Lescodesontchange

10 octobre 2012

Le Casanova casé

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Samedi soir, 21h, 1 gramme d’alcool dans le sang.  C’est notre rituel : une fois par mois, on se retrouve, moi et ma bande de potes mariés jusqu’au coup, dans le centre ville, prêt à écumer les bars et se dandiner sur le « dance floor » des boites de nuit. On a besoin de se retrouver de temps en temps, en laissant femme et enfant(s) à la maison, pour se rappeler nos bons souvenirs. Parmi nous, Stéphane est le prototype du Casanova casé.

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Stéphane, la trentaine bien tassée, est en couple depuis 8 ans avec sa femme, Viviane, qui est aussi la maman de leur fille. Plutôt beau gosse, Stéphane était un peu le préféré des étudiantes de la fac de lettres. Sa rencontre avec Viviane, un véritable coup de foudre, a mis un terme à sa carrière de « Dom Juan ». Enfin …

21h : Alors que nous entamons notre énième tournée de bière, un groupe de jeunes filles (enfin la vingtaine quoi) s’installe à la table à côté de nous. Alors que nous discutions des derniers résultats sportifs, Stéphane leur adresse un large sourire et s’empresse de ramasser la veste, tombée au sol, de l’une d’entre elles. De fil en aiguille, nous apprenons qu’elles sont étudiantes en lettres et qu’elles fêtent leurs retrouvailles. Stéphane ne peut s’empêcher de leur dire que nous partons manger dans un resto voisin à l’ambiance très sympa et qu’elles peuvent se joindre à nous … Bien entendu, sa technique, habituelle et bien rodée, est de s’adresser à la plus communicative du groupe (pas forcément la plus jolie). Mais sur ce coup, ça ne marche pas.

22h30 : Nous arrivons dans notre resto à tapas et le patron nous a réservé « notre » table centrale : à comprendre, celle où on peut observer toutes les tables de la salle … ou plutôt la gente féminine assise à ses tables. On s’assoit à peine sur les hauts tabourets, que l’un de nous manque déjà à l’appel : Stéphane ! Il s’est arrêté à une table vers l’entrée où deux trentenaires de sexe féminin, bien éméchées, rient à gorge(s) déployée(s) (leur décolleté est aussi très ouvert …) aux blagues de notre Casanova casé.  Je décide d’aller le chercher : « Stéphane, tu viens ? … – Eh César, je te présente Laure et Elsa, tu te souviens on les avait rencontré au Rock Sun le mois dernier ?! ». En effet, je me souviens de ces deux sirènes peu farouches qui s’étaient dandinées toute la soirée près de nous (et surtout de Steph’).

00h30 : Alors que nous sortons à peine du resto et que notre vision est de moins en moins claire, nous croisons sur le chemin le groupe de fille du début de soirée. Stéphane s’empresse de leur crier : « Les filles, c’est le destin si nos chemins se croisent à nouveau. Allez venez, on part danser au Rock Sun !!! ».

Même si son attitude pourrait choquer les plus puritains, nous n’avons jamais vu Stéphane embrasser une autre fille ou pire coucher avec. Pourtant, c’est vrai que pendant les soirées, il n’arrête pas une seconde. Nous en avons souvent discuté tous ensemble : il explique que lors de ces soirées, l’alcool aidant, il retrouve ses vieux instincts de charmeur. Aujourd’hui, marié et papa d’une petite fille, il adore sa vie. Mais ces soirées, c’est un peu pour lui l’occasion de se prouver qu’il est encore capable de plaire sans pour autant devenir un mari infidèle. En même temps, nous, les gars du groupe, on est d’accord avec lui et on profite aussi de ses soirées pour tester nos vieux réflexes …

