Lescodesontchange

19 août 2012

L’ultra sportif

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage une personne, très souvent de sexe masculin, adepte de sports en tout genre, qui complexe tout le monde par son physique plus qu’avantageux ?

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Boris, la trentaine bien avancée, ne vit et ne parle que de sport. Enfin, non pas que de sport : d’entretien physique comme le vélo, la course à pieds ou bien entendu la musculation … Au premier abord, on remarque tout de suite son physique avantageux : bras secs et musclés,épaules développées,  torse en V, plaque abdominale sans couche de graisse apparente laissant apparaître les fameuses « tablettes de chocolat » si prisées par une partie de la gente féminine, cuisses et mollets bien dessinés.

Bref, tout pour faire pâlir les copains, lors des soirées d’été, où le bellâtre musculeux se balade, torse nu ou avec un marcel moulant, de groupe en groupe. Alors, oui, nous les gars de la bande, on l’aime bien Boris. Par contre, on l’aime moins, quand il approche trop de nos femmes pour leur expliquer l’emplacement des muscles humains parfaitement dessinés sur lui : « Alors là tu vois c’est le biceps et quand tu tends le bras dans l’autre sens, tu déploies le triceps. N’hésites pas, tu peux toucher ! ». On l’aime encore moins quand on repart à la maison et que, dans la voiture, notre femme nous lance : « Ce serait quand même bien que tu te remettes au sport, non ? Tu n’a plus le corps que tu avais à notre rencontre … ». Alors, on essaye de lui expliquer que notre activité professionnelle nous prend trop de temps > Réponse : « Arrête, tu es à la maison à 17 heures ! » ; puis qu’une activité physique régulière nous contraindrait à moins nous voir > Réponse : « Eh bien tu sortiras moins avec tes copains du coup … » ; enfin on tente notre dernière chance en rappelant une vieille blessure au genou droit que le médecin nous dit de surveiller > Réponse : « Mais chéri, je ne te force pas, si tu n’as pas envie de t’y remettre ce n’est pas grave. Par contre, ton médecin, puique tu sembles l’écouter scrupuleusement, t’as surement dit que le manque d’activité physique était responsable de nombreuses maladies cardio-vasculaires … ».

Je décide donc le lendemain matin, après une courte nuit, d’appeler Boris pour lui demander si je peux faire un peu de remise en forme avec lui. Il me propose de commencer dès le lendemain à 7 heures. Je lui fais remarquer que je finis le travail plus tôt et qu’on peut avancer l’horaire : « Non, non, je voulais dire 7 heures du matin … c’est mieux de courir à la fraiche ! ». Le fou … La dernière fois que j’ai couru à 7 heures du matin c’était pendant mon service militaire : je me revois alors  en jogging kaki, les yeux encore embués, rouge de fatigue, bavant le peu de salive qui me restait dans des sous-bois perdus au fin fond de la Bretagne.

Mais bon le lendemain, je suis sur pieds, au point de rendez vous fixé. Boris arrive dans sa combinaison hyper moulante de marathonien et là forcèment je détonne un peu avec mon vieux short et mon tee-shirt usé. Une heure de sueur, de doute, de vomissements, de colère, de crampes, de découragement et de points de côté plus tard, je m’affale sur le sol. Alors que Boris entame des séries de pompes et d’abdominaux, je décide de questionner le phénomène, avec mon dernier souffle, en espérant qu’il ne me demande pas de le suivre dans son nouvel exercice : « Et sinon, les filles, en ce moment, quoi de neuf ? ». Sa réponse est assez évasive. Non pas qu’il soit essouflé par son effort (bien au contraire), mais c’est un sujet assez délicat pour lui.

Il n’a jamais vraiment trouvé chaussure à son pieds. Pour nous, les gars de la bande, on s’imagine tous à la place de Boris : « C’est sur qu’avec un physique comme le sien, je ne me priverais pas … » ; ou alors : « Ce Boris, il doit avoir un succès impressionnant, il peut ramener qui il veut chez lui ».

Pourtant, il m’explique que son physique impressionne plus qu’il n’attire : « Des fois, j’ai l’impression que je fais peur à certaines femmes ». Il est aussi conscient d’être trop exigeant pour arriver à se mettre en couple de façon durable avec une fille : régime alimentaire strict, beaucoup de temps consacré au sport, jamais d’alcool. Bref, la plupart de ses conquêtes sérieuses quittent rapidement le navire car elles ne comprennent pas l’hygiène de vie que Boris s’est fixé. Et notre ultra sportif en souffre et en vient même à nous envier, nous, les gars en couple d’être fixés, d’avoir quelqu’un qui nous attend le soir à la maison, de passer des soirées enlacés devant un bon film.

Pourtant, les ultra sportifs ont toujours existé. Prenons la période antique : en Grèce, dans la cité de Sparte, les hommes passaient leur temps à s’entraîner pour les prochaines guerres avec les cités voisines ou pour remporter les jeux panhélleniques (comme par exemple les célèbres jeux d’Olympie). Le culte du corps était exacerbé dans ces milieux. Les hommes préfèraient passer leur jour et leur nuit avec leurs compagnons du gymnase. C’est de là que viennent les mythes homosexuels ou plutôt bisexuels des Grecs. Les Spartiates ne rejoignaient la couche de leur femme que dans le but de procréer. La plupart de leur nuit, ils les passaient entre hommes pour des raisons de préférence sexuelle, mais aussi pour des raisons de cohésion de groupe : sur le champ de bataille, ils étaient ainsi prêts à mourir les uns pour les autres. Alors certes, Boris n’est pas homosexuel mais nous raconte souvent des anecdotes sur les garçons qu’ils croisent dans les salles de musculation qui passent leur temps à se regarder et à regarder leurs comparses.

Je rentre donc à la maison et croise Charlotte qui part au travail et me demande comment s’est passé ma première séance ? Je lui annonce que cette séance commune avec Boris serait surement la dernière mais que j’essayerai de courir au moins deux fois par semaine, seul. J’ajoute aussi que je lui prépare un super repas en amoureux pour ce soir avec la fausse excuse : « Pour me remettre de toutes ces calories brûlées ». En fait, je pense à Boris, le soir chez lui tout seul, spartiate des temps modernes, adulé des femmes mais isolé dans son cœur et dans son corps d’ultra sportif : les codes ont-ils vraiment changé ?

César

15 août 2012

Le coq poule

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais connu dans sa vie d’homme d’âge mûr, viril et parfois un brin macho, qui se fait tout petit devant sa femme et encore plus devant sa fille adorée ? Georges est notre homme.

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Gentil septuagénaire aux cheveux grisonnants, toujours souriant, serviable, sa bonhommie se lit sur son visage. Notre coq-poule est un homme moderne. Chez lui, il n’hésite pas à mettre la main à la pâte et à aider même dans les tâches ménagères les plus ingrates (comme descendre les poubelles). Sa femme, Martine, un peu féministe et très marquée par la génération « yéyé » trouve tout à fait normal le fait que Georges fasse les courses, concocte de bons petits plats, prenne presque du plaisir à passer l’aspirateur. Bref, malgré leurs âges, Georges et sa femme sont l’image même  du couple moderne.

