Lescodesontchange

2 mars 2013

La Doisneau moderne

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage de célibataire … Oui, je sais on l’a déjà posé cent fois cette question … Mais notre célibataire du jour a une particularité : elle a révolutionné la phase de drague préalable à tout début de relation. Voici l’histoire d’Emilie !

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Intérimaire d’une trentaine d’années ayant quitté sa campagne natale depuis plusieurs années, Emilie vit une vie trépidante entre son boulot, ses sorties entre copines et ses tentatives désespérées de trouver un homme à son goût. Il faut dire que notre Doisneau moderne a des exigences très importantes sur son futur homme : « Il doit aimer le théâtre et les arts … Il doit être doux et attentionné … Il doit me faire sans cesse des surprises et m’emmener en voyage … Il doit me faire monter au rideau et son corps doit me faire rêver … ». Tout ça pour un même homme ? Je comprends qu’elle soit encore en mode « pôle emploi service courrier du cœur »

Des rencontres, elle en fait beaucoup mais cela ne se conclu jamais bien, car au final Emilie ne peut s’empêcher de trouver le défaut qui va détruire rapidement cette esquisse de relation : « J’ai rompu avec Gilles : il faut dire qu’il me dégoutait à se promener en slip chez moi et puis ses ongles trop longs qui me touchaient me révulsaient complètement. » ; « Avec Anis ? Non, pas possible, je lui ai dis qu’on stoppait car il passait trop de temps avec ses enfants et j’ai compris que je ne passerai toujours qu’après eux … » ; « Manu ? C’est un con et un gamin qui ne pense qu’à lui et à s’amuser avec ses potes et qui m’appelle juste pour s’envoyer en l’air. »

Mais, un jour, assez fortement alcoolisée, elle finit par me raconter le détail qui éclaira tout dans mon esprit : avant d’entamer une relation, comme beaucoup de monde aujourd’hui, elle passe beaucoup de temps au téléphone pour apprendre à connaître la personne qu’elle veux rencontrer : des SMS avec une fréquence de plus en plus importante, quelques appels en soirée et surtout : des photos alléchantes !

Je n’ai pas compris sur le coup de quoi elle parle : elle m’explique alors qu’elle envoyait des photos de certaines parties de son corps à son amant virtuel pour l’exciter et qu’il faisait de même en retour : le dessus de la main, le creux des reins, le pied, la bouche, la poitrine, … Encore stupéfait d’une telle pratique, je lui demande si elle fait cela à chaque fois : la réponse est positive. Elle ajoute même qu’elle a déjà photographié son sexe dans le même objectif …

Voyant que cela me laisse interrogatif et amusé, elle tente de minimiser son acte en mettant en avant que les temps changent, que cela permet d’apprendre à se connaître ( … et de quelle manière !! …), que l’on est plus à l’époque des chaperons, …

Je lui rappelle alors que la présence d’un chaperon n’était pas toujours un gage de sagesse et de pudeur : Ainsi, en 1625, une alliance matrimoniale est conclue entre la France et l’Angleterre. Le 11 mai, Henriette, sœur de Louis XIII, épouse par procuration le nouveau roi d’Angleterre Charles 1er. Le duc de Buckingham, favori du feu roi, est chargé d’escorter la princesse. Selon l’usage, la Cour de France accompagne Henriette jusqu’à la frontière. Anne d’Autriche, reine de France et épouse de Louis XIII, lui sert de chaperon (Louis XIII est resté à Paris). C’est au cours de ce voyage que Buckingham fait une cour pressante à Anne. A l’étape d’Amiens, la duchesse de Chevreuse, « intrigueuse » de première classe et proche d’Anne d’Autriche, s’arrange pour isoler Anne et Buckingham du reste de la Cour. Ce dernier se montre entreprenant, Anne pousse un cri … La suite royale accourt alors que Buckingham s’éclipse.

Rien de fâcheux ne s’est passé. Mais l’incident fait le tour des Cours européennes et touche fatalement l’amour propre de Louis XIII, alors que les relations conjugales du couple sont déjà tendues. Buckingham se voit interdire le sol français. Plus tard La Rochefoucauld inventera dans ses mémoires cette histoire de ferrets offerts au duc, laquelle sera reprise par Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires.

Je me rappelle aussi que ma grand-mère me disait souvent qu’avant de rencontrer mon grand-père, ils ne pouvaient se voir sans la présence d’un chaperon (en l’occurrence la tante de ma grand-mère) qui veillait à la bienséance des rencontres des futurs époux. Cela ne les empêchait pas de s’échanger discrètement des billets doux et des petites photos assez prudes.

Alors certes, je ne veux pas faire mon rétrograde, mais notre Doisneau moderne dépasse un peu les bornes avec ses photos de corps un peu trop osées ? Où est la découverte intime de l’autre dans tout ça ? Où est la magie de la première nuit où les corps dénudés se découvrent dans une ambiance sensuelle et tamisée ? Les hommes qui voient ses photos ne sont-ils pas déjà rassasiés de tout cela et ne s’imaginent-ils pas avoir affaire à une fille facile ? Dans tous les cas, la vraie question reste posée : les codes ont-ils changé ?

César

23 février 2013

L’esthète contemplative

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Le week end dernier, lors d’une réunion de famille, nous avons eu la joie de retrouver Joséphine, ma cousine, issue de germain du côté paternel. Joséphine est ce que je vais nommer ici : une esthète contemplative.

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Depuis notre plus tendre enfance, Joséphine et moi passons une partie de nos vacances estivales dans notre maison de campagne familiale. Joséphine a toujours été passionnée par la nature, les oiseaux, les bruissements de l’eau dans la forêt. Elle seule, a le don d’essayer de trouver du beau dans tout. Même en plein cœur d’une ville remplie de bitume, notre esthète trouvera l’occasion de s’emerveiller sur les beautés de la vie. Combien de fois ne l’ai-je entendue s’extasier devant un coucher de soleil, un chant d’oiseau, un rayon de soleil qui filtre à travers des persiennes vieillies ?

Joséphine est un peu comme ces êtres primitifs pour qui, chaque lieu, chaque son, chaque senteur est un moment d’extase. Alors bien sûr, même si elle assume totalement sa « différence » de perception, dans notre société carriériste et consumériste, notre esthète contemplative dérange, choque, fait jaser, est sujet à moqueries. Souvent, ai-je entendue des personnes me disant : « Chacha (oui c’était mon surnom, vous allez tout savoir !), ta cousine elle carbure à quoi ? Exta ? Coco ? Elle plane dur … ». Et pourtant, la seule drogue de Joséphine, son seul expiatoire à cette vie pressée et intense, c’est sa capacité à s’éloigner du réel.

Pourtant, lors de promenade avec elle, il est parfois lassant de s’arrêter une trentaine de fois sur le chemin : «  Chacha, tu as vu la luminosité sur la neige, c’est un truc de fou ? … » ; « Tu entends le clapotis de la rivière ? Ca c’est la vraie vie ! » ; « Attends Chacha, deux minutes je photographie le bourgeon qui vient d’éclore et sur lequel s’est déposé une fine pellicule de gresil … ». Je dois vous avouer, que sa zen attitude, au bout de deux heures, a le don d’exaspérer le plus grand nombre, moi la première. Non pas que Joséphine soit molle, mais comme dirait certains : « Elle prend son temps ». Alors même si je peux, moi aussi m’extasier un bon quart d’heure devant un lever de soleil, une lumière déclinante ou un oiseau sorti de son nid, au bout d’un moment, la vie réelle me rattrape et Joséphine m’exaspère.