02h00 : Au Rock Sun. Alors que Stéphane passe de groupe en groupe, il tombe sur une fille qui l’arrête et semble le connaître. Lui, semble ne pas trop la remettre : il faut dire que son taux d’alcool instantané bloque quelque peu son fonctionnement cérébral … Elle l’invite à danser, se dandine autour de lui et commence à trop s’approcher de lui. Il lui glisse alors quelque chose à l’oreille et elle tourne les talons, vexée. Je m’approche de lui et lui demande ce qu’il a dit. Avec son haleine empestant le vin et la bière, il me relate : « Et alors, je lui ai dit … Eh coquine, t’es gentille, mais je suis marié, alors on va pas aller plus loin je crois … ». Il éclate de rire, mais reprend un air plus sérieux : « Par contre, c’est un peu embêtant, il me semble que c’est une de mes stagiaires … Ca risque de jazzer lundi au boulot … ». Nous, cette histoire nous a bien fait rire et on a fêté ça par une dernière tournée générale de bière.

L’histoire n’a pas manqué de Casanova et autre Don Juan, mais qui était ces deux personnages à qui l’on compare souvent notre Stéphane ? Casanova, vénitien aux multiples visages et fonctions est le symbole de la séduction. Jeune, il est déjà entouré de jeunes femmes qu’il commence à séduire. Adolescent, il « court après les jupons ». En 1740, une servante de sa maison raconte même qu’elle a passé une nuit torride avec le jeune Casanova, âgé seulement de 15 ans d’où une expression qui lui vient en tête : « Ciel ! Un vent de liberté ». Grand séducteur, il réussit à attirer les jeunes femmes de la bourgeoisie italienne. Sa réputation s’est construite autour de son principal livre, Histoire de ma vie, où il mentionne 142 femmes avec lesquelles il aurait eu des relations sexuelles. Bien qu’il soit souvent associé à Don Juan, leur histoire n’a rien à voir. Dom Juan est un mythe, un personnage inventé de toute part, mais inspiré d’un fait divers rapporté par la Chronique de Séville : Selon la légende, il aurait vécu au XIVe siècle : fils de l’amiral Alonso Jofre Tenorio, Don Juan Tenorio aurait tué le commandeur Ulloa dont il avait séduit la fille, et les moines du couvent où fut enterré le commandeur, outrés de cet acte, l’auraient assassiné et fait disparaître le corps. Mais ce mythe de Don Juan est vraiment né grâce au succès de la pièce du moine espagnol frère Gabriel.

Alors, c’est vrai, Stéphane, notre Casanova casé adore jouer les « allumeurs » dès qu’il sort avec nous et que l’alcool l’aide à transgresser ( ?) les codes de sa vie calme et rangée. Mais, il refuse toujours d’endosser la panoplie du parfait mari infidèle, même si beaucoup de copains se plaisent à dire qu’il risque un jour de se brûler à force de jouer avec le feu. Moi, je me pose plutôt la question : les codes ont-ils vraiment changé ?

César

5 octobre 2012

Le mondain chronique

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais connu dans votre entourage de garçon, qui tout en ayant une vie privée déjà bien remplie, ne peut se passer de ses amis, de ses relations ? Raphaël est notre homme.

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Raphaël, agréable cadre dans la fonction publique, est marié avec Marine, charmante bibliothécaire de 36 ans. Raphaël a tout pour être heureux, une belle voiture, une belle maison cossue, une épouse radieuse mais il a un seul souci … Il ne sait pas rester seul.

Alors bien sûr, Raphaël a toujours été très entouré : Déjà très populaire dès l’école primaire, il a toujours eu l’âme d’un leader. Sa vie s’est construite autour de sa popularité : être le meilleur à l’école, être l’enfant modèle dont rêve tous les parents, être ensuite en grandissant le plus courtisé, être le plus affable et sympathique en soirée, être au cœur des réseaux qu’ils soient réels ou fictifs…

Alors, me direz-vous, où est le problème ? Le problème c’est qu’à force de tout donner pour ses relations, notre mondain chronique en oublie parfois son couple … Et Marine n’hésite pas à le lui faire savoir !