Lors, d’un dîner improvisé chez Georges et son épouse, César, toujours un peu moqueur et incisif, n’hésite pas à faire remarquer qu’il a adoré l’excellent lapin à la moutarde de Georges et n’hésite pas à clamer «  De qui tenez-vous la recette Georges ? De votre mère je suppose car Martine n’est pas fin cordon bleu ! ». Malgré mes coups de pieds de plus en plus réguliers et puissants sous la table, César ne se démonte pas : « Les femmes, de nos jours, moins elles sont à la maison, mieux elles se portent ! ».

Georges et Martine, un couple atypique ? Pas forcément, des Georges, tout le monde en a au moins un dans sa famille ou dans son entourage. Ce que Georges cache dans sa botte secrète c’est sa tendance artiste. Il aime s’occuper de sa maison sans être maniaque pour autant. Rien ne lui fait plus plaisir que de repeindre un petit muret pour en faire une œuvre digne de Picasso (ou du moins y aspire t-il en secret). Rien n’est plus palpitant pour lui que de s’occuper de son petit jardin, son Eden : Parler aux plantes, c’est son domaine et en plus elles le lui rendent bien. Comment ne pas sourire à la pensée de Georges fier comme un paon lorsqu’un ami lui lance à la cantonade : « Toi, au moins tu as la main verte ». Alors, oui Georges est un artiste caché, un romantique dans l’âme qui se soucie peu des rouages mécano-pompeux de sa voiture. Lorsque ses amis le charrient sur la côte en pente douce de l’argus de sa voiture, celui-ci ne relève pas et on dira une fois de plus de lui : « Ce Georges, quelle discrétion ! ».  

Mais au-delà de toutes ses passions artistiques, Georges a une chose à laquelle il voue une véritable passion dans sa vie, à la limite du sacerdoce, cette passion, c’est ELLE, sa fille unique, adulée et adorée. Georges fût à l’époque ce que l’on pourrait qualifier un « vieux papa ». A l’heure où certains étaient quasiment grand-père, contre toute attente et pour sa plus grande joie, il est devenu papa. Il est devenu ce coq-poule dont je comptais vous parler. Bien sûr, pour bien cerner son personnage, je ne pouvais éviter quelques digressions sur son statut d’époux avant celui de père.  Alors pourquoi coq-poule ?

Georges est le benjamin d’une grande famille de sept enfants. Lui, le petit dernier, chouchouté tel un poulain promis aux plus grandes courses hippiques, il est devenu « gaga » de sa fille. Mais sa fille a grandi. Lui, l’homme si protecteur, le grand sentimental de la nature, a su se transformer en coq lorsqu’un paon lorgnait sur sa protégée. Envers celui qui avait les faveurs de sa fille, il ne pouvait rester objectif et le trouvait toujours trop grand, trop barbu, trop brun, trop maniaque, trop paresseux, bref toujours « trop » et jamais « assez ». Lui, le vrai gentil, toujours posé et magnanime, ne pouvait s’y résoudre,  s’en était « trop » pour lui. Sa fille chérie méritait le « must ». Alors, avant de le trouver, sa fille adorée a du sortir, beaucoup sortir, et Georges s’est souvent retrouvé à deux heures du matin écumant les rues de sa ville pour aller récupérer sa protégée à la sortie des boîtes « hype » de la capitale. Prendre un taxi ? Bien trop risqué pour sa petite chérie. Alors plutôt que de tourner en rond dans son lit et de réveiller Martine toutes les cinq minutes, il préférait se déplacer et aller directement la chercher : Jusqu’à passer pour un vieux pervers à la sortie d’une boîte où lui et un autre papa poule se sont vus refuser l’entrée par un videur au doux son d’un méprisant « Messieurs, ce n’est pas le genre de boîte pour vous ! ». Le coq-poule, a ravalé sa timidité et s’est éloigné tout penaud pour attendre sa fille un peu plus loin.

 Un appel en pleine journée ou même en pleine nuit et il rappliquait tel David Hasselhof  dans K2000 au volant de sa voiture « tunée ». Alors, c’est sûr, devant ses copains (tout autant papa gâteau que lui) il faisait le fort, clamant haut et fort : «  Moi, ma fille, elle ne sortira pas avant sa majorité ». Mais ni lui ni eux n’y croyaient. A l’image de Claude Brasseur jouant le rôle du père de Vic (Sophie Marceau) dans « La Boum », Georges est capable de tous les excès pour sa fille chérie, il incarne bien le papa moderne dans toute sa splendeur.

Dans l’histoire Antique, comment ne pas songer au pendant féminin du complexe d’Œdipe : le non moins célèbre complexe d’Electre. Agamemnon, grande figure du héros grec, fils de roi, grand guerrier et surtout père de trois filles Iphigénie, Chrysothémis et surtout Electre dont il était complètement accro et qui l’adulait en retour.

Si l’on pousse l’Histoire à l’excès, songeons à la légende de la ville d’YS. Le roi Gradlon, roi de Cornouailles, marin hors pair se marie un jour avec la belle et rousse Reine du Nord, Malgven. Malgven et Gradlon ont une fille aux longs cheveux blonds, Dahut. A la mort de sa femme, Gradlon élève seul sa fille et céde à tous ses caprices. Un jour Dahut lui demande de construire une ville au bord de la mer afin de se trouver un mari, ce qu’il fait. Gradlon a seul les clés de cette ville et refuse que quiconque ne pénètre à l’intérieur une fois la nuit tombée. Dahut , rebelle dans l’âme passe un pacte avec l’Océan et demande que tous les jours elle puisse avoir un nouveau fiancé envoyé par la mer et qu’elle rendrait à l’Océan une fois l’aurore arrivée. L’un des marins voulu un jour avoir la clé de la ville afin de venir la retrouver plus souvent. Ce petit manège fut découvert par Gradlon, qui, dans un accès de colère et de jalousie, jeta sa fille à la mer en pleine tempête. 

Sans tomber dans des excès de ce genre, fort heureusement notre coq-poule surprotège sa fille, son bien le plus précieux, on est loin du temps où une simple dot généreuse suffisait à laisser un père voir sa fille voguer vers de nouveaux horizons. Ainsi, une question demeure en suspens, les codes ont-ils vraiment changé ?

Charlotte

11 août 2012

L’apprenant incompris

Publié par lescodesontchange dans Non classé

On a tous dans son entourage proche un ami ou un parent qui n’a jamais quitté l’école … non pas qu’il soit entré dans le livre des records pour avoir passé 8 ans au collège et 6 au lycée, il est tout simplement professeur. Penchons – nous donc sur ce personnage atypique, sujet à moquerie, mais souvent assez peu compris.

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Guillaume, c’est notre voisin du dessous. Je me souviens lorsqu’il a aménagé dans la résidence, son camion regorgeait de cartons bourrés de livres. « Encore un bobo intello » m’étais-je dit avant d’aller quand même saluer poliment le nouveau venu.

Les mois ont passé et je me rendais compte que ce sympathique voisin, avec qui je parlais des résultats du foot dans l’ascenseur, me disait sans cesse « La semaine prochaine, je pars en congé quelques jours en Bretagne. Ca ne vous dérange pas de regarder mon courrier ? ». Mais que pouvait-il faire pour mériter autant de jours de vacances dans l’année ? Pas encore trentenaire, il comptabilisait surement plus de jour de vacances que notre vieux concierge proche de la retraite.

Ma réponse, je l’ai eu dans son courrier : lettre d’une célèbre mutuelle de prof, magazine d’un syndicat de l’Education Nationale et tract pour une manifestation nationale au mois d’avril se mêlaient aux factures classiques et autres réclames publicitaires.