Notre esthète cherche du beau, et du beau en tout et pour tout. Un bouquet à choisir, elle va rester près de trente minutes pour choisir… Une robe à acheter, je ne préfère même pas vous dire combien de temps elle va mettre pour la trouver ! Car, en plus d’être toujours dans la lune, Madame a un problème avec le choix. Se fixer et décider, pour elle, c’est loin d’être naturel ! Joséphine a souvent du mal à s’ancrer dans un réel qui l’encombre de choses futiles et l’éloigne du BEAU. Même dans le regard qu’elle pose sur les personnes, notre esthète contemplative cherche la petite chose qui va rendre une personne belle, la petite expression, le petit rictus qui va faire la différence, et, du coup, elle a bien du mal à hair les gens : «  Chacha, ne te contente pas de regarder par la petite lorgnette, chaque personne a du postif en elle … » . Belle leçon de vie me direz-vous ! Mais bon, j’avoue qu’elle est perchée !

C’est la seule personne que je connaisse qui a été capable de se lever avant l’aube  pour lire « Les cinq leçons sur la psychanalyse » de Freud devant un lever de soleil au bord d’un lac … A me relire, j’ai parfois l’impression de vous décrire ma cousine comme une sorte d’OVNI issue d’une secte élitiste et perchée. Or, il n’en est rien, c’est sa vraie personnalité. Elle a, je crois, hérité ce tempérament de mon oncle, un artiste qui manie les couleurs comme certains manie les dollars. César, même s’il adore « Jo » (son surnom à elle), ne peut s’empêcher de ricaner et de la chambrer : « La prochaine fois, demande à ta cousine de nous ramener son herbe miracle, pour planer comme ça, elle doit en boire dans son thé quotidien, c’est pas possible ! » : « Charlotte, elle nous em…(bip bip) ta cousine avec sa lubie de photographe ratée … » ; « Son bourgeon, elle n’a qu’à revenir le shooter demain, il l’attendra peut être lui ! ».

Et oui, il semble que ce ne soit pas si évident d’être dans son monde en permanence, mais, honnêtement, je ne suis pas sûre que « Jo » ait envie de changer. Elle plane tellement, que le regard des gens, elle s’en fout, et je pense qu’elle a bien raison.

 Attention toutefois à ne pas confondre notre esthète contemplative avec le personnage ataraxique et associal de Jean-Jacques Rousseau. Certes, tel le héros des « Réveries du promeneur solitaire » de Rousseau, Joséphine adhère à une vision philosophique du bonheur, proche de la contemplation, à une vie paisible, et surtout, une relation fusionnelle avec la nature, elle n’en demeure pas moins une personne très sociable, qui est certes un peu déconnectée du réel mais qui pour autant aime s’amuser, profiter de la vie, et prendre pleinement part à la vie en société. Elle se rapproche, peut être plus par son contact avec la nature, aux peintres naturalistes tels Vincent Van Gogh ou encore Paul Cézanne qui accordent une place primordiale au paysage, aux beautés de la nature.

En rentrant d’une de nos balades Joséphine, en regardant les nuages me dit : « Tu crois, qu’une fois arrivées là-haut, on verra encore mieux les beautés que la nature nous offre ? » … Je n’ai pas pu m’empêcher de lui sourire tout en me questionnant à mon tour, pour des gens comme elles : les codes ont-ils vraiment changé ?

Charlotte

14 février 2013

Le contre-cupidon

Publié par lescodesontchange dans Non classé

14 février, jour ordinaire pour certains, jour de fête pour d’autres. Mais pour Arnaud, notre contre-cupidon, c’est un jour détestable. Explications.

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Arnaud, c’est le concierge de mon immeuble. Attention, concierge dans le vrai sens du terme … Mais aussi au sens figuré : véritable pipelette du bas des escaliers, notre quadragénaire, sorti tout droit de sa Normandie natale, n’a pas sa langue dans sa poche. Il connaît toutes les histoires ou les légendes urbaines de notre résidence, il sait qui couche avec qui (ou le suppose aussi très vite). Je le soupçonne même de tenir un fichier sur les personnes où il noterait les coups d’un soir, les relations extraconjugales, … En même temps, c’est facile pour lui : installer à l’entrée de l’immeuble, dans sa loge surchauffée et pas toujours bien odorante, il observe le va-et-vient des résidents, réceptionne les colis et interpelle les personnes qu’il ne connaît pas.

En même temps, vous me direz, rien de bien anormal jusque là. Mais là, où notre contre-cupidon me gène un peu, c’est dans ses prises de position tranchées sur l’amour : sa vision, désabusée et à la limite du salace sur la gente féminine, pourraient choquer les plus misogynes d’entre nous. La dernière fois, je l’ai entendu parler à deux jeunes voisins de quatorze ans en leur demandant s’ils : « s’étaient faits un peu secouer les smarties ® dernièrement par leurs copines ».  Grand pédagogue. Bien entendu, devant les petites mémés, il évite ce genre de propos mais adore lancer, une fois qu’elles sont parties : « Putain, elle a du en dérouler du câble dans sa jeunesse, la vieille … ». Gentleman en plus. Je passerai sur les « reluquages » permanents mais peu discrets dont il fait preuve et dont il se vante quand un membre du conseil syndical lui en a fait la remarque : « Mais Monsieur, je suis un mec, un vrai, je vais pas la violer, juste la bouffer des yeux quoi ! ». Un poète caché sans doute.

Pourtant, il est marié avec une femme adorable et fin cordon bleu, mais qui ne doit pas dépasser la limite de femme au foyer qui s’occupe des enfants et des tâches ménagères. Quand vous discutez avec lui, vous vous rendez compte de l’ampleur du phénomène et vous comprenez vite que les notions d’égalité sexuelle, de paritarisme et autres avancées contre les discriminations à caractère sexuel, sont absentes de son petit dictionnaire cérébral. Comme le dit un voisin : « C’est un bon bourrin, nourri au lait cru et qui doit cacher une grande sensibilité derrière ses cent vingt kilos … ». Faudrait quand même une sacrée foreuse pour atteindre sa sensibilité …

Mais là où il m’a vraiment gonflé, c’est l’an dernier à l’occasion de la Saint Valentin. J’avais acheté un gros bouquet de roses pour Charlotte que je comptais lui donner à la sortie de son boulot en fin d’après midi. Alors que je ramenais mon cadeau chez moi, je croise Arnaud dans le hall d’entrée et il ne manque pas de lancer : « Ah ce soir, ça sent la révision de la tuyauterie de Madame … ». Malgré la remarque plus que limite, je lance un « ben non, c’est la Saint-Valentin … ». Le sang de notre contre-cupidon ne fait qu’un tour et il enchaîne sur son verset bien répété : « La Saint-Valentin ? Mais ça sert à rien ! C’est encore une fête de ces cons de commerçants pour nous faire acheter des merdes qui vont pourrir en une semaine ou prendre la poussière ! » (et en langage un peu plus soutenu, ça serait possible ?!). Et il enchaîne : « Moi, j’ai pas besoin de ça, ma princesse, je lui fais des cadeaux quand je veux. J’ai pas besoin d’attendre la Saint Valentin ! Et puis, son cadeau, elle le prend quand elle veut, il reste au chaud entre mes jambes !! ».