Un vernissage proposé à la dernière minute … Raph’ passe une veste et arrive ; un copain (ou une copine) qui déprime … « Mister relationnel » débarque avec rafraichissements et friandises ; une soirée clubbing à l’autre extrémité du département : « C’est pas grave, je ferai la grasse mat dimanche matin.. ». Bref, notre mondain est aimé de ses proches mais en contrepartie, il le leur rend bien : Il est toujours le premier à rendre service, son père le réclame pour refaire (pour la deuxième fois cette année) la terrasse … Qu’à cela ne tienne, il sera disponible dès 6 heures du matin.

Notre mondain chronique n’a pas que des amitiés viriles et « familiales », il est aussi à ses heures perdues le conseiller gentleman de ces dames. Combien de copines sont venues pleurer à chaudes larmes dans ses bras, suite à une rupture amoureuse, un décès familial, une overdose de boulot ? Elles n’hésitent d’ailleurs pas à clamer : «  Raphaël, c’est le meilleur confident que l’on puisse avoir, toujours une oreille attentive, souvent ironique mais toujours prêt à donner LE petit tuyau qui va changer la donne ! ». Autant vous dire que notre couple si  (trop) sympathique est rarement seul. Ils se réservent quand même de nombreux voyages en amoureux, mais trop peu au regard de Marine ; qui aimerait bien garder son « superman » pour elle toute seule parfois.

Pourtant souvent, ça l’arrange la Marine : Elle n’hésite pas à inviter ses copines qui, en tant ordinaire, seraient vexées de se retrouver avec un « traite » de la gente masculine. Et bien là non : «  Raph’, c’est un peu comme un pote homo, on peut parler chiffon et cul avec lui, il écoute sans tortiller… ». Homo, faut pas exagérer non plus, n’est-ce pas Marine ? Car avant de filer le parfait amour avec elle, Raphaël a longtemps erré à la recherche de l’âme sœur. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’à l’instar de sa popularité amicale, il avait aussi une certaine popularité « amoureuse ».

Forcément un mec aussi gentil, attentionné et boute-en-train, c’est un peu la panacée de réussir à le trouver. Et surtout, ce qui rebute Marine au plus haut point c’est sa compassion avec ses ex, ce que ce dernier a du mal à comprendre. Et pourquoi pas : « Une histoire finie ne peut-elle pas être le début d’une belle amitié ? ».  A voir… Autre débat de société !  

Alors, malgré sa gentillesse et son désir de ne jamais faire de peine à quiconque, Raph’ a du mettre de nombreux « râteaux » et laisser de nombreuses filles dans le désarroi.  Et oui, plaire c’est bien, mais après encore faut-il assumer son succès et savoir dire non. Il semble vraiment que son problème « number one », c’est qu’il ne sait pas dire « NON ». « Non », à la fille qui le colle et dont il a juste pitié ; « non » à son pote boulet qui lui propose un plan foot-bière-canapé tous les vendredis soirs ; « non » à une amoureuse éconduite qui menace de se suicider en pleine nuit s’il ne « la délivre pas de son amour … ». Alors, bien souvent il se retrouve coincé. Combien de fois avant Marine, est-il sorti avec des filles, sympathiques certes, mais dont il ne voulait pas, juste par pitié ? Combien de fois a t-il du céder à des chantages amicaux de la part de certains amis névrosés qui le prenaient inconsciemment pour leur psy ?

Alors est-ce que ce besoin d’être toujours aimé et entouré cache un mal être ? Il semble, que Raphaël soit juste quelqu’un d’extrêmement gentil et dévoué qui aime faire plaisir et rendre service, mais attention à ne pas trop en faire !