C’était donc un prof ! Je décidais d’inviter le phénomène à l’apéritif pour pouvoir l’étudier de plus près, et surtout essayer de percevoir l’envers du décor de ce métier qui traumatise des générations entières depuis la nuit des temps.

D’ailleurs, qui a vraiment inventé l’école ? Ce n’est pas ce sacré Charlemagne comme l’expliquait sur un ton enjoué la gentille France Gall. Ce grand empereur pensait que l’instruction religieuse était d’une importance primordiale pour ses jeunes sujets. En 789, il demanda donc aux prêtres et aux évêques de créer des écoles pour que tous les enfants puissent apprendre à compter, à chanter et à lire les saintes écritures. L’invention de l’enseignement remonterait (d’après les dernières sources) à l’époque égyptienne, 3000 ans avant notre ère, où il semble que des lieux d’enseignement de l’écriture et des sciences aient existé. Toutefois, à cette époque, l’éducation n’était pas accessible à tous. Si Charlemagne n’est pas « l’inventeur » de l’école, il aura au moins contribué à rendre l’enseignement accessible au plus grand nombre.

La fameuse soirée arrive : A peine assis et cela malgré les menaces préalables de Charlotte, je lance la première offensive en lui demandant ce qui l’a motivé à faire ce boulot. Sa réponse, bien que longue et bien argumentée me remet un peu à ma place … Il explique calmement que son métier est une vraie vocation, qu’il a l’impression d’apporter beaucoup aux élèves. Il est conscient de ne pas être le professeur parfait mais s‘investit à fond. Quand je lui rétorque que tous les professeurs n’ont pas sa conscience professionnelle, il me répond sans réfléchir que même s’ils n’ont pas de résultats à présenter ou d’objectifs à atteindre comme dans le secteur privé, ils sont quand même évaluer et ont un avancement de carrière en partie au mérite. Il ajoute aussi : « Et puis, c’est pas pareil, on s’occupe pas d’un objet, on gère de l’humain, avec tout ce qui peut contenir en émotions, en expressions, … ».

Un peu gêné par cette réponse pleine de bons sentiments, je lui propose de la tapenade et des toasts avant de réenclencher mon offensive sur le sujet des vacances scolaires : « C’est quand même sympa d’avoir des vacances aussi longues tout au long de l’année ! ». Il sourit alors et repose son verre. Il prend une grande inspiration et me rétorque qu’il en a assez que les gens ne voient que cet aspect du métier : « Vous êtes prof ? Vous avez de la chance, vous êtes sans cesse en vacances ». Mais il m’apprend alors que pendant ces vacances, il s’avance pour sa rentrée, il prépare et actualise ses leçons, il réfléchit à de nouveaux projets. Mais surtout il m’explique que les profs sont payés sur dix mois car ils ne perçoivent rien pendant les deux mois des vacances d’été. Il finit en disant : « De toutes manières, c’est bien beau d’avoir deux mois de vacances, mais si tu n’as pas l’argent pour en profiter, parfois c’est un peu long … Moi, heureusement que j’ai mes parents en Bretagne … ». Là, j’avoue que je ne sais pas trop quoi répondre et je me sens un peu honteux d’avoir tant de fois vilipendé ces hommes en noir, résurgence moderne des hussards de la République, qui défilaient dans la rue en bloquant la circulation et les transports en commun.

« En plus, ajoute-t-il, même hors des vacances scolaires, les gens ont l’impression qu’on vit des semaines tranquilles parce qu’on fait dix-huit heures par semaine ! ». Là, j’avoue que je jette un regard complice vers Charlotte qui pense comme moi que c’est franchement pas beaucoup. En plus, il commence à me prendre de court sur les questions que je comptais poser. Mais quand il explique que ce sont dix-huit heures de cours devant les élèves et qu’une heure de cours équivaut à une heure de préparation – correction, je saisis un peu mieux la pensée du législateur qui a réactualisé le statut d’enseignant « récemment » en 1950. « Il faut pas croire que l’on fait juste dix-huit heures : entre les documents à chercher, les cours à préparer, les corrections, les réunions d’équipe, les réunions avec les parents, les convocations d’élèves absents ou indisciplinés, tu peux faire le compte, on est bien au-delà des trente-cinq heures ! ».

Je préfère ne pas me lancer pour ce soir dans des comptes horaires pour ne pas froisser mon invité, mais je lui avoue toute mon admiration pour le courage qu’il doit développer pour faire face à des meutes de jeunes sans foi ni loi … En effet, il travaille dans une banlieue difficile de la ville depuis six ans. Mais là encore il coupe court : « Tu sais, il faut arrêter de diaboliser les quartiers sensibles. Certes, ce n’est pas facile tous les jours, mais les gamins sont vraiment attachants. Même le plus turbulent d’entre eux, il a forcément un bon fond ! Ces gamins sont dans des familles où les parents sont souvent dépassés et c’est à nous, qui connaissons le système, de les mener à bien vers un projet universitaire ou professionnel ».

A deux doigts de verser une larme face à ce si beau discours (oui je sais j’en rajoute mais c’est vrai que c’est beau !), je me lève pour serrer la main de notre convive qui doit rentrer pour finir de corriger des copies. En le raccompagnant à la porte, je lui demande s’il vit seul. Il me répond qu’il n’a pas encore trouvé une compagne qui accepte un mari qui travaille encore après le boulot !

Je repense alors à cette soirée instructive et aux nombreuses anecdotes lancées par Guillaume sur des conflits avec des élèves ou des parents ou sur la passion contagieuse de son métier. Et là, en allumant la télévision, je tombe sur l’adaptation récente de « La guerre des boutons » … Le maître respecté, la belle écriture sur le tableau noir, les élèves en rang, les parents admiratifs de la blouse noire. J’imagine alors Guillaume dans sa classe, téméraire et motivé, devant un public blasé et peu intéressé … Les codes ont-ils vraiment changé ?

César

7 août 2012

La quadra inassouvie

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Lundi matin, 9H30, alors que je tente de profiter de ma grasse matinée, je reçois un coup de fil. C ‘est Laurence, mon amie d’enfance (enfin à la base une amie de ma cousine avec qui je suis très proche), qui vient une fois de plus de se faire larguer. Laurence, belle quadragénaire, brune piquante aux yeux bleus, n’en est pas à son coup d’essai. Des déceptions et des ruptures dans sa vie, elle en a eut pléiade. Des hommes, elle en a eut … et pas qu’une poignée. Alors, pourquoi cette crise de larme au bout du fil ?

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Cette fois-ci, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Elle n’en peut plus : Didier, son dernier prétendant en date a fuit comme tous les autres. Mais pourquoi l’a t-il quitté lui aussi ? Est-ce à cause de son absence de dons pour le domaine culinaire,  de son appétit à l’inverse pour les fringues, de son caractère de femme forte jamais prête à baisser la garde, de son enclin maladif au pessimisme ?

 Alors, à l’aube de ses 46 ans, Laurence cherche à comprendre. Elle veut des réponses à ce célibat perpétuel. Certes, depuis l’âge de 17 – 18 ans, elle n’a, pour ainsi dire jamais été seule : les Pierre, Paul, Jacques, Luc et autres se sont succédés dans son cœur et par conséquence dans son lit. Mais pourquoi cette volonté commune et quasi systématique de ne pas pérenniser leurs histoires avec notre quadra inassouvie ?