Face à la grande classe de notre concierge, je me sens obligé de riposter : « Je pense qu’il faut un peu arrêter de se voiler la face : la Saint Valentin est un jour comme les autres, peut être, mais c’est surtout une manière de faire plaisir à celle ou celui qu’on aime, en cette période de grand froid où on est plongé dans le boulot, où les vacances paraissent encore loin, où la grippe fait des ravages et où les informations nous minent face aux malheurs et des catastrophes du monde. En ce jour, c’est différent, on retombe un peu en adolescence et on se rappelle de ses débuts et des efforts que l’on pouvait faire pour plaire à l’autre ! ». Il me rétorque alors : « Ouais, mais ça fait un peu le mec qui a quelque chose à se reprocher et qui veut se faire pardonner … En plus, pourquoi ils ont choisi ce nom de Valentin, ça fait un peu ange chochotte ».

En fait, la Saint Valentin a des origines très lointaines. Dans la civilisation romaine, le mois de février était déjà consacré à la fertilité et de nombreuses fêtes païennes à travers l’Europe célébraient la même chose. L’Eglise catholique a choisi saint Valentin comme patron des couples dès le début du Moyen-Age. Valentin qui mariait les chrétiens sous le règne de Claude II, fut arrêté pour cet acte. Pendant sa détention, il rencontre la fille de son geôlier, une aveugle de naissance nommée Julia. Valentin va entretenir des relations amicales avec Julia qui demande à Valentin de lui décrire le monde. Julia, par amour envers Valentin, lui apporte à manger jusqu’au soir où, selon la tradition, un miracle se produit : certains témoins disent avoir aperçu une vive et forte lumière par la fenêtre de sa cellule, alors que Julia retrouve la vue. L’événement parvient jusqu’aux oreilles de Claude II le Cruel, qui n’apprécie que peu ce genre d’épisode, et ordonne sur le champ l’exécution de Valentin. Toute la famille de Julia se convertit au christianisme pour honorer sa mémoire. Il est dit que Julia plante, près de la tombe de Valentin, un amandier qui est, depuis ce jour, un symbole de l’amour.

Alors demain, pour la Saint-Valentin, j’aurai surement droit à une bonne remarque bien grasse de la part de notre contre-cupidon. Il n’a pas changé, pas plus que sa femme qui continue à se taper mon voisin du dessous en toute discrétion … Et oui, la misogynie a ses limites mais certains ont du mal à le comprendre. Ce cher Arnaud n’a d’ailleurs pas compris pourquoi je lui ai offert, avec mon voisin du dessous, un petit amandier lors de la fête des voisins pour le remercier de son travail. A chaque fois que je passe devant sa loge, je vois ce bel arbre qui trône sur le bureau du concierge près des revues masculines de ce dernier et je me demande : « Les codes vont-ils changé ? »

César

8 février 2013

La baby addict

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais connu dans votre entourage cette fille, qui pendant des années,  a râlé face à ses copines mères poules et qui à son tour va devenir la pire baby addict ? Nathalie est notre invitée.

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Nathalie, jeune intérimaire trentenaire, rêve d’avoir un enfant depuis de nombreuses années. Avec son ami, Jérôme, ils se sont donc décidés à reporter tout leur amour sur leur meute de chiens. Les amis à 4 pattes de Nathalie font ainsi souvent la une du fil d’actualité du célèbre réseau social au fond bleu : « Médor bronze au soleil » ; « Cannelle joue au nonos avec Médor » ; « Mozart se prélasse sur le sofa … ».

Nath’, par contre, se lamentait sur ses amies, baby addict, qui ne parlaient, ne respiraient, n’échangeaient, ne vivaient que pour leurs bébés. Il y a encore quelques mois de cela, je la revois, maugréant : « Léa, avec les vingt photos de sa fille sur son portable qu’elle nous montre à longueur de journée, elle me saoule … » ; « Et Camille, elle ne peut pas faire une phrase sans évoquer sa progéniture … ».

En effet, ce que je ne savais pas, c’est que Nath’ et Jérôme tentaient par tous les moyens d’avoir un enfant … En vain. Du coup, cette « bébé mania » autour d’eux, ça leur filait le tournis… Puis, un beau jour, après maintes et maintes rebondissement (et une F.I.V. surtout), Nathalie est tombée enceinte. Dès lors, s’en était fini de disserter sur sa meute canine, son nouveau sujet de discussion favori : son ou plutôt ses bébés.

Ainsi, l’accouchement passé, elle fut la première à commenter et à inonder les fils d’actualités (toujours du même réseau social bleu) de photos de ses amours : « Et Nina prend son bain … Et Arthur attrape la chaussette de sa sœur … Et Nina joue avec sa titine … ». Nathalie commence en fait à faire tout ce qu’elle reprochait à ses amies en socialisant sa nouvelle maternité et en l’étalant sur la place publique actuelle, l’agora de notre siècle : les réseaux sociaux.

Mais là où notre baby addict en devient énervante, c’est que loin de se limiter à montrer tous les aspects de sa nouvelle vie de mère, elle ne nous épargne pas non plus tous ses déboires : « Dixième nuit blanche : entre les pleurs à 3 heures du mat, la poussée de fièvre à 6 heures et la re-crise matinale à 7 heures … Notre vie est de plus en plus excitante », note elle sur son mur. Alors là, je dis stop. Les photos des bébés sous toutes les coutures, passe encore, c’est même mignon ; les premiers pas, les premiers sourires, idem … Mais la liste des maladies infantiles digne d’un livre de puéricultrice ? Non ! Non et non ! En quoi cela peut –il nous intéresser de savoir que bébé  Arthur a régurgité son petit pot  à 4 heures?

Et là, où l’affaire devient inquiètante c’est que le comportement de Nathalie fait des émules (ou peut être s’inspire t-elle, elle-même, de ses consoeurs mères !). Combien compte t-on de nouvelles mères toujours enclin à raconter la dernière grippe de son enfant, sa dernière poussée de fièvre, ses derniers maux de ventre ? Pour peu que l’on ait une légère tendance à l’hypocondrie, le fait de cotoyer ce type de baby addict  peut conduire à un état maladif chronique. Nathalie, elle qui la première critiquait ce genre de comportement, verse dans le pathétique et se met même à annuler des soirées programmées : «  Nina a mal dormi, j’ai peur que demain elle soit trop fatiguée » ; à éviter de se retrouver avec des couples sans enfant, qui, eux ne « peuvent pas comprendre ce qu’est leur nouveau style de vie ». Puis, au lieu de confier parfois ses enfants à une nounou, elle et Jérôme préfèrent rester à domicile : « Mais la porte vous est grande ouverte, passez quand vous voulez » clament-ils à qui veut l’entendre … Mais bien sûr, entre les tétés, les siestes, les pré-siestes, on ne sait jamais quel est le moment opportun pour leur rendre visite.