L’histoire nous donne-t-elle des exemples probants et marqués de mondain chronique ? De nombreux artistes, peintres, sculpteurs, romanciers, poètes ont eu une vie sociale bien remplie. Ainsi, comment ne pas comparer notre Raphaël au talentueux Léonard de Vinci, homme à la vie sociale « exemplaire ». Léonard de Vinci a eu beaucoup d’amis qui sont reconnus dans leurs domaines respectifs ou ont eu une influence importante sur l’Histoire. Il s’agit notamment du mathématicien Luca Pacioli avec qui il a collaboré pour un livre, César Borgia, grand seigneur italien, au service duquel il a passé deux années, Laurent de Médicis et le médecin Marcantonio della Torre. Il a rencontré Michel-Ange dont il a été le rival et a témoigné une « connivence intime » avec Nicolas Machiavel. Parmi ses amis, se trouvent également Franchini Gaffurio et Isabelle d’Este, noble italienne et figure de proue de la Renaissance italienne. Il était également ami de l’architecte Jacopo Andrea da Ferrara  jusqu’à son assassinat. Au-delà de l’amitié, Léonard garde sa vie privée secrète. De son vivant, ses capacités extraordinaires d’invention, son « exceptionnelle beauté physique », sa « grâce infinie », sa « grande force et générosité », la « formidable ampleur de son esprit », telles que décrites par Vasari, ont attisé la curiosité. A l’instar de notre mondain, Léonard arrivait-il parfois à se retirer de cette pléiade « d’amis » qui le courtisait ?

Nous pourrions multiplier les exemples, mais la question resterait quand même posée : Les codes ont ils changé ?

Charlotte

30 septembre 2012

Le passionné exalté

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N’avez-vous pas dans votre entourage ce sympathique garçon, capable d’enchanter vos soirées car intéressant et cultivé, mais capable aussi de les rendre invivables à cause de sa passionFlorian est notre homme.

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Ce soir, nous avons invité Florian et Camilla pour un petit apéritif dinatoire. Après le passage réussi de la rentrée et de la reprise des activités culturelles et sportives, nous reprenons notre vie sociale auprès de ce couple d’amis que nous voyons que trop peu souvent. A l’origine, c’est Camilla que nous connaissons : cette jolie blondinette était, il y a encore deux ans, une célibataire désespérée qui avait perdu l’espoir de trouver le prince charmant. Sa rencontre avec Florian, jeune cadre dynamique et sportif, a été une révélation : voyages, mariage grandiose et bébé dans la foulée …

Florian, grand brun assez large des épaules est un orateur né. Dans son métier, il passe son temps à faire des présentations devant des auditoires de clients qu’il doit convaincre d’acheter des nouveaux produits de son entreprise. Forcément, lors de nos soirées, il a tendance à monopoliser la parole : on ne lui en veut pas … Il est quand même assez cultivé et a fait pas mal de choses dans sa vie malgré son (encore) jeune âge : exposé sur la beauté de l’architecture néo byzantine de la cathédrale qu’il a visité le week-end dernier, récit sur son dernier voyage en Afrique et sa découverte des pratiques culturelles d’une peuplade encore très peu touchée par la modernisation, description des différentes étapes du permis bateau qu’il prépare … Il est capable de partir sur un (long) sujet à la seule évocation d’un mot par l’un des convives (en l’occurrence, ce soir les mots furent « patrimoine » « vacances » et « week end »).

En même temps, tout le monde s’accorde pour dire que Florian est un garçon intéressant et cultivé, qui aime bien parler mais qui sait aussi écouter (même s’il renchaîne derrière sur une autre tirade … ).

Mais là où il ne faut jamais lancer Florian c’est sur sa passion : le golf.

Commençant à connaître le personnage, j’avais pourtant fait attention à ne pas le lancer sur le sujet. Mais j’avoue qu’en me parlant de leur dernier week end dans les Pyrénées, je ne pensais pas qu’il puisse aborder la question : « Et puis le plus sympa dans cet hôtel, c’est qu’il y avait un  « 18 trous » à flanc de montagne vraiment extraordinaire … ». Raté !

« César je t’assure, il faut vraiment que tu viennes un jour avec moi : quand tu te retrouveras sur le green, sans aucun bruit ni personne pour t’ennuyer, tu comprendras ce que je ressens … En plus, depuis que j’ai … ». Ca y est, il est parti … On ne l’arrêtera plus. Je lance un regard désespéré mais pas trop vers Charlotte qui feint de ne pas me voir et continue de parler avec Camilla. Je décide donc de proposer à nouveau du vin à notre hôte : « Oui, je veux bien, merci ! Et comme je te disais, la semaine prochaine, je vais partir jouer sur ce nouveau terrain car il paraît qu’ils ont un magasin extra. Mais le top, c’est qu’il y a là-bas, « le spécialiste » qui rien qu’en te regardant faire un tir, est capable de te dire quels sont les clubs les plus adaptés pour toi ! Tu te rends compte ?! ». Non, pas vraiment ai-je pensé intérieurement.