Evidemment, sûre d’elle, ou du moins de son sex-appeal, Laurence a collectionné les aventures extraconjugales au sein de ses nombreuses histoires. De nombreux maris soi-disant « fidèles » ont failli dans ses filets de redoutable prédatrice. Que penser, de sa dernière proie en date ? Charles, tout juste trentenaire, marié, père d’une fillette de 5 ans qui semblait vouloir tout quitter pour Laurence. Qui, tout en l’emmenant en voyage au bout du monde et la couvrant de bijoux, n’a pas su, lui non plus, lui donner l’essentiel … Une histoire sérieuse ! Une histoire pour y croire et ne pas être cantonnée au rôle de maîtresse qu’elle endosse si souvent. Laurence est tombée éperdument amoureuse de Charles.

Pour lui, cette femme libre qui a toujours refusé d’avoir des enfants et de se marier, se voyait déjà en robe blanche au bout d’une allée remplie de lys. Elle commençait même à évoquer une possible maternité tardive. Notre quadra inassouvie, inconsciemment toujours à la recherche d’une nouvelle proie, avait pour une fois, ouvert son cœur en laissant tomber la barrière de retenue qui l’habite. Elle avait envie de se ranger, de se caser, mais en jetant son dévolu sur un lion encore plus sauvage et indomptable qu’elle, elle ne faisait pas le poids.

L’étincelle de passion des débuts a rapidement cédé la place à des larmes et de l’amertume. Laurence, aurait pu, une nouvelle fois rester la maîtresse en retrait, ne partageant avec lui que quelques bons moments, mais elle s’attachait trop. Notre prédateur, pris de panique, a préféré fuir, cédant à la tentation de la phrase bateau que toute femme redoute d’entendre «  je ne peux pas quitter ma femme, j’aime trop ma fille et elle m’en retirerai la garde, alors je préfère que l’on en reste là… ». Quelle belle preuve de témérité …

Et notre belle Laurence est restée une nouvelle fois sur le quai, préférant attendre son retour, croire aux promesses irréelles «  tu es la femme de ma vie, nous recommencerons notre histoire lorsque ma fille sera plus grande et que je pourrai enfin quitter ma femme … ». Elle y a cru, ou du moins, elle a voulu y croire tout de même encore. Que de dimanches passés à attendre ce coup de fil incertain qui n’arrivera jamais. Que de larmes versées à la pensée de ce qu’aurait pu être leur histoire si Charles ne fût pas marié et père de famille. Que reste t-il de leurs voyage à Ibiza, en Andalousie, aux confins de l’Amérique centrale ? Laurence ne peut que se lamenter sur sa belle parure de cristaux tyroliens, offerte comme une promesse d’avenir, au retour de l’un de leurs séjours.

Alors les codes ont-ils vraiment changé ? Les femmes n’ont–elles pas du, de tout temps endosser ce rôle discret mais tenace de maîtresse ? Comment ne pas évoquer Cléopâtre, belle et talentueuse reine d’Egypte qui ayant mis le monde à ses pieds, n’était qu’un jouet aux mains des hommes qui ont traversé sa vie ? Celle que l’on surnommait dès le 1er siècle av JC : Cheilon («grosses lèvres») grâce à ses prouesses buccales sur une centaine d’hommes de garde, ne devenait qu’une poupée ballotée entre son amour pour Jules César et sa passion destructrice pour Marc Antoine. Elle dirigeait le monde d’une main de fer, se servait de son corps comme d’un objet capable de remotiver une armée entière mais avait un cœur de midinette et rêvait en secret au grand amour.

Alors, à l’heure du bilan, notre quadra inassouvie peut-elle espérer de nouveau rencontrer l’amour, celui qui fera faire palpiter son cœur, lui donner des frissons au corps et à l’âme ? La femme libre, qui se réclame assoiffée de liberté peut-elle vraiment accepter l’amour et le joug de son amant ? Une question demeure donc en suspens … les codes ont-ils vraiment changé ? 

 Charlotte

 

 

26 juillet 2012

La mémé renaissante

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez-vous jamais eu dans votre entourage cette dame qui pourrait être votre grand-mère et qui fait les 400 coups alors que vous avez du mal, vous, à vous motiver pour sortir après le boulot ?

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Cette mémé renaissante (je reconnais que le terme « mémé » peut avoir un côté péjoratif, mais je n’ai pas trouvé une autre formulation) a entre 70 et 85 ans. Elle peut être une voisine de pallier, une voisine de chez vos parents qui vous a toujours connu, ou elle peut tout simplement être votre grand-mère … Nous l’appellerons pour le bien de notre récit : Nina.

Nina donc, a une belle et longue vie. Elle a des enfants, des petits-enfants, voir même des arrières petits-enfants. Le seul souci est qu’elle a passé la plupart de son existence dans l’ombre de son mari : attention, n’allez pas imaginer que son mari ait été mauvais homme ou méchant avec elle. Non, il était tout simplement gentil et très apprécié de tous. Vous savez, ce monsieur qui rendait toujours service, qui avait toujours le petit mot gentil quand il vous croisait, qui avait un métier extraordinaire avec des anecdotes aussi passionnantes que longues. Et du coup, la pauvre Nina, mère au foyer discrète et aimante, passait au second voir au troisième plan derrière cet homme qui occupait sans le vouloir le devant de la scène. Elle a toujours été présente pour ses enfants quand son mari, très souvent absent, parcourait le monde entier. Ses petits-enfants et voisins n’ont d’ailleurs que peu de souvenirs d’elle, du vivant de son mari : « Ah oui, la dame qui allait chercher le courrier et qui remontait vite chez elle », ou « La dame qui lavait souvent les carreaux de chez elle et qui trouvait que les gens ne respectent pas les parties communes de l’immeuble » ou encore « Mamy, elle fait que le ménage à la maison, mais elle cuisine troooop bien ! ».

C’est lors du décès de son regretté mari que Nina s’est révélée. Certes, elle n’a pas remplacé son homme et reste toujours aussi discrète. Lors de cette étape difficile, ses enfants l’ont beaucoup entouré, l’ont aidé à débarrasser les vieilles affaires et l’ont même aidé à reprendre confiance au volant d’une voiture pour rester autonome. Mais, petit à petit ils sont retournés inévitablement vers leur vie …

C’est à ce moment que sa vision de la vie a changé : ses enfants étant partis depuis longtemps de la maison et ses petits-enfants ne venant que pour les vacances scolaires, il a fallu qu’elle s’occupe différemment : en s’inscrivant dans un club de bridge où elle ne retournera plus car les gens y sont trop vieux selon elle … en adhérant à une association qui propose une fois par mois de rendre visite à des personnes malades et isolées à l’hôpital … en confectionnant des tartes pour la crèche municipale voisine qui manque de générosité et d’investissement … bref, en donnant de son nouveau temps libre pour les autres.

Mais, les autres ne vont plus être le seul point d’orgue de sa vie : elle va aussi s’occuper d’elle. Elle s’inscrit dans un club de randonnée où elle rencontre d’autres mamies comme elle dont les maris ne sont plus là aussi. Avec ses nouvelles comparses, elle va partir faire des voyages et découvrir des contrées qu’elle ne voyait que sur « Thalassa » ou « Des racines et des ailes » … On la voit ainsi venir sonner à la porte un  matin, en portant ses clés de maison et en nous demandant de bien vouloir arroser ses plantes car elle part deux semaines au Mexique. En même temps, on se voit mal lui refuser car nous lui demandons la même chose lors de nos congés … Mais quand même, le Mexique ! Elle n’a pourtant pas gagné au loto, mais elle part hors période scolaire et réserve dans de petites agences spécialisées dans la gestion du troisième âge : transport en car ultra climatisé, arrêt dans tous les sites  » carte postale  » et dans leurs boutiques  » attrape – touristes « , dîner dans des hôtels tout confort avec à la clé chanteur des années 60 qui a besoin d’arrondir ses fins de mois.