Alors pour ces mères qui ont tant vécu dans l’attente, leur rejeton devient une sorte de miracle, un don de la vie (et à coté plus rien ne compte même plus le fameux médor qui faisait les unes du célèbre réseau social). A l’instar d’Anne d’Autriche et de Louis XIII, qui, après vingt-trois ans de mariage et plusieurs fausses couches n’arrivent toujours pas à donner à la France ce nouveau roi de droit divin. Beaucoup de courtisans parlent de « miracle ». En effet en 1637, Louis XIII avait présenté un acte faisant de la Vierge Marie, la « protectrice spéciale » de son royaume. A peine la grossesse de la reine est-elle avérée que le roi publie cet acte le 10 février 1638, où la fête de l’Assomption de Marie devient un jour férié et en France. Louis XIII répliqua quand même que « ce n’était point là si grand miracle qu’un mari couchât avec sa femme et lui fasse un enfant »[]. Cette naissance miraculeuse de Louis Dieudonné (futur Louis XIV) permet de perpétuer la lignée des Bourbons.

Nathalie, elle, se place dans la digne lignée d’Anne, et voit en ses enfants des miracles, et cette mise en avant sur les réseaux sociaux remplacent peut être les actes anciens. Peut être que de nos jours, aurions nous pu suivre la grossesse d’Anne d’Autriche en direct sur notre nouvelle agora virtuelle ? Et, à cette époque déjà, peut-être nous serions-nous posés la question qui demeure en suspens : Les codes ont-ils vraiment changé ?

Charlotte

31 janvier 2013

Le « lubiphile » moderne

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage, un Gauthier, véritable pile électrique, attentionné et comblé dans sa vie, mais toujours à la recherche du petit plus qui agrémenterait sa vie ?

Le

Gauthier est, de l’avis général, un exemple de réussite sociale : il a une femme adorable, une famille proche, des amis à la pelle, un boulot sympa, une voiture récente et un appartement dont il est propriétaire. Bref, tout ce dont beaucoup, aujourd’hui en cette période de crise économico-socio-relationnelle, rêverait.

Mais, Gauthier, sous son air sérieux et ses responsabilités professionnelles, est un rêveur. Sa femme se plaît à dire qu’il réagit en impulsif, qu’il est peut être un peu insatisfait, qu’il a des lubies qu’il ne peut contenir quand il se met à y penser. Leur appartement ? Une folie qui lui a pris, un après-midi en passant devant une agence immobilière ; leurs dernières vacances à l’autre bout du monde ? « Ne t’inquiète pas chérie, je ferai des heures supplémentaires au boulot mais j’ai trop envie de découvrir cette région ! ». Forcément, tous ses projets, il les conçoit avec sa femme qui accepte, souvent amusée mais parfois moins, ses caprices. Mais, elle sait quand même lui dire non, quand il pousse le bouchon un peu loin et que leurs finances ou leur motivation ne suivront pas.

Ceux qui le connaissent mal pourrait vite dire que c’est un éternel insatisfait : et pourtant, il adore son boulot où il s’investit beaucoup et sans compter ses heures. Mais il avoue que si une opportunité professionnelle plus intéressante se profilait, il partirait après quand même … une nuit de réflexion ; des amis lui proposent de monter une équipe de sport ? Pas de soucis, il n’en a jamais fait mais il pourra rajouter cette expérience à la longue liste qu’il ne cesse de faire grandir depuis son enfance ; un nouveau projet au boulot ? Forcément,  il est le premier à se proposer et déclare avec le sourire aux frileux : « Et après ? Même si c’est une mauvaise idée, ce n’est pas grave, l’important c’est d’essayer ! ».

Il avoue, sans aucune pudeur ni retenue, se lasser vite de tout et aimer apporter du changement à sa vie. On pourrait donc facilement  l’imaginer coureur de jupons, mais ce n’est pas le cas : il aime à répéter que la seule personne dont il ne le lasse pas, c’est sa femme. Elle partage sa vie depuis plus de dix ans et lui amène le calme, le repos et le répit qu’il ne s’accorde que trop peu souvent. Elle est surtout une indécise chronique, ce qui compense avec le caractère « fonceur tête baissée » de Gauthier.

J’aime parler avec Gauthier et l’entendre évoquer le monde et nos existences : « Mais, César, tu te vois toute ta vie dans le même boulot, dans la même maison, dans la même ville ? Tu ne te dis pas qu’une fois dans ta vie, il faudrait faire un truc fou ? Tu sais ce truc que tu pourrais raconter plus tard à tes petits-enfants : j’ai tout plaqué pour partir vivre à l’autre bout du monde, j’ai tout vendu pour m’acheter un super bateau, … Ce serait surement plus fun que de leur dire : Papy, le truc le plus fou qu’il est fait dans sa vie, c’est … Attendez je réfléchis … Mettre de la colle dans la serrure du voisin d’en face pour l’emmerder ! ».

Partir vivre à l’autre bout du monde … C’est sa dernière lubie … Il a donc décidé de mettre en place un plan efficace pour convaincre sa femme, « lubi-sceptique », de le suivre à nouveau dans ce projet. Tout y est passé : laisser tourner en boucle sur l’ordinateur une vidéo sur internet sur les merveilles naturelles de cette région ; parler dès le réveil des possibilités professionnelles et des primes très intéressantes offertes par l’Etat pour partir vivre là-bas ; inviter des amis qui reviennent d’un long séjour professionnel à l’étranger ; convaincre les amis de venir les voir le plus souvent possible ; lui chanter « Là-bas » de Jean-Jacques Goldman en pleine soirée … Pour lui, effectivement, leur existence ne pouvait s’inscrire autrement que là-bas … Pour un temps !

Gauthier me fait vraiment penser à Christophe Colomb. Ce génois, rêveur et cultivé, passionné de navigation et avide de nouveautés, est connu pour sa grande découverte de l’Amérique (ou plutôt des Caraïbes) en 1492. Mais ce qui le rapproche de Gauthier, c’est son côté à contre courant de la société : là où chacun essaie de faire sa petite vie, de s’installer dans un quotidien monotone et stable de vie de famille avec femmes, pardon femme et enfants, Gauthier rêve de nouveauté et de mettre des remous dans son existence : « On a qu’une vie … » se plait-il à rappeler. Christophe Colomb, contrairement à ce que beaucoup croient, n’était pas perçu que comme un illuminé : une grande partie de la communauté scientifique de l’époque estimait réalisable un tel voyage. Ce qui distinguait le projet du navigateur des hypothèses des érudits du temps – géographes et humanistes – qui estimaient tous très probable l’existence d’îles nombreuses, voire de terres plus vastes plus loin à l’ouest dans la mer océane (Océan Atlantique), c’était son but : atteindre les rivages de la Chine et avant cela le Japon, et donc prouver que la terre est une sphère !