La soirée avance et le débit sur le golf ne faiblit pas : c’est là qu’on regrette un apéritif à quatre. Si d’autres personnes étaient là, j’aurai pu tenter de m’esquiver en prétextant un truc à récupérer à la cuisine. Mais là, je suis coincé et je ne peux m’empêcher de penser à la célèbre pièce du « dîner de cons » : on est pourtant pas mercredi soir, nous n’avons invité que deux personnes et une seule est en train de m’enterrer vivant sous le flot de son discours de golf !

« Et puis, ce week end, c’est le début de la Ryder Cup. C’est vraiment l’événement sportif du monde du golf ! C’est le moment où les meilleurs golfeurs américains affrontent une équipe des meilleurs golfeurs européens lors d’une épique … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … (C’est fou parfois comment notre esprit, poussé dans ses retranchements peut s’évader loin de ce que l’on peut nous raconter … Pourtant ma tête dit toujours oui à mon interlocuteur, mais là j’avoue je décroche … Par politesse, je laisse donc mon corps, mais mon esprit s’évade ailleurs) … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … …  … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … donc c’est vrai que pour Camilla ce n’est pas le meilleur des week ends, mais elle sait que c’est ma passion. (Ouf, ça s’arrête). »

Alors que Charlotte a réussi à nous sauver en sortant un vieil album photo pour nous montrer les deux midinettes qu’elles étaient (Camilla et elle même) au lycée, la conversation part sur de nouveaux horizons et mon esprit parvient à rejoindre mon corps.

Pourtant, que serait notre société sans ces passionnés qui vivaient, dormaient, mangeaient leur passion : quelle perte pour l’humanité si Albert Einstein avait été brimé par ses deux épouses, Mileva et Elsa, qui auraient pu l ‘empêcher de parler de physique et auraient pu lui reprocher d’y consacrer trop de temps. De même, que penser si Adèle, la femme de Victor Hugo, lui avait demandé d’être plus présent et de s’occuper de leurs cinq enfants ? Et si Hortense avait demandé à son mari, Paul Cézanne, de calmer sa passion pour trouver un métier stable et des revenus réguliers ?

Les exemples de passionnés qui ont marqué l’histoire de leur empreinte ne manque donc pas. Faut-il laisser ces rêveurs vivre leur passion ? Faut-il leur rappeler le sens et les priorités de la vie ? Le sport peut-il être une de ces passions au même titre que les sciences ou les arts ? Dans tous les cas, une chose reste en suspens : les codes ont-ils vraiment changé ?

César

25 septembre 2012

La lionne cyclotimique

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais connu de fille dans votre entourage qui prône haut et fort son indépendance (financière, sociétale et surtout sentimentale) et qui pourtant va tomber du jour au lendemain sous la coupe (et la croupe) de son amant. Prenons l’exemple de Maêly.

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Maêly, petite femme boulotte de 42 ans, au caractère bien trempée, est une amie du boulot, avec qui je disserte très souvent durant nos pauses méridiennes. Jusqu’il y a peu de temps, notre lionne amadouée était, au contraire, ce que l’on nommait une « dure à cuire ». Célibataire endurcie, malgré sa quarantaine bien tassée, elle ne se laissait dicter de conduite ni par notre supérieur hiérarchique, et encore moins par ses compagnons de route.

Au boulot, c’est toujours la première à monter au créneau, et ce, parfois en employant un langage peu châtié. Maêly, outre son côté jovial et amical, est surtout connue pour ses coups de gueule à répétition et son franc-parler légendaire. A certains condisciples qui « jasent » sur ses prétendues aventures scabreuses,  elle n’hésita pas, un beau jour, à hurler en pleine réunion : «  C’est qui, qui me l’a met ? Hein, c’est qui, qui me l’a met ? En ce moment il n’y a que mon mec qui me l’a met  … Alors avant de parler, faut se renseigner ». Autant vous dire que les langues intarissables se sont vite faites muettes.