Notre Nina subit donc une véritable renaissance. Mais arrêtons nous quelques instants sur ce thème de la « Renaissance » et sa place dans l’histoire. Tout le monde connait la période de la Renaissance, souvent associé à l’humanisme et aux artistes comme Michel-Ange, Boticelli ou Raphaël. Mais la Renaissance est avant tout une période qui suit celle du Moyen-Age, qui elle même suit l’époque de l’Antiquité. Pour les historiens, l’Antiquité est considérée comme une période noble où les arts et les lettres ont excellés. Par contre, le Moyen-Age est une époque sombre prise sous le joug de l’Eglise et de la religion et entachée de nombreux malheurs : guerres, pillages, pestes, famines. Forcément, la Renaissance, qui vient après le douloureux Moyen-Age, fait figure de bon élève puisque les gens recommencent à s’intéresser aux arts, aux sciences et aux lettres qui avaient été délaissés lors de la période précédente. L’humaniste Erasme résume bien le passage d’une époque à l’autre :   » Le monde se ressaisit comme s’il se réveillait d’un long sommeil (après le Moyen-Age … ndlr). Pourtant, il y a encore certains gens (les gens de l’Eglise … ndlr) qui se cramponnent à leur ancienne ignorance. Ils redoutent que si les bonnes lettres renaissent, il ne soit démontré qu’ils ne savaient  rien (référence aux nouvelles connaissances apportées par les humanistes … ndlr). »

Nina profite donc à fond de sa nouvelle vie et tous nos amis sont restés stoïques en découvrant cette octogénaire, dansant jusqu’à la fin de la nuit, lors d’un mariage récent. Quand quelqu’un lui a demandé si elle voulait se reposer, elle lui a rétorqué avant de repartir sur une musique de David Guetta qu’elle n’avait jamais entendue : « Pourquoi ? C’est pas tous les jours qu’on marie son petit-fils ! Allez vous reposez, vous, si vous êtes fatigués ! ».

Elle refuse d’entendre parler d’aide ménagère ou de maison de retraite : sa maison, elle ne veut jamais la quitter et reste persuadée de pouvoir s’en occuper jusqu’au bout. Alors, même si sur l’échelle de la vie, Nina avance inévitablement mais seule, n’est-il jamais trop tard pour profiter d’une existence trop courte et remplie d’impératifs et de contraintes? La question reste posée à côté de celle qui nous intéresse encore plus : les codes ont-ils vraiment changé ? 

 César

 

19 juillet 2012

La louve libérée

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais connu dans sa vie de copine qui, telle la chanson de Goldman, clame haut et fort qu’ « elle a fait un bébé toute seule » ?

La louve libérée Capture-d’écran-2012-07-19-à-13.16.54-300x198

Clarisse, jolie maman célibataire, pré-trentenaire est l’exemple typique de la louve libérée.

Notre louve libérée a connu peu d’hommes dans sa vie. Malgré quelques amourettes, le papa de sa fille a été son premier grand amour. Un amour fulgurant à ses débuts, des promesses d’avenir, des «  nous voulons au moins 5 enfants… », et puis du jour au lendemain tout s’écroule. Le beau rêve vire au cauchemar, la vie rêvée n’en est plus, la petite grandit et le couple s’éloigne.

Alors que fait Clarisse ? Au lieu de se raccrocher à ce qu’il reste de bon dans cette relation, elle s’éloigne, entrainant avec elle sa fille, éloignant volontairement le papa qui est devenu pour elle non rien de moins qu’un simple géniteur.  Ce géniteur, devient la figure même de l’antéchrist, bouffon, manipulateur, procédurier, capable de lancer «  ta gamine c’est toi qui l’a voulue » dès que Clarisse daigne lui réclamer des comptes sur leurs moments de gardes.

Clarisse n’hésite d’ailleurs pas à nous le dépeindre sous son vrai jour (du moins ce qu’elle en ressent), violent, colérique, compagnon pitoyable mais pourtant père très aimant avec leur fille, « la prunelle de ses yeux ».

Notre louve libérée s’émancipe enfin. Elle revit après ces années de concubinage, cette pause « layette, couche et kilos en trop ». Elle peut de nouveau vivre, sortir, profiter de sa jeunesse, ne pas se cantonner à son rôle de mère louve. Bref elle peut enfin s’ouvrir à la vie.  

Dès que l’occasion se présente, elle ne rate aucune occasion de pouvoir retrouver la fougue de ses 18 ans :  les soirées un peu trop alcoolisées, les rencontres d’un soir, l’attente de textos qui ne viendront peut être pas, l’adrénaline à l’approche d’un rendez vous avec ce beau blond rencontré à cette soirée où elle ne voulait pas aller, les minaudages  du style : « Ah oui, tu as vraiment fait fort sur ce coup Hugo » qui fleurent bon un « revival » d’adolescence énamourée.

Notre louve aime intensément sa fille mais ressent parfois ce besoin intrinsèque de retrouver cette insouciance de femme sans entrave. Ce que Clarisse redoute le plus c’est le moment épineux où après une superbe soirée passée avec un inconnu (qu’elle aimerait qu’il ne demeure pas juste un simple inconnu), la phrase fatidique tombe « au fait, j’ai un enfant ». Et là, malheureusement pour elle, le valeureux prétendant si fier et brave, encore quelques heures avant le rendez vous, pavanant devant les machines à torture des salles de musculation, se rétracte, se ferme, telle une huitre dans sa coquille et lance un courageux « je te rappelle » qui laisse présager la suite de cette histoire sans lendemain …

Notre louve libérée tout en clamant sa soif de liberté, et sa joie d’élever seule sa fille ne ressent-elle pas un manque ? Mais que cherche t-elle vraiment ?  Un mari prévenant ? Un amant vigoureux ? Un père de substitution ? Un homme pour rattraper les illusions perdues de la famille idéalisée ? Un subtil mélange de tout cela peut être ?

Clarisse, peut être comparée à ces reines régentes du temps des Lumières qui ont su s’extraire du pouvoir, pourtant absolu de leurs époux, pour se faire une place au soleil. Notre louve se rapproche de Christine de Pisan, philosophe et poétesse du XIVème siècle qui a très probablement été la première femme à vivre de sa plume. Dans son ouvrage « Le livre des cent ballades », celle qui s’est retrouvée veuve à 26 ans avec trois enfants et sans aucun soutien, revient sur sa situation de femme isolée devant subvenir seule aux besoins de sa famille.

Alors, à sept siècles d’écart, les codes ont-ils vraiment changé ?  A ce moment précis, Clarisse regrette peut être de ne pas être née au XIVème siècle, à cette époque où les hommes n‘étaient pas courageux et fiers uniquement sur le champ de bataille mais avaient le courage d’assumer leurs actes qu’ils soient d’ordres professionnels ou privés. Pour elle, l’image du couple est un lointain souvenir qui ne redeviendra possible le jour où elle réussira à définir réellement ce qu’elle attend d’un homme. Alors, ce « j’ai fais un bébé toute seule » pourra se transformer en « nous élevons mon enfant ». Mais les codes n’auront-ils quand même pas changé ?