Heureusement, son projet, qu’il a réussi à présenter de façon magistrale à la reine Isabelle, est accepté par les rois catholiques d’Espagne. Alors, aujourd’hui, personne ne sait si Gauthier parviendra à convaincre sa femme d’inscrire une nouvelle page, et quelle page, dans le livre de leur vie. Mais une chose est certaine, leur existence, que ce soit ici ou ailleurs, et même si personne ne comprendra pourquoi ils quittent tout ce qu’ils ont ici, s’écrira à deux. Au final, nous, ses amis qui resteront, nous  poseront peut être la question : « Chérie, et si on partait nous aussi vivre ailleurs pour faire changer nos codes ? ».

César

26 janvier 2013

La « No-life » senior

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais connu dans votre entourage cette bonne femme aigrie, vieille avant l’âge (et surtout dans sa tête) qui ne cesse de maugréer et de voir la vie du mauvais côté ? Yvonne est notre invitée.

La

Yvonne, la soixantaine, pas triomphante pour le coup avec son regard de chien battu,  est toujours en activité. Cette voisine de palier, institutrice, ne peut s’empêcher de pester à chaque fois que nous la croisons dans l’ascenseur. Elle râle à longueur de journée notre Yvonne. On pourrait penser qu’une certaine sympathie pourrait se dégager de cette personne proche de la retraite, mais elle passe en fait, la plupart de son temps à cracher son venin sur ses collègues : «  Et cette pimbêche, elle ne se sent plus depuis sa formation de chef d’établissement … »  Et blablabla … : « Avec son sourire permanent et sa bonne humeur chronique, elle est insupportable … ».

Yvonne, se confie là sur ses « déboires » avec une de ses collègues de travail, qui apparemment n’a pas le côté taciturne de notre « no life » sénior. Deux jours après, toujours dans le même ascenseur, elle commence à me critiquer Monique, une autre collègue de travail, sensiblement de son âge, épouse de médecin et qui travaille « pour le plaisir et pour s’occuper » : « Non mais vous réalisez, comment peut-elle me parler de plaisir quand on parle boulot.  Cette s…… (bip bip) a acheté un manteau que, même en économisant deux ans  et en rackettant tous mes élèves, je ne pourrai pas m’offrir ! » ; « Et vous comprenez, la jeune pimbêche, elle aussi, elle ne parle que voyages, sorties, resto : on est là pour bosser nous, pas pour parler amusement … Non mais ! Elles font une belle paire avec Monique ! ». Quelle mégère !  Je ne connais ni Monique, ni la jeune pimbêche, mais je dois avouer que je les trouve soudainement très sympathiques !!

Mais pourquoi notre Yvonne est-elle si aigrie ? On peut être tentée de mettre cela sur le compte de l’âge. Mais non, il s’avère que notre « no life » sénior a toujours eu ce fichu caractère : « Emmerdeuse un jour … Emmerdeuse toujours (et tous les jours) ! » serai-je tentée de dire. Alors, après enquête (et oui je me renseigne), il s’avère qu’ Yvonne a un gros souci : c’est une réelle « no life ». Je m’explique : et pourtant, Yvonne a ses deux fils (qui ne lui rendent plus visite depuis la dispute avec les belles-filles), son mari (présent sur le papier mais peu présent sentimentalement parlant), mais sa vie sociale se résume a peau de chagrin. Alors, oui on peut être tenté de lui trouver des circonstances atténuantes, mais le fait qu’elle n’a au final pas d’amis n’est-il pas dû à son caractère de cochon ?

Que pense t-elle de chacun d’eux ? Ses belles-filles ? « Pas assez maniaques et sérieuses … De vraies écervelées toujours enclin à en faire le moins possible ! » ; son mari ?  « Un chômeur longue durée qui passe ses journées au bar PMU du coin de la rue et qui se préoccupe plus du cours du tabac que de notre appartement … » ; ses amies de travail ? « Toutes des c…. (bip bip), sauf peut être Régine, qui elle, comprend aussi les douleurs de la vie ! ».

Bref, avec une vision si noire et triste de la vie, comment voulez vous que la vie sourie à notre chère Yvonne ? Alors forcément pour elle, son existence ne rime pas avec joie, voyages, vie sociale, restaurants et sorties nocturnes, vie culturelle … Et, du fait, elle voit toujours le verre à moitié vide ! Décidément, la positive attitude ne passera pas par notre « no life » chronique.

Giacomo Leopardi, poète et philosophe italien est un des pontes de la doctrine pessimiste. Il se rapproche beaucoup de la vision existentialiste de Schopenhauer, pour qui, la « vie humaine est une perpétuelle douleur ». Leopardi résume sa philosophie du pessimisme dans le concept d’infelicità (tristesse). Leopardi n’écrit pas pour propager ses idées ; il chante en poète son mal de vivre et en tire une vision de la condition humaine. Pour ces deux pontes de la tristesse. Arthur Schopenhauer ajoute : «La vie n’est pas faite pour que nous soyons heureux mais pour que nous ne le soyons pas ».

Toute une philosophie de vie … Pourtant, Yvonne, même sous son masque de tristesse, n’est pas seule. Elle fait partie de ses gens, perpétuellement insatisfaits et en quête d’amertume, pour qui, au final, la vie ne vaut d’être vécue que par et pour sa part de noirceur. Mais moi, pour ma part, mon verre sera toujours à moitié plein ! Dans ce XXIème si bouleversé et bouleversant, notre vision de la vie est donc très différente, mais une question demeure en suspens : Les codes ont-ils changé ?

Charlotte

18 janvier 2013

Le meilleur ami d’hier

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage un ou une ami avec qui on a réalisé les 400 coups et à qui on a confié tous nos secrets et nos problèmes dans notre enfance, notre adolescence ou même plus tardivement ?? Michel est notre sujet du jour.

Le meilleur ami d'hier coloriage-banquise

Qu’il est difficile de passer du statut de « j’ai-un-pote-à-qui-je-peux-tout-confier-et-avec-qui-j’ai-des-souvenirs-inoubliables » à « oh, moi tu sais j’ai pas un meilleur pote, mais plein de bons amis … ». Menteur.