Notre lionne pas encore amadouée, n’est pas non plus du genre à accepter des contrats supplémentaires. Elle n’hésite pas à lancer à notre patron, pourtant très prévenant : «  Si vous voulez que je vienne à cette réunion supplémentaire, il faudra me donner une bonne raison de sortir de mon lit ».

Sur le plan sentimental, sa rigueur n’en est pas plus laxiste. Un mec pour elle, c’est avant tout un renouvellement perpétuel de CDD : Même s’il la couvre de fleurs, de diverses attentions, de papouilles en tout genre, à la première tentative de déclaration d’amour, elle fuit comme une gazelle à l’approche d’un lion sauvage.

Elle n’hésite d’ailleurs pas à qualifier  ses histoires de « contrats tacites passés entre adultes responsables », ce qui implique une liberté totale. Elle est d’ailleurs toujours sur la défensive si on a le malheur de lui demander si son aventure actuelle ne pourrait pas éventuellement se transfomer en love story.

Maêly est une sorte de figure de proue du féminisme actuel. Des histoires sérieuses, elle n’en a pas eu tant que ça. Il faut dire qu’avec son physique un peu ingrat, elle n’a pas toujours eu le choix. Pourtant, et heureusement pour elle, depuis quelques années et grâce à l’émergence de réseaux sociaux et de sites de rencontres, notre lionne amadouée drague et se fait draguer.

Alors, et surtout grâce à un célèbre site de rencontre, elle aligne ses CDD, tel un demandeur d’emploi au Pôle Emploi. Du coup, Maêly a maintenant un besoin intrinsèque de ces multiples aventures. : Le lundi, elle se plaint d’ailleurs souvent de son week end, passé en solo, qui justifie son humeur de chien.

Alors nous, en cachette, pour son bien-être, et peut être un peu aussi pour le nôtre, on espère qu’elle a « pécho » : Une bonne nuit enfiévrée et voilà notre lionne amadouée prête à remuer ciel et terre pour son boulot. A contrario, une semaine de disette sexuelle, et voilà notre Maêly au comble de la nervosité, prête à nous envoyer balader pour la moindre question posée, pour le moindre dossier déposé sur son bureau. Elle est l’exemple même de la personne cyclotimique.

Depuis sa rencontre avec Maxence, lors d’un mariage dans le Nord-Pas-de-Calais, notre lionne est métamorphosée. Passés les premiers mois en plein émoi (waouh sacré jeu de mots …), euphorique et joyeuse en permanence, Maêly ne tarissait pas d’éloge sur son bel amant, au regard de braise. Cependant, et il y a toujours un « mais, » Maxence est fraichement divorcé et papa d’une petite fille de sept ans. Alors, pour notre féministe repentie, ca fait beaucoup. Déjà un homme capable de passer d’un CDD à un CDI ça relève de l’exceptionnel, mais en plus, devoir se farcir la belle-fille un week end sur deux et une ex femme manipulatrice … Là ça relève carrément du miracle !

Malgré tout, Maêly tient le cap. Son histoire avec Maxence marche bien, à la hauteur de leur vie sexuelle assez trépidante. Elle n’hésite pas à s’en vanter ouvertement lors de nos déjeuners : « Tu sais Charlotte, avec César, vous devriez faire ça tous les jours, avant de vous endormir ; ça vaut tous les livres du monde, et après tu t’endormiras comme un bébé … C’est une recharge saine d’endomorphines ». Ouais, on en reparlera dans dix ans.

