimer le théâtre et les arts … Il doit être doux et attentionné … Il doit me faire sans cesse des surprises et m’emmener en voyage … Il doit me faire monter au rideau et son corps doit me faire rêver … ». Tout ça pour un même homme ? Je comprends qu’elle soit encore en mode « pôle emploi service courrier du cœur »

Des rencontres, elle en fait beaucoup mais cela ne se conclu jamais bien, car au final Emilie ne peut s’empêcher de trouver le défaut qui va détruire rapidement cette esquisse de relation : « J’ai rompu avec Gilles : il faut dire qu’il me dégoutait à se promener en slip chez moi et puis ses ongles trop longs qui me touchaient me révulsaient complètement. » ; « Avec Anis ? Non, pas possible, je lui ai dis qu’on stoppait car il passait trop de temps avec ses enfants et j’ai compris que je ne passerai toujours qu’après eux … » ; « Manu ? C’est un con et un gamin qui ne pense qu’à lui et à s’amuser avec ses potes et qui m’appelle juste pour s’envoyer en l’air. »

Mais, un jour, assez fortement alcoolisée, elle finit par me raconter le détail qui éclaira tout dans mon esprit : avant d’entamer une relation, comme beaucoup de monde aujourd’hui, elle passe beaucoup de temps au téléphone pour apprendre à connaître la personne qu’elle veux rencontrer : des SMS avec une fréquence de plus en plus importante, quelques appels en soirée et surtout : des photos alléchantes !

Je n’ai pas compris sur le coup de quoi elle parle : elle m’explique alors qu’elle envoyait des photos de certaines parties de son corps à son amant virtuel pour l’exciter et qu’il faisait de même en retour : le dessus de la main, le creux des reins, le pied, la bouche, la poitrine, … Encore stupéfait d’une telle pratique, je lui demande si elle fait cela à chaque fois : la réponse est positive. Elle ajoute même qu’elle a déjà photographié son sexe dans le même objectif …

Voyant que cela me laisse interrogatif et amusé, elle tente de minimiser son acte en mettant en avant que les temps changent, que cela permet d’apprendre à se connaître ( … et de quelle manière !! …), que l’on est plus à l’époque des chaperons, …

Je lui rappelle alors que la présence d’un chaperon n’était pas toujours un gage de sagesse et de pudeur : Ainsi, en 1625, une alliance matrimoniale est conclue entre la France et l’Angleterre. Le 11 mai, Henriette, sœur de Louis XIII, épouse par procuration le nouveau roi d’Angleterre Charles 1er. Le duc de Buckingham, favori du feu roi, est chargé d’escorter la princesse. Selon l’usage, la Cour de France accompagne Henriette jusqu’à la frontière. Anne d’Autriche, reine de France et épouse de Louis XIII, lui sert de chaperon (Louis XIII est resté à Paris). C’est au cours de ce voyage que Buckingham fait une cour pressante à Anne. A l’étape d’Amiens, la duchesse de Chevreuse, « intrigueuse » de première classe et proche d’Anne d’Autriche, s’arrange pour isoler Anne et Buckingham du reste de la Cour. Ce dernier se montre entreprenant, Anne pousse un cri … La suite royale accourt alors que Buckingham s’éclipse.

Rien de fâcheux ne s’est passé. Mais l’incident fait le tour des Cours européennes et touche fatalement l’amour propre de Louis XIII, alors que les relations conjugales du couple sont déjà tendues. Buckingham se voit interdire le sol français. Plus tard La Rochefoucauld inventera dans ses mémoires cette histoire de ferrets offerts au duc, laquelle sera reprise par Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires.

Je me rappelle aussi que ma grand-mère me disait souvent qu’avant de rencontrer mon grand-père, ils ne pouvaient se voir sans la présence d’un chaperon (en l’occurrence la tante de ma grand-mère) qui veillait à la bienséance des rencontres des futurs époux. Cela ne les empêchait pas de s’échanger discrètement des billets doux et des petites photos assez prudes.

Alors certes, je ne veux pas faire mon rétrograde, mais notre Doisneau moderne dépasse un peu les bornes avec ses photos de corps un peu trop osées ? Où est la découverte intime de l’autre dans tout ça ? Où est la magie de la première nuit où les corps dénudés se découvrent dans une ambiance sensuelle et tamisée ? Les hommes qui voient ses photos ne sont-ils pas déjà rassasiés de tout cela et ne s’imaginent-ils pas avoir affaire à une fille facile ? Dans tous les cas, la vraie question reste posée : les codes ont-ils changé ?

César

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