Michel, c’est ou plutôt c’était mon pote d’adolescence. Rencontré au lycée, on avait une passion en commun : le sport. Inscrits dans le même club, nous sommes vite devenus inséparables. Partageant les mêmes délires, les mêmes passions, les sorties au bar et en discothèque, nous étions inséparables. Marqués différemment par nos vies familiales et sentimentales, nous passions de longues heures à discuter et rire de la vie, de la mère trop présente qui veut tout savoir, du frangin obsédé qui passe ses nuits à mater des films pornos, des filles qui passent, qui viennent et qui ne savent pas ce qu’elles veulent et du fait que rien ne pourrait nous séparer. Quoi que …

Pourtant quand je suis parti faire mes études dans la grande ville voisine, je ne pensais pas que notre grande amitié resterait la même. Et pour être sur que ce ne serait pas le cas, Michel décida lui aussi de poursuivre ses études dans cette même ville et de s’installer dans ma résidence. Commença alors notre nouvelle vie emplie de soirées alcoolisées interminables, de collections de filles ramassées dans les pubs de la ville (presqu’à faire un concours au kilo à la Thierry Lhermitte dans « Les Bronzés »), de délires jusqu’au lever du soleil à refaire le monde et à s’imaginer dans 10 ans … Ce qu’on était con …

On aurait pu croire que comme beaucoup d’amis inséparables, c’est souvent la rencontre du conjoint qui met un terme (ou du moins un frein) à cette relation. Ce ne fut pas mon cas quand je rencontrais Charlotte qui fut très vite intégrée à notre duo. Mais Michel, beaucoup plus exclusif, avait du mal quand il rencontrait une « fille-avec-qui-ça-durait-un-peu », pour conserver la fréquence de nos sorties. Mais je ne lui en voulais pas : voyant que je m’étais installé dans une relation durable avec Charlotte, je comprenais qu’il cherchait à faire de même et je rêvais déjà de nos soirées entre couples, façon trentenaire, avec des enfants qui nous piailleraient autour … La jeunesse …

Pourtant, quand on a trouvé chacun notre job, Michel est devenu progressivement un étranger. Je reconnais qu’on s’appelait moins et que je ne faisais pas toujours l’effort de le rappeler après un message laissé sur mon répondeur : la faute à une vie trop pleine, un emploi du temps de ministre et de nombreux copains à voir aussi. Michel, toujours aussi exclusif, ne tarda pas à me faire remarquer que nous espacions un peu trop nos rencontres : il faut dire que Charlotte et moi n’apprécions que moyennement Carine, sa nouvelle copine, brunette de 40 kilos à tout casser, portée sur le cul et le cul uniquement. Et puis, surtout, Michel avait changé : son poste de commercial lui montait à la tête. Il ne passait plus une soirée sans parler argent, gros sous, prime de fin de mois, bénéfices, intérêts et grosses voitures … Décevant.

Alors forcément, nous nous sommes vus de moins en moins et comme dans un vieux livre de Marcel Pagnol, nous sommes passés au temps des reproches : « Tu aurais pu me rappeler la dernière fois, je t’ai attendu pour rien ! » : « Tu pourrais faire un effort, c’est l’anniversaire de Carine. Il y a toutes ses copines, ça va être sympa … ». Et puis, le texto fatal qui scelle définitivement la « rupture » d’une belle amitié : vous savez ce sms que l’on envoie un soir de fatigue, où le meilleur ami vous a fait une remarque et que vous renvoyez un message bien cinglant et compréhensible : « Tu m’emmerdes. ». Fatal.

Le mot « amitié » a un sens trop faible pour exprimer réellement l’attachement entre amis. En fait, il s’agit véritablement d’amour, une forme d’amour particulière à la civilisation médiévale, tout comme les gestes qui la manifestent : les baisers sur la bouche, mais aussi sur le menton, le nez, etc. Une chanson contemporaine de Guillaume le Maréchal, rédigée vers 1230, raconte l’histoire vraie d’un chevalier glorieux mort en 1219 : le mot amour n’y intervient qu’à propos du sentiment qu’entretiennent entre eux les hommes. Dans les chansons de geste, genre littéraire épique, le monde masculin possède presque toujours l’exclusivité de l’amour. Cet amour viril caractérise les sociétés masculines et guerrières ; on pense à la Grèce antique bien sûr, mais plus près de nos héros, d’autres civilisations : celte, germanique, romaine ont connu semblable phénomène (2). L’amitié des chevaliers du Moyen Age perpétue cette tradition. Elle s’accorde parfaitement avec la tradition chrétienne de l’amitié, moyennant quelques aménagements et quelque tolérance. L’amitié masculine médiévale est donc une affection très profonde, doublée d’une fidélité à caractère sacré. Cette amitié est véritablement un amour. Reste à savoir si cet amour impliquait des rapports intimes.

Ce ne fut pas le cas avec Michel en tout cas. Aurais-je du le rappeler ? Etions nous devenus trop différents ? Ai-je bien fait de lui faire comprendre que son changement ne me convenait plus ? Suis-je aujourd’hui heureux d’avoir plein de copains, mais plus de meilleur pote ? Mais la seule vraie question qui reste, est la rituelle : les codes ont ils changé ?

César

11 janvier 2013

Le mytho en chef

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez-vous jamais connu dans votre entourage, un copain pour qui la vie est une somme de mensonges ? Bastien est notre homme.

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Bastien est un ami de lycée qui, selon ses dires, a toujours eu une vie trépidante et remplie d’aventures plus rocambolesques les unes que les autres. Tour à tour champion du monde de moto, reçu au concours de sciences po et premier de sa promo à son école de management, Bastien a toujours eu le don pour éblouir son entourage. Mais surtout, pendant de nombreux mois, Bastien a eu une cible de prédilection … Moi. Un brin utopiste et surtout fort naïve, j’ai pu céder jadis à ses histoires extraordinaires.

Il faut dire que pour m’avoir il n’y est pas allé de main morte. N’étant pas de prime abord séduite, autrement qu’amicalement parlant, il a usé de ses plus splendides (ou perfides ?) stratagèmes pour m’amadouer.

J’ai par exemple le souvenir d’une discussion, hyper solennelle avec mon meilleur ami, à propos du passage de notre mytho en chef dans la maison de correction : «  Charlotte, tu pourrais être compatissante avec Bastien il n’a pas eu une vie facile, il a passé la moitié de son adolescence au sein d’une maison de correction … Sois un peu compréhensive et indulgente envers lui »… Et oui, sachant que comme toutes les jeunes filles j’aimais bien les « bad boys », Bastien s’était inventé un passé sulfureux. Je m’attendais dès lors, en me rendant chez lui, à me retrouver (et à m’encanailler) au sein d’une cité lugubre ! Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver dans une maison d’architecte hyper design dans les beaux quartiers de la ville, reçue par des parents très BCBG. « Aie », ai-je pensé. Ca ne colle pas trop avec l’image du « bad boy » … Mais bon, étant d’un naturel généreux, optimiste et profondément naïf, j’ai pensé que son époque « bad boy » était révolue mais bien réelle.

Deuxième accro : son opération à cœur ouvert. Enfin sa pseudo opération. Je remets en contexte, depuis deux mois, Bastien me drague mais n’arrive pas à ses fins. Je ne concède même pas à lui donner un baiser. Un soir, à l’issue d’une soirée au « café populaire », il me confie, les larmes aux yeux son inquiétude quant à sa future opération hyper dangereuse sur son problème cardiaque : «  Ah bon, tu as un souci au cœur ? » - «  Oui Charlotte, mon cœur s’arrête par moment et la seule solution, c’est l’opération … Si tu pouvais m’embrasser avant l’opération au moins je connaitrais le goût de tes lèvres, si par malheur je ne m’en sortais pas ». Comment ne pas craquer ? Et oui, bonne poire, je me suis laisser attendrir en me disant qu’un baiser, ce n’était rien et ça ne coûtait pas grand chose… Bref, la date (supposée) de l’opération approche et forcément nous cherchons à pouvoir venir le voir, le soutenir, lui rendre visite. Et là, mystère et boule de gomme, l’hôpital est très éloigné, aucune visite acceptée, pas de téléphone dans sa chambre et même le nom du chirurgien est louche … Bref, grâce à mon baiser rédempteur, Bastien sort de l’hôpital ( ???) et m’emmène en soirée dans la foulée … Second mystère !