Par contre, et c’est là le problème, si Max a le malheur de refuser ses assauts, elle nous le fait payer à prix fort. Ce qui est le plus improbable dans leur histoire c’est de voir à quel point notre lionne féministe se conforme désormais aux souhaits de son chéri. Devant lui, elle, la « grande gueule », se fait toute petite : Il ne veut pas partir en vacances à l’hôtel ? Et bien tant pis, elle ira avec lui passer quinze jours chez ses beaux-parents dans le Morbihan ; elle aime sortir avec ses copines au moins une fois par mois ? « Désolée les filles, mais les soirées filles, ça ne m’intéresse plus, je préfère regarder le foot avec Max » … Ben voyons ; un petit resto amoureux de prévu ce soir ? « Désolée ma biche, mais je dois récupérer Solène à l’école (la fille de Max), nous la gardons finalement ce week end». Bref, notre lionne devient vraiment docile et amadouée face à son CDI.

Alors, ce revirement aurait le don de choquer les plus ferventes féministes telles, Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, Louise Michel ou encore Simone Veil. La phrase célèbre écrite par Simone de Beauvoir dès 1949 dans Le Deuxième Sexe  : « On ne naît pas femme, on le devient » indique sans doute le point central de toute théorie féministe. Etre femme, c’est un état, pas un état d’enrôlement volontaire à un individu de sexe masculin.

« Ont-elles jamais existé, ces fabuleuses nations de jeunes filles, ces démons montés, galopant dans tous les coins du monde en faisant gicler de tous côtés glace et sable doré ?… » se demande Helen Diner dans Mothers and Amazons : The First Feminine History of Culture .

Comment ne pas songer à toutes ces femmes, qui, pendant des années ont lutté pour la fin du clivage homme/femmes, pour faire sortir les femmes de « ce continent noir » comme le disait Freud où on les a cantonnées pendant si longtemps ?  Comment penser, qu’en plein XXIème siècle, des Maêly préfèrent encore être asservies aux désirs de leurs compagnons, quitte à en perdre leur vraie personnalité ? Et pourtant, malgré la crise féministe, les évolutions de la « gender history » et les avancées égalitaires, la question demeure : les codes ont-ils réellement changé ?

Charlotte

21 septembre 2012

Le geek persuadé

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Qui n’a pas dans son entourage proche, ce jeune garçon qui n’a que le monde informatique dans la vie et ne vit que par ce qu’il y trouve ?

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 Jean-Baptiste, tout juste la vingtaine, vit dans un monde parallèle au nôtre. Je m’entends : il vit plutôt dans un monde virtuel. Tombé dans l’univers informatique dès son plus jeune âge, il aime nous dire que son entourage familial ne l’a pas aidé à se détourner de cette addiction : un père informaticien et une mère comptable qui bosse toute la semaine sur des ordinateurs …

Après avoir brillamment réussi un baccalauréat scientifique, il s’est orienté vers une voie plus professionnelle : Deux ans de e-commerce, une licence de communication informatique et internet, il entame aujourd’hui un master de marketing. Tous ces domaines l’intéressent surtout parce qu’ils lui permettent de garder le contact avec son précieux clavier informatique. D’ailleurs il ne se gène pas pour se moquer de l’incompétence de ses professeurs (issus pour la plupart du monde professionnel) dans ce domaine : « Le mec, il te dit qu’il a créé sa boite tout seul et il est pas capable de te faire une explication correcte sur un logiciel de retouche de photos » ; ou encore « Tu crois rêver : les profs que j’ai, ils sont soi-disant performants, ils ne nous apprennent que des conneries !! ».

C’est d’ailleurs ses parents que nous connaissons à la base : Jean-Baptiste, on l’a vu grandir et progressivement devenir ce geek persuadé.  Quand nous allons manger chez eux, j’aime bien, avant le repas, monter dans sa chambre pour qu’il me montre ses derniers jeux en ligne ou les derniers sites internet du moment. Alors c’est vrai que souvent, il se lance dans des présentations d’initiés où je feins de comprendre et de m’intéresser : « Et là tu vois c’est le must du jeu en ligne en ce moment : Tu peux choisir une armée et commencer à la développer. Après tu lances tes gars sur la carte et tu crées des alliances provisoires que tu peux rompre au bout de quelques heures de jeu. Et puis, si tu cartonnes bien, tu peux te faire recruter par des équipes qui se montent pour créer des super alliances. En plus, si tu passes beaucoup de temps connecté, ça augmente tes points d’endurance et le moral de tes troupes se recharge plus rapidement … Eh, tu m’écoutes César ??? ». J’avoue que j’avais un peu décroché là, mais j’arrive quand même à lancer un improbable : « Je crois que ta mère nous appelle : le repas doit être prêt ! ».