Charlotte

17 juillet 2012

La sangsue dépressive

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais eu dans votre entourage ce garçon ou cette fille assez mal dans ses baskets, mais qui veut prouver à tout le monde le contraire, et dont vous avez l’impression qu’elle ne vit que dans votre ombre ?

La sangsue dépressive, comme on l’a dit auparavant se décline aussi bien en homme qu’en femme. Néanmoins, pour le bien de l’histoire et pour une meilleure compréhension de l’analyse, nous choisirons de la présenter au féminin sous le diminutif de Suzy.

La sangsue dépressive Capture-d’écran-2012-07-17-à-09.04.16-300x221

Suzy, donc, a une histoire familiale plutôt lourde : c’est d’ailleurs ça qui nous a rapproché d’elle. Non pas que l’on ait forcément une histoire familiale semblable, mais disons que l’on est sensible au fait que tout le monde n’a pas eu la même chance que nous … Bref, on la voit encore à cette terrasse de café en train de nous raconter comment son père et sa mère se tapaient devant elle, ou comment elle a appris que sa grand-mère maternelle partageait plus qu’une simple Heineken avec les Allemands dans les années 1940. Au-delà de ces histoires difficiles à vérifier, la pauvre Suzy a une propension effarante à attirer les ennuis : c’est elle qui s’est fait virer de chez elle à ses 18 ans, car ses propres parents ne la supportaient plus ; c’est elle qui va se faire agresser à la sortie d’un concert au Stade de France alors que 50 000 personnes traversent  les environs pour rejoindre le RER ; c’est encore elle qui va se prendre un contrôle fiscal alors qu’elle est encore stagiaire en entreprise.

Une histoire lourde donc, ou plutôt des histoires lourdes qui ont fini par apitoyer la plupart des personnes de son entourage. Ainsi, fleurissent les éternelles remarques comme « La pauvre … » ; « peuchère … » (si elle nous vient du Sud) ; « c’est pas de sa faute tu sais … » ; … Mais bon, progressivement et au fil des histoires qui deviennent de plus en plus farfelues ou incohérentes, la plupart de nos proches commencent à tourner en dérisions ses dires, pour ceux qui les écoutent encore. Mais nous, notre problème, c’est qu’elle nous fait tellement de peine, que l’on continue à écouter religieusement ses contes incongrus où la trame devient de plus en plus soporifique et improbable : « Le chauffeur du taxi n’a pas aimé que je le remette en place et du coup il est sorti et il m’a frappé devant une foule de badauds sans que personne ne réagisse … Mais ne t’inquiète pas un procès va avoir lieu … » ; ou encore « Je me lance dans une super affaire financière. Là, pour le moment ça ne rapporte rien, mais j’ai calculé que dans quelques mois je pourrais m’acheter une BMW ! » ; sans oublier : « Ca y est, j’ai réussi ma troisième tentative de passage en Licence … Bon je passe quand même quelques rattrapages à la rentrée, mais on peut déjà fêter ça ! ». Comme nous sommes bon public mais pas crédules non plus, on comprend vite que notre sangsue dépressive sombre dans une mythomanie aggravée. Mais rien de grave rassurez-vous, c’est un des autres traits de la pauvre Suzy qui à force de raconter ses histoires familiales que tout le monde connaît doit bien trouver de nouvelles choses pour capter un auditoire de plus en plus sceptique.

Là où notre sangsue dépressive fait fort, c’est qu’elle ne se limite pas à nous. Elle vampirise aussi notre famille proche. Eh oui, nous l’avons invité plusieurs fois à nos anniversaires d’adolescent et, du coup, nos parents ont aussi côtoyé le phénomène. Avec eux, d’ailleurs, elle se montre toujours sous un autre jour : Alors que cinq minutes avant, elle était au bord du gouffre en train de se lamenter sur le cours de sa vie, devant votre famille, elle affiche un large sourire digne de la montée des marches à Cannes, parle avec une voix forte et assurée et va même jusqu’à envoyer une vanne sur notre récent échec à un entretien d’embauche …

Mais bon tout cela masque une vérité. Suzy est mal dans sa peau. Elle a toujours vécu dans notre ombre et pour cela elle nous en veut à mort (sans le savoir forcément d’ailleurs). Et pourtant, souvenons-nous : C’est elle la seule qui ne souriait pas le jour des résultats du bac quand on a eu une mention. Bon ok, elle l’a eu au rattrapage son bac, mais elle l’a eu quand même, non ? C’est elle, qui achetait les mêmes fringues que nous (enfin ceux de Charlotte surtout !) mais balançait une vanne parce qu’elle, ses parents ne lui donnaient que très peu d’argent de poche. C’est elle aussi qui le jour de notre mariage tirait une tête qu’on aurait dit qu’on venait de lui annoncer qu’elle était condamnée. Pourtant, la brave Suzy pourrait se contenter de ce qu’elle a aujourd’hui : un métier certes pas passionnant, un mari ou un copain hyper prévenant et à l’écoute … Mais sur qui elle va venir confier des défauts insoupçonnables autant sur ses pratiques sexuelles surprenantes que sur ses origines supposées.

Alors, que nous apprend l’histoire sur le cas de la sangsue dépressive ? Assez peu en fait si ce n’est que c’est ce genre de personnage a toujours existé dans l’ombre des plus grands, des plus célèbres, dans des rôles toujours douteux du conseiller médiocre à l’amant d’un soir. On se souvient ainsi de l’influence de célèbres individus comme Raspoutine très (trop) proche du couple impérial russe. Arrivé sans le moindre sou à Saint Petersburg, il va s’infiltrer progressivement auprès de  la Tsarine, puis du Tsar et devenir un des personnages les plus écoutés et les plus énigmatiques de l’histoire du pays.

Et lors de nos retrouvailles, que l’on espace de plus en plus, elle ne peut s’empêcher de rappeler quelle chance nous avons eu dans notre vie, qu’elle a vécu une histoire terrible … Bref, la tirade habituelle.

C’est d’ailleurs là que le plus souvent, on se décide à prendre un traitement contre la sangsue dépressive. Nous nous sommes enfin résolus à comprendre que sa présence nous apporte peu, que des organismes et des professionnels existent pour traiter sa (ses) pathologie(s), que ses remarques acerbes sur notre réussite ne sont absolument plus compatibles avec la notion d’amitié (pour peu que cette amitié n’est pas été seulement une grande pitié … ). On se décide alors à lui dire ses quatre vérités un beau matin et à couper les ponts. C’est sur, pendant quelques temps (voir longtemps), la sangsue dépressive va essayer de rattraper cette proie facile que nous étions en se confiant à nos amis proches qui feindront de ne pas en savoir plus. Suzy va se tourner vers une nouvelle amie à qui elle va pouvoir raconter tous ses contes …

Mais l’essentiel est là, notre vie reprend normalement son cours même si la question reste posée : nous avons réussi à passer le mistigri à un voisin, mais les codes ont-ils vraiment changé ?

César

16 juillet 2012

L’amazone timorée

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais connu dans son entourage de fille célibataire, ancrée dans son célibat et fière de son statut ? 