Il est arrivé à ses fins et durant notre histoire j’ai eu droit à tout : son échec à la fac de droit : « Tu comprends Charlotte, je ne peux pas assister à mes cours et venir te chercher tous les soirs à la sortie de ta fac ! » ; la bague diamantée qui me passe sous le nez : « Je comptais te l’offrir juste hier avant que tu souhaites faire un break … » ; la soirée surprise hyper méga fun dans le resto « in » de la ville avec tous mes amis : «  Mais Chacha, je sais que tu reviens du ski, mais il faut que tu sois au resto ce soir au plus tard à 19 h … » … Mais vu que je ne pouvais pas être rentrée du ski avant le lendemain, le resto me passa sous le nez (pour peu qu’il l’ai vraiment prévu !).

La mythomanie n’est pas un fait nouveau. Des personnages mythomanes, l’Histoire en en a connu. Gros homme jovial et rubicond à la petite barbiche noire, Tartarin de Tarascon est la création la plus célèbre d’Alphonse Daudet. Vivant la vie paisible d’un petit bourgeois, Tartarin ne rêve que d’aventures folles et d’épopées exotiques, semblables à celles qu’il lit à longueur de journée. Se montant volontiers la tête, prince de la vantardise et roi du mensonge sincère, Tartarin est entraîné dans des voyages et des aventures pitoyables, qu’il saura ensuite enjoliver dans ses récits pour en faire de véritables odyssées. Il est devenu l’image du Méridional vantard, du mythomane qui finit par ne plus très bien savoir lui-même s’il dit ou non la vérité.

Et là est tout le problème, ne sachant jamais avec lui distinguer le vrai du faux, on a tendance à s’éloigner de ce mythomane qui, pourtant au fond n’est pas foncièrement mauvais mais vit « sa vie par procuration » comme le dirait un certain chanteur à succès. Alors, la question rituelle se pose : Les codes vont-ils changer pour ce personnage énigmatique ?

Charlotte

4 janvier 2013

Le bringueur vétéran

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Non, ce n’est plus possible … Allez, c’est juré … Plus jamais je me laisse embarquer dans une soirée pareille. Il est onze heures du matin et j’ai encore des remontées du rhum d’hier soir … Mais comment ils font ces mecs pour faire ça toute l’année ?? Et paraître nickel le lendemain ?? En tout cas, la prochaine fois que Tanguy m’appelle pour une nouvelle java, je lui sors le célèbre : « Je peux pas, j’ai piscine ! ».

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Tanguy, célibataire endurci de 38 ans mène sa vie à 2000 km/h. Son nom peut faire penser au célèbre film d’Etienne Chatiliez de 2001, mais Tanguy est loin d’être un assisté et a quitté le cocon familial très jeune. Ayant rapidement monté les échelons de la société, il a été promu l’an dernier directeur du service commercial.  Je l’ai connu à l’époque où il travaillait dans mon service : pas un brin prétentieux, il s’était fait une sacré renommée pour son sérieux et son professionnalisme, mais une offre plus alléchante l’avait poussé à partir. A cette époque déjà, nous avions l’habitude de partir faire un footing deux fois par semaine. Malgré notre petite différence d’âge, Tanguy tenait bien mon rythme. Il se plaisait d’ailleurs à dire : « Nous, on a du courage. Même après le boulot et en plein hiver, on trouve la force d’aller courir ! ». C’est vrai que Tanguy est le seul de mes collègues qui m’a suivi aussi longtemps et de façon régulière. Les autres venaient une fois et prétextaient une douleur, une obligation familiale ou professionnelle.

Depuis cette époque, nous avons réussi à garder notre running hebdomadaire. Et tous les samedis matin, nous nous retrouvons à la même heure (vers onze heures) au même endroit. Alors que j’arrive plutôt frais de ma nuit, Tanguy arrive souvent avec de petits yeux qui laissent aisément imaginer sa courte nuit : « Hier soir, on a encore fini au Black Night (NDRL : nom de sa discothèque favorite), il y avait un monde, c’était la folie … » ; « Je suis rentré chez moi vers 8 heures ce matin, j’ai préféré ne pas me coucher sinon je savais que je ne me lèverai plus pour te rejoindre ! ».

Et oui, pour Tanguy, au boulot comme avec les amis, la parole c’est sacrée : s’il me dit qu’on va bien courir le lendemain, je sais qu’il viendra même s’il a deux heures de sommeil et quelques milligrammes de résidus d’alcool dans le sang.

Notre course du samedi matin, on lui a donné le surnom de « café-course » : en effet, c’est comme si vous voyez un ami pour boire un café et lui raconter votre vie, sauf que nous on le fait en courant ! Tanguy est très curieux de nature : il aime savoir ce qu’est devenu tel ou tel ancien collègue : « Et Patrick, il se tape toujours en douce la stagiaire du service compta’ ? » ; « Et Mireille et Philippe, ils font toujours croire qu’ils sont bons amis ? Il n’y a personne qui a vendu la mèche sur leurs parties de jambe en l’air dans la salle des archives ? C’est vrai que c’était une bonne idée d’y installer une caméra !! ».

Moi, je le questionne souvent sur ses soirées et ses multiples rencontres d’un soir … Ou d’une nuit. Je le revois encore samedi dernier, arrivé avec une demi-heure de retard et me dire : « Je suis désolé, mais j’arrivais pas à la mettre dehors … Pourtant je lui ai dit que j’étais pressé, mais elle a voulu prendre une douche avant de rentrer chez elle ». Je prends sa réponse avec le sourire mais l’oblige à me raconter leur rencontre. J’aime bien quand il me raconte ses histoires : j’ai l’impression de vivre une vie qui n’est plus la mienne depuis longtemps : la vie de Don Juan, je l’ai abandonné il ya plus de dix ans quand j’ai rencontré Charlotte : alors forcément, les aventures de Tanguy me rappelle une autre époque teintée de bons et de mauvais souvenirs.

Mais ce que Tanguy apprécie pendant nos « café-course », c’est que je lui parle de ma vie avec Charlotte. Ce que je prenais au départ pour de la politesse,  n’en était en fait rien : Tanguy, même s’il reste un bringueur vétéran qui refuse l’engagement, aime entendre les vicissitudes d’une vie de couple : « Et comment va Charlotte ? Et ses derniers examens médicaux, ça s’est bien passé ? Et votre voyage en Irlande, vous le préparez ? Et avec sa chef au boulot, ça va mieux ? Et sa copine Marine, elle s’est remise de sa rupture ? …

Quand il vient manger chez nous, il n’arrête pas de poser des questions et écoute scrupuleusement nos réponses. Nous ne sommes pas les seuls couples d’amis que fréquente Tanguy : le soir, il est rarement chez lui et est toujours invité chez les uns ou chez les autres. Quelque part, c’est un peu là, qu’il vit sa vie de couple.

