Lescodesontchange

28 avril 2013

Le lourdaud « Monsieur-je-sais-tout »

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Hier, lors d’une  séance chez mon kiné, j’ai encore eu l’immense joie de croiser Sam.

Le lourdaud

Sam, grand brun dégarni, qui doit avoisiner les quarante-cinq ans est plombier de formation. Lors de notre première discussion, je l’ai trouvé sympathique. Avenant, souriant, et très bavard, il gagne pourtant à ne pas être connu.

En effet, toujours un peu naîve et trop gentille, je n’ai pas vu venir le lourdaud qui se tapissait dans l’ombre. Cela a débuté par des petits compliments : « Charlotte, votre petit haut de fitness vous va à ravir … Si je vous croisais dans une soirée, je serai le premier à venir vous draguer… et blablabla … ». Bref, pour le plus grand amusement de mon kiné, j’étais devenue la cible de ce don Juan de cabinet.

Là où l’histoire commence vraiment à être pénible, c’est que non content de me réclamer auprès du kiné (même les jours où je n’ai pas de séances prévues), notre lourdaud en chef ne peut s’empêcher, lorsqu’il me voit ou m’entend, de venir me saluer dans mon petit box pourtant fermé par des rideaux ! Et là, s’en est assez, il outrepasse mon intimité !

Lors d’une discussion avec  mon kiné, Sam, parqué dans le box voisin, n’a pu s’empêcher de me demander, si pour effectuer mon job j’ai eu besoin d’un CAP ? Non mais je rêve !! Il n’y a pas de sous-métier, mais après avoir effectué de nombreuses années d’études universitaires pour entendre un blaireau se vanter de pouvoir : « prendre ma place, puisque mon boulot ne doit pas être si difficile au demeurant » ; alors là il pousse le bouchon vraiment loin ! Blessée dans mon orgueil, je lui rétorque que le CAP n’est pas vraiment la voie royale pour envisager d’exercer mon boulot !

Car loin, de se contenter de ses remarques déplacées et vexantes, il a réponse à tout (ou du moins il le croit !). Mon kiné me fait une remarque sur la méthode à envisager pour ma pathologie, et voilà notre lourdeau en chef, qui me propose, compte tenu de sa formation qualifiante de pseudo-ostéopathe (je rappelle qu’il est plombier !) de me manipuler, gratuitement pour améliorer ma pathologie et de rajouter : « Tu pourras rester en sous-vétements si tu le souhaites ». Non mais quel taré ! Il croit vraiment que je vais confier mon genou, ou je ne sais quoi d’autre à ses mains perverses ?!

 Le lourdaud en chef  a toujours réponse à tout et même quand il ne sait pas (c’est bien ça le drame !).Une discussion sur les derniers matchs du master séries de Monte Carlo, le voilà affable au possible sur les dernières prouesses de Nadal (entrecoupées de nombreuses informations erronées au passage). Il est vraiment sûr qu’il a au moins une fois dans sa vie regarder un match de tennis ?!

Souvent, aussi, il se sent obligé de parler de sa vie personnelle à qui veut bien l’écouter (mince, c’est encore pour moi …) : « L’autre jour la capote de ma voiture s’est arrachée » … et blablabla … Par politesse, je feins d’écouter et de compatir à ses misères, mais quand plus de quinze jours après il me relance, entre deux foulées d’eliptique, sur sa capote enfin reparée par un carrossier très professionnel, alors là j’avoue que je ne me souviens même plus de la teneur de notre discussion , et je n’ai qu’une envie, lui crier : «  Mais tu vas pas te taire b…. (bip bip !) ».  Zen !

Par son coté, affable et surtout « Monsieur je-sais-tout, notre cher lourdaud se rapproche des pédants du XVIIIème. Etymoloquiquement, le pédant est «  celui qui fait étalage de son savoir de manière prétentieuse, celui qui affecte de faire la leçon à tout le monde ».  Molière, en son temps, dans sa pièce de théâtre, « Les femmes savantes », s’est moqué de ces pédants qui papillonnaient autour du roi.  Dans cette pièce, Trissotin, se vante d’être un grand connaisseur en lettres et en sciences, mais n’est qu’un pédant tout juste bon à faire des vers ridicules que seules Philaminte, Bélise et Armande apprécient. Trissotin, dans cette pièce satirique est rejoint par un autre pédant, Vadius, qui deviendra son rival en pédantisme et va surenchir dans les excés pour impressionner les « femmes savantes ». 

Alors notre Sam est un peu ( certainement sans le savoir), le descendant de ces pédants d’Ancien Régime, prêt à tout pour impressionner, quitte à en devenir ridicule. Il ne se rend certainement pas compte qu’à trop vouloir en faire, il perd toute crédibilité, et irrite plus qu’il ne suscite l’interêt. Mais une question demeure en suspens : face à ce genre d’énerguméne, les codes pourront-ils un jour changer ?

Charlotte

Une Réponse à “Le lourdaud « Monsieur-je-sais-tout »”

  1. Marionchocolat dit :

    Génial! Hihi vivement que tes séances finissent !

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