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Mardi soir, César et moi étions invités à une soirée chez des amis communs. Lors de ces apéros-rosé, nous nous délectons à échanger sur nos bribes de vies, nos histoires passées, présentes et futures et sur des tirades enfiévrées sur la société actuelle. Ce mardi, notre couple d’amis avait invité l’une de ces amazones timorées sur qui nous allons mettre notre récit en mode PAUSE.

Caroline, tout juste trentenaire, jolie rousse piquante à l’oeil vif et aguicheur, porte une robe corail et des sandales dorées qui tranchent avec ses pieds bronzés et parfaitement manucurés du dernier vernis Dior couleur corail. Dans sa gestuelle, on voit déjà que Caroline aime plaire mais a peur du contact direct. Elle scrute les autres invités de la soirée à l’affût d’un sourire en coin, d’un regard volé, de l’esquisse d’une moue boudeuse. Caroline, contrairement à Bérengère, celle que nous nommerons la chienne refoulée (dont je disserterai lors d’un autre post) n’est pas exhubérante, elle est discrète, rentre dans le jeu de la séduction mais de façon subtile et déguisée.  

Caroline, est souvent accompagnée d’une autre amazone, tout autant célibattante qu’elle, afin de canaliser cette timidité enfouie. Pourquoi célibattante ?

Notre amazone timorée est une jolie fille, elle a un boulot chiant qui lui permet simplement de pouvoir renflouer son compte en banque en fin de mois pour s’acheter les derniers vêtements à la mode de chez Zadig, ou pour les fins de mois très difficiles, de chez Zara. Caroline aime fumer. Du soir au matin elle fume. Sa cigarette, c’est un peu la carapace derrière laquelle elle se cache. En soirée, sa « clope » lui permet de s’ouvrir aux autres, d’aller quémander un briquet à une potentielle conquête ou simplement d’avoir une contenance dans une soirée où elle se sent souvent mal à l’aise.  Caroline, après quelques verres de Bandol commence à se dérider. Elle est célibataire depuis peu et clame à qui veut l’entendre que le célibat est la panacée, que le célibat lui a fait pousser des ailes et la fait sortir de son cocon. Elle aime vanter les mérites de ces fameuses soirées filles, où rosé et kir framboise coulent à flots dans des lieux atypiques qui fleurent bon la jet set « boboisante » de sa ville. Ces soirées où les hommes doivent avoir des bourdonnements aux oreilles tant leur présence physique non désirée est contre-balancée par leur présence, oh combien, virtuelle. Ces soirées où fleurissent les « les hommes sont tous des c… »bip » et où même le plus charmant des hommes passerait pour une bête sauvage simplement assoifée de sexe et de conquêtes.

Qui n’a jamais connu de Caroline, bourrée à deux heures du matin, qui se lamente sur les hommes qui n’en sont plus, qui n’ont plus ni le courage de draguer, ni celui d’assumer leurs actes une fois l’Acte passé, encore moins celui de s’engager ?Qui n’a jamais connu d’amazone fébrile à l’idée d’un premier rendez-vous qui sera simplement le premier du mois en cours et juste le prémice aux quinze suivants avec des bruns, blonds, roux, châtains de divers horizons ? Qui n’a jamais du consoler une Caroline, dont le mascara YSL coule à la pensée de ses ex, pouvant éventuellement se trouver de nouvelles conquêtes ? Qui n’a jamais connu de copine qui tout en s’extasiant devant  » Desperate housewives » rêve en secret au prince charmant, arrivant dans sa grande Ferrari rouge (ou peut être Aston Martin noire c’est moins bling bling quoi que …) avec un énorme sac de chez Din Vanh rempli de doux présents aux reflets diamantés ?

Alors l’amazone timorée célibattante est-elle au fond si différente de Pénélope qui attend sagement le retour de son bien-aimé, Ulysse ? Notre Caroline est-elle si proche d’une Olympe de Gouges, féministe et militant pour le doit des femmes au XVIIIéme siècle, féministe convaincue et exaltée par une réelle passion égalitaire ? Sous un aspect volontairement moderne et résolumment militant, l’amazone actuelle n’a t-elle pas ancrée au fond de son être les même codes sociaux que ses ainées qu’elle taxe de soumises et de rétrogrades ? Croit-elle vraiment que le célibat est un exemple de vie rêvée sans entraves ni contraintes ? La contrainte de devoir plaire à outrance, quitte à en perdre son identité (physique et morale) est-elle une idée conforme à ses idéaux de petite fille ? 

Durant la soirée, César écoute beaucoup, il note avec pertinence que les mots qu’il va pouvoir dire seront analysés, décortiqués et parfois mal interprétés. Alors, il se tait, il passe pour le bon confident quitte à en perdre son statut d’homme viril pour quelques heures pour se lancer dans des mélos digne des romans de Katherine Pancol. Il attend sagement son heure, en fin analyste et saura placer avec brio LA petite phrase qui fera mouche et qui rappellera à toutes ces amazones combien l’Homme peut aussi être subtil et plein de bon sens. 

Alors, des Carolines vous en avez surement connu des tonnes mais la question demeure en suspens … Les codes ont-ils vraiment changé ?

Charlotte

15 juillet 2012

L’inconnu sexuel

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez-vous jamais connu dans votre entourage une personne dont tous vos proches (et donc ses proches) savent pertinemment qu’elle est homosexuelle, mais qui ne l’avoue à personne ?

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Samedi soir, alors que toute la bande se rejoint, voilà que notre bon ami, l’inconnu sexuel, se pointe dans notre bar habituel du 1er arrondissement. Il ne porte pas de vêtements particuliers qui pourraient immédiatement le classer dans la catégorie « grande folle de la night » ou « princesse du carnaval de Rio ». Non, il porte des habits assez similaires à ce que je peux mettre, si ce n’est que ses fringues sont toujours bien repassées (bon en même temps c’est ma femme qui, à la maison, est la seule à avoir le courage de saisir ce dangereux objet que l’on appelle « fer à repasser »), il fleure toujours bon l’eau de parfum et passe son temps à blaguer avec toutes les filles du groupe dont ma femme …

Plutôt cultivé, ouvert à toutes les discussions et souvent dans un métier qu’il adore, c’est un personnage singulier qui rigole à toutes vos blagues (et pour ça on l’apprécie encore plus) et n’est jamais le dernier à partir quand il faut tout ranger après une grosse soirée à la maison (c’est son petit côté maniaque de vieux garçon). En boite de nuit, il est toujours partant pour aller danser au milieu de la piste avec toutes les filles du groupe pendant que les maris et compagnons sirotent leur alcool (en même temps, au prix où ça coûte !). Forcément, il ne vient jamais accompagné ou alors de la bonne copine de toujours qui sert de faire valoir. Par contre, dès qu’il s’agit, de parler de sa vie privée (ou même sexuelle), l’intéressé devient très évasif : il va passer son temps à vous sortir des phrases plus qu’énervantes car intrigantes comme : « Ce week-end, je pars avec mon ami(e ?) dans le Verdon ! » ; ou encore « Je monte à Bordeaux voir mon ami(e ?) Pascal(e). » ; pas mal celle là aussi : « Cet été, mon ami(e ?) et moi partons pour un tour de la Méditerranée » ; … 

Le personnage peut aussi bien se décliner au masculin qu’au féminin : dans le cas du féminin, on aura à l’esprit une fille plutôt sportive qui pratique de nombreuses activités dans plein de domaines différents et qui est très souvent entourée d’un groupe de filles toutes plus masculines les unes que les autres. Forcément l’esprit humain a vite fait de faire l’amalgame et de réduire cette pauvrette, passez moi l’expression à la « gouine de service ». Pourtant, dans nos souvenirs les plus lointains, on revoit cette amie au lycée fleurtant avec des garçons à la barbe naissante et à la voix nasillarde. Mais bon, jamais rien de sérieux si ce n’est ces quelques aventures qui ont laissé plus d’amertume que de bons souvenirs. Le questionnement sur l’orientation sexuelle de cette amie est là aussi tout à fait légitime surtout quand elle vous annonce une colocation à quatre filles dans un petit T3, ou quand elle ne peut plus se déplacer pour vous voir sans sa horde de « Balaskette » en herbe (si j’ose dire …).