Comment ne pas songer à un parallèle avec Paul Verlaine. Certes, Tanguy et Paul n’ont pas les mêmes penchants sexuels, mais les deux ont des similitudes frappantes : Verlaine, talentueux poète de son époque, ne réussit pas à s’engager durablement dans ses relations amoureuses. Ecumant tous les bars de Paris, Londres ou Bruxelles, il entretenait des liens assez tendus avec sa famille qui lui reprochait sa vie de débauche. Il se tourne alors vers ses cercles d’amis, souvent admirateurs du personnage, qui voient plus en lui le talentueux poète que l’alcoolique notoire.

Tanguy ne parle jamais de sa famille. Je sais qu’il ne voit plus son père, mais s’occupe de sa mère qui est séparée depuis longtemps de son géniteur. C’est un sujet délicat à évoquer avec lui. Est-ce pour cela qu’il refuse de mettre en place une relation durable ? Est ce qu’il préfère se contenter d’observer les couples en place et s’y insérer le temps d’une soirée ? Je ne l’ai entendu qu’une fois me parlait d’une fille qui comptait pour lui et avec qu’il s’était installé. Mais leur histoire n’a pas duré : Tanguy aimait trop sa liberté et elle lui reprochait ses nombreuses sorties nocturnes.

Alors, notre bringueur vétéran, à l’âge où il pourrait être marié et père d’un ou deux enfants, préfère continuer à écumer les bars, les soirs de week end, à la recherche d’une nouvelle conquête aussi imbibée que lui. Peut être ne se voit-il pas vieillir de cette manière ? Pour ma part, comme je l’ai dit en préambule, j’éviterai de sortir à nouveau en soirée avec lui, surtout une veille de « course-café », puisque je n’ai pas eu le courage de me lever mais seulement de me poser la question à son sujet : les codes ont-ils changé ?

César

28 décembre 2012

Le Monsieur-je-sais-tout moralisateur

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez-vous jamais eu dans votre entourage, ce type bavard au possible, qui cherche toujours à avoir le dernier mot ? Jean-Pierre est notre homme.

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Jean-Pierre est un de mes cousins par alliance. Mari exemplaire de ma cousine Sophie, nous avons le plaisir de le retrouver lors de nos repas familiaux. Jean-Pierre est bavard, très bavard. Certes, il a une culture impressionnante et un CV à faire pâlir d’envie les plus hauts énarques : il est capable dans la même conversation de disserter autant sur les divers courants impressionnistes que sur les dérives politiques dans les pays en guerre.

Bref, avec Jean-Pierre à table, on est certain de toujours trouver des sujets de discussion passionnants et instructifs. Cependant, car il y a un « mais » là où notre Monsieur-je-sais-tout ramène un peu trop sa science, c’est quand il veut élargir sa culture à la psychologie féminine et même celle du couple. En effet, loin de se contenter de parler de tout, il a une propension (pour le coup un peu pénible) à feindre de tout savoir. Jean-Pierre a vécu dans une famille pauvre et est toujours très fier de clamer haut et fort ses années de galère pour arriver à sa situation professionnelle actuelle. Si la conversation du repas dominical s’oriente vers la vie de l’époque coloniale, il n’hésitera pas à s’immiscer dans le débat en parlant de son enfance à Alger. La discussion dérive vers le problème du tabagisme chez les 15-18 ans ? Pas de souci pour lui, en sa qualité de presque médecin (il a fait une année de médecine avant de se tourner vers le milieu bancaire), il va nous sortir des thèses plus ou moins probables sur l’impact du tabac et les causes de la dépendance des jeunes.

Mais là où il frôle parfois le ridicule, c’est lorsqu’il se met à parler du couple. Il n’y a pas quinze jours de cela, Sophie, lors d’une conversation téléphonique, me parlait de la situation plus que tendue de leur couple et de son envie de divorcer … Mais, de ça, notre perroquet ne semble pas s’en préoccuper, ou bien du moins, il évite de l’évoquer. Ainsi, il n’hésite pas, lors de ce même repas, à lancer à César et moi-même, les recettes du couple miracle : « Un couple, ça marche sur l’indépendance … La jalousie est néfaste et source de conflits … Et blablablabla ». Sophie me lance alors un sourire plein de sous-entendus et je dois avouer, qu’à ce moment là, je m’extasie devant la capacité de notre moralisateur à nous donner une leçon de bien-être conjugal ! Lui, qu’il y a encore quinze jours tout au plus, passait pour être le plus casanier et castrateur des maris, nous fait une ode à la liberté du couple ! Et, César, ignorant ma discussion avec Sophie, qui bade béatement ses paroles et, d’un air dubitatif, lui lance à la cantonade « Tu crois vraiment que c’est ça, la recette du bonheur ? ». Jean-Pierre, loin de se démonter et de se remettre en question, lui lance alors un impitoyable : « César, tu as encore la fougue de la jeunesse et tu ne peux comprendre les réelles attentes des femmes ! ».

Non mais je rêve ! C’est MON César qui passe pour un pur goujat aux yeux de ma famille alors que ce vil moralisateur passe pour LE spécialiste du couple inter générationnel ! Et ma mère de rajouter : « Sophie, tu en as de la chance d’avoir un homme si enclin à comprendre les femmes ». Bref, même si je boue intérieurement,  j’ai secrètement espoir que Sophie lance un petit pic, une once d’ironie pour le remettre à sa place, mais non, Monsieur Jean-Pierre-je-sais-tout s’en sort encore une fois grandit ! Quel pro dans l’art de la rhétorique !

L’histoire n’est pas exempte de personnages de la sorte. Les sophistes, dans la Grèce Antique sont des orateurs, dont la culture et la maîtrise du discours en font les personnages prestigieux de l’Ecclesia (assemblée des citoyens). Leurs détracteurs (dont les plus célèbres furent Platon et Socrate) estiment que, n’ayant en vue que la persuasion d’un auditoire, que ce soit dans les assemblées politiques ou lors des procès en justice, les sophistes développent des raisonnements dont le but est uniquement l’efficacité persuasive, et non la vérité. Socrate, bien qu’opposé aux méthodes sophistiques, s’y intéressera cependant pour leur concept de « relativisme de la vérité » qui est en totale opposition avec la philosophie socratique selon laquelle il n’existe qu’une vérité et c’est en la cherchant que l’on est dans le Bien, le Beau, et le Juste. Il peut ainsi s’exercer à « combattre » les imposteurs qui jouent sur la vraisemblance pour piéger leurs auditeurs, ou encore paraître avoir raison en toute circonstance (buts par ailleurs immoraux).

Alors, ce qui me dérange chez Jean-Pierre, ce n’est pas son art rhétorique en soi, c’est plus ce coté Monsieur-je-sais-tout moralisateur, qui le pousse à des extrêmes, et même au ridicule parfois. Ne pourrait-il pas, quelques minutes par repas, laisser la place aux autres, et ainsi laisser peut être autrui lui apprendre des choses en retour ? Mais au fond, des Jean-Pierre on n’en connait forcément tous, et la question ritournelle semble ici purement rhétorique : Les codes ont-ils changé ?

Charlotte

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