Lescodesontchange

2 mars 2013

La Doisneau moderne

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage de célibataire … Oui, je sais on l’a déjà posé cent fois cette question … Mais notre célibataire du jour a une particularité : elle a révolutionné la phase de drague préalable à tout début de relation. Voici l’histoire d’Emilie !

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Intérimaire d’une trentaine d’années ayant quitté sa campagne natale depuis plusieurs années, Emilie vit une vie trépidante entre son boulot, ses sorties entre copines et ses tentatives désespérées de trouver un homme à son goût. Il faut dire que notre Doisneau moderne a des exigences très importantes sur son futur homme : « Il doit aimer le théâtre et les arts … Il doit être doux et attentionné … Il doit me faire sans cesse des surprises et m’emmener en voyage … Il doit me faire monter au rideau et son corps doit me faire rêver … ». Tout ça pour un même homme ? Je comprends qu’elle soit encore en mode « pôle emploi service courrier du cœur »

Des rencontres, elle en fait beaucoup mais cela ne se conclu jamais bien, car au final Emilie ne peut s’empêcher de trouver le défaut qui va détruire rapidement cette esquisse de relation : « J’ai rompu avec Gilles : il faut dire qu’il me dégoutait à se promener en slip chez moi et puis ses ongles trop longs qui me touchaient me révulsaient complètement. » ; « Avec Anis ? Non, pas possible, je lui ai dis qu’on stoppait car il passait trop de temps avec ses enfants et j’ai compris que je ne passerai toujours qu’après eux … » ; « Manu ? C’est un con et un gamin qui ne pense qu’à lui et à s’amuser avec ses potes et qui m’appelle juste pour s’envoyer en l’air. »

Mais, un jour, assez fortement alcoolisée, elle finit par me raconter le détail qui éclaira tout dans mon esprit : avant d’entamer une relation, comme beaucoup de monde aujourd’hui, elle passe beaucoup de temps au téléphone pour apprendre à connaître la personne qu’elle veux rencontrer : des SMS avec une fréquence de plus en plus importante, quelques appels en soirée et surtout : des photos alléchantes !

Je n’ai pas compris sur le coup de quoi elle parle : elle m’explique alors qu’elle envoyait des photos de certaines parties de son corps à son amant virtuel pour l’exciter et qu’il faisait de même en retour : le dessus de la main, le creux des reins, le pied, la bouche, la poitrine, … Encore stupéfait d’une telle pratique, je lui demande si elle fait cela à chaque fois : la réponse est positive. Elle ajoute même qu’elle a déjà photographié son sexe dans le même objectif …

Voyant que cela me laisse interrogatif et amusé, elle tente de minimiser son acte en mettant en avant que les temps changent, que cela permet d’apprendre à se connaître ( … et de quelle manière !! …), que l’on est plus à l’époque des chaperons, …

Je lui rappelle alors que la présence d’un chaperon n’était pas toujours un gage de sagesse et de pudeur : Ainsi, en 1625, une alliance matrimoniale est conclue entre la France et l’Angleterre. Le 11 mai, Henriette, sœur de Louis XIII, épouse par procuration le nouveau roi d’Angleterre Charles 1er. Le duc de Buckingham, favori du feu roi, est chargé d’escorter la princesse. Selon l’usage, la Cour de France accompagne Henriette jusqu’à la frontière. Anne d’Autriche, reine de France et épouse de Louis XIII, lui sert de chaperon (Louis XIII est resté à Paris). C’est au cours de ce voyage que Buckingham fait une cour pressante à Anne. A l’étape d’Amiens, la duchesse de Chevreuse, « intrigueuse » de première classe et proche d’Anne d’Autriche, s’arrange pour isoler Anne et Buckingham du reste de la Cour. Ce dernier se montre entreprenant, Anne pousse un cri … La suite royale accourt alors que Buckingham s’éclipse.

Rien de fâcheux ne s’est passé. Mais l’incident fait le tour des Cours européennes et touche fatalement l’amour propre de Louis XIII, alors que les relations conjugales du couple sont déjà tendues. Buckingham se voit interdire le sol français. Plus tard La Rochefoucauld inventera dans ses mémoires cette histoire de ferrets offerts au duc, laquelle sera reprise par Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires.

Je me rappelle aussi que ma grand-mère me disait souvent qu’avant de rencontrer mon grand-père, ils ne pouvaient se voir sans la présence d’un chaperon (en l’occurrence la tante de ma grand-mère) qui veillait à la bienséance des rencontres des futurs époux. Cela ne les empêchait pas de s’échanger discrètement des billets doux et des petites photos assez prudes.

Alors certes, je ne veux pas faire mon rétrograde, mais notre Doisneau moderne dépasse un peu les bornes avec ses photos de corps un peu trop osées ? Où est la découverte intime de l’autre dans tout ça ? Où est la magie de la première nuit où les corps dénudés se découvrent dans une ambiance sensuelle et tamisée ? Les hommes qui voient ses photos ne sont-ils pas déjà rassasiés de tout cela et ne s’imaginent-ils pas avoir affaire à une fille facile ? Dans tous les cas, la vraie question reste posée : les codes ont-ils changé ?

César

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