C’est pourtant, que l’on parle du sujet masculin ou féminin, un(e) ami(e) fidèle avec qui on a longuement échangé et discuté sur plein de sujets aussi divers que variés … Mais alors sa vie ou son orientation sexuelle, malgré les doutes ou les certitudes de vos proches, vous n’en mettriez pas votre main à couper (quoi qu’il resterait toujours l’autre main !).

Pourtant l’homosexualité n’a plus rien de scandaleux dans notre société. Combien de personnalités assument pleinement leur orientation sexuelle au grand jour et occupent de hautes fonctions politiques ou culturelles ?  

D’ailleurs, l’histoire aussi nous montre que l’homosexualité n’a rien de scandaleux. Elle l’est devenue à la grande époque où l’Eglise régnait en main de maître sur l’Europe chrétienne. Mais, à l’époque des grandes civilisations antiques, les Romains comme les Grecs étaient pour beaucoup homosexuels ou bisexuels. Les Spartiates ne passaient-ils pas la nuit avec leur femme seulement pour procréer et partaient vite rejoindre leurs amis au gymnase ? Les jeunes éphèbes n’étaient-ils pas « formés » dès le plus (trop) jeune âge à l’homosexualité par leurs aînés ? A l’époque moderne aussi, l’homosexualité revient en force avec la Renaissance et ses artistes (Michel-Ange) et la remise en cause du pouvoir et des connaissances de l’Eglise.

Il est vrai que d’autres sociétés ou religions actuelles voient encore d’un très mauvais oeil cette orientation sexuelle souvent présentée comme écoeurante ou blasphématoire. J’entends encore ces deux jeunes dans le métro qui parlaient d’un « gars de la cité » qui était conspué de tous car il était surement homosexuel. Le plus grave dans leur propos était surtout l’amalgame entre homosexualité et pédophilie, ainsi que le préjugé sur les maladies que génèreraient les homosexuels (« Le mec, il a essayé de toucher la tête de mon petit frère ; ce crasseux, il voulait surement lui proposer des saloperies et lui refiler son SIDA »). Forcément, en entendant de tels propos, je me rends compte à quel point ce ne doit pas être facile d’être homosexuel de nos jours et surtout de l’assumer haut et fort quand on sait ce que ressentent et disent certaines personnes. 

L’interrogation reste donc entière. Notre inconnu sexuel veut à tout prix rester secret et évasif (à tord ou à raison) sur ses préférences. Nous, forcément, pouvons prendre ça comme un manque de confiance. Mais, en fait, il (elle) doit surement être en contradiction permanente parmi tous ses amis hétérosexuels seuls ou en couple qui gravitent autour de lui (d’elle) : l’envie d’en parler mais la peur d’être jugé(e) ou rejeté(e) par certains ?

Du coup, la question reste entière concernant notre inconnu sexuel, mais derrière ça une autre question sur notre société : les codes ont-ils vraiment changé ? 

 César

15 juillet 2012

Parce qu’il faut bien débuter un jour …

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Bonjour à toutes et à tous,

En cette belle journée ensolleillée et ventée du 15 juillet 2012, nous lançons officiellement notre blog.

Cela faisait quelques temps déjà que cette idée nous trottait dans la tête : peut être est-ce le fait d’avoir atteint la trentaine, peut être est-ce le cumul des histoires et anecdotes personnelles et amicales, peut être est-ce tout simplement la volonté de se lancer un nouveau défi à l’aube de cette nouvelle décennie ? 

Dans tous les cas, quelque soit le(s) raison(s) qui nous ont poussées à prendre le clavier de notre cher imac, nous sommes là devant vous, presque à nu, prêts à vous livrer nos aventures les plus secrètes, nos histoires les plus folles, nos anecdotes les plus croustillantes. Rassurez-vous, ce blog n’a pas pour vocation de rendre public quelques détails à caractère « se situant sous la ceinture » … Quoi que …

En revenant d’un séjour, nous avons commencé à débattre sur les codes de notre société actuelle. Nous avons songé à un vieux tableau, héritage familial de l’arrière grand-père de Charlotte, resurgi du grenier qui narre avec brio et élégance les « Ages de la vie » (voir ci-dessus). Quel beau titre pour un tableau … Tout un programme … Mais pourquoi ce tableau si fringant et si vrai, certainement à une époque, peut nous apparaître aussi désuet à l’heure actuelle ? C’était tout l’enjeu de nos échanges durant ce voyage. 

Parce qu'il faut bien débuter un jour ... photo-47-300x224

Les étages « 20 ans Adolescence » et « 30 ans Virilité » ont particulièrement retenu notre attention. L’étage « 20 ans », montre un couple d’amoureux transi entrelacés, qui semble se vouer à sa passion et occulter la société qui l’entoure. Celui, des « 30 ans » un couple plus mâture (certainement plus mâture que nous en tous les cas ;-) ), avec le mari revenant de la chasse qui est accueilli à bras ouverts par une épouse que l’on suppose au foyer, un jeune enfant qui le sollicite et un nourrisson dans les bras de l’épouse (on suppose qu’ils sont mariés). De plus, pourquoi ce terme « Virilité » ? Cette image, à l’aube de ce XXIéme siècle post-féministe qui prône à outrance la parité entre les sexes, peut laisser songeur …

Nous avons donc rapidement fait le lien entre ce tableau et nos nombreux amis et connaissances et nous-mêmes d’ailleurs. Nous tenons d’ailleurs à préciser que « toute ressemblance avec des personnes connues ou inconnues sera purement fortuite » :-) En effet, les personnages qui vous seront présentés sont plutôt issus d’un savant mélange, digne d’une alchimie, entre les personnes que nous côtoyons dans notre quotidien, mais aussi de notre quotidien de couple.

Nous avons donc décider de faire le choix (même si « le choix de ne pas faire un choix est encore un choix » dirait ce bon vieux Jean-Paul), de présenter  des personnages avec des titres évocateurs, une image animale (petit clin d’oeil à ce brave Jean de la Fontaine), une présentation non-exhaustive, un lien politico-historico-socio-religieux, et une conclusion acerbe comme l’école nous l’a si bien apprise.

Vous vous demandez sûrement, et cela est tout à fait légitime, qui sommes-nous ? Et bien, malgré le suspens latent, nous préférons taire notre identité pour que chacun d’entre vous puisse entrer complètement dans nos articles, reconnaître vos proches et connaissances, pouvoir à loisir commenter, nous aduler, nous persifler, nous haïr,  bref surtout NOUS LIRE sans prise de tête et surtout y prendre beaucoup de plaisir. 

Alors lançons dès maintenant le débat : les codes ont-ils changé ?

Bonne route et longue vie à notre blog !

Charlotte et César

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