Il arrive quand même à pratiquer plusieurs sports même s’il n’arrive pas à se fixer dans l’un d’entre eux : football, handball, athlétisme, natation, course à pieds. Aucun n’est au final assez bien pour lui et il en est toujours déçu : « De toutes manières il y a que des cons dans ce club … Les mecs, ils sont bêtes, ils comprennent rien à rien … ». Nous ce qui nous inquiètent c’est qu’il n’arrive pas à se fixer, persuadé dans ses réalités virtuelles mais irréelles, exigeant comme s’il cherchait en amitié des personnages parfaits comme dans ses jeux vidéos.

Il est plutôt beau garçon derrière ses petites lunettes d’intellectuel. Certes, il ne se met pas trop en valeur même s’il lui arrive d’acheter quelques vêtements griffés sur des sites de vente en ligne. Ben oui, le geek persuadé ne se rend pas trop dans des magasins pour acheter ses fringues : la peur d’être jugé, la crainte que quelqu’un de réel puisse penser quelque chose de néfaste sur lui … Il n’est donc pas le demi pervers abonné en mode premium à tous les grands sites pornos du net : non, il essaye quand même de fréquenter quelques jeunettes même si ses histoires sont toujours très courtes.

Il a aussi la chance d’avoir une maman super (voir trop) prévenante qui lui cache la réalité de la vie. Benjamin de sa famille, il est donc logiquement choyé par ses parents qui ont la nostalgie des plus grands partis trop vite de la maison. Parfois, on lui fait remarquer la chance qu’il a d’avoir des parents aussi aimants et aussi proches de lui. Mais ce dernier ne voit qu’un côté normal à cette attitude et reste enfermé dans ses certitudes : il ne va jamais faire les courses et rend service à ses proches en trainant les pieds …

Tout cela n’empêche pas Jean-Baptiste de garder de très grandes ambitions professionnelles. Encore étudiant, et malgré quelques petits boulots d’été, il n’a pas encore bien saisi le sens de l’argent. Pour lui, l’argent c’est facile. Plus tard, il en gagnera beaucoup et aura un job rêvé où il pourra se permettre de remettre son patron en place quand cela lui chantera. Là forcément, on manque de s’étrangler en entendant ses paroles peu sensées et immatures. Mais le jeune geek ne veut encore rien entendre : il va jusqu’à nous faire remarquer que nous manquons d’ambition et qu’il faut « viser la lune pour atteindre les étoiles » (son expression favorite). Nous, on ne peut s’empêcher de penser « si jeunesse savait et si vieillesse pouvait … ».

L’histoire  nous a donné plusieurs exemples d’incompris qui pourtant tentaient de révolutionner le monde et son système de pensée : Galilée, astronome italien du XVIIème siècle est célèbre pour avoir perfectionné la lunette astronomique, ce qui lui a permis de procéder à des observations qui ont bouleversé la discipline. Il s’est ainsi posé en ardent défenseur de la conception copernicienne de l’Univers, l’héliocentrisme, et s’est alors heurté aux critiques des partisans du géocentrisme ainsi qu’à celles de l’Eglise catholique romaine. Il est moins connu pour d’autres théories physiques comme la théorie des corps flottants : Galilée prétend que la glace flotte parce qu’elle est plus légère que l’eau, alors que les aristotéliciens pensent que c’est dans sa nature de flotter. Tout cela lui vaudra d’être censuré, jugé, condamné, obligé d’abjurer ses théories et emprisonné.

Du coup, nous nous posons pas mal de questions sur notre geek persuadé : est-il un Galilée incompris des temps modernes ? Est-ce la fougue de la jeunesse ? Une réelle immaturité ? Mais la principale question reste posée : les codes ont-ils changé ?

César

14 septembre 2012

L’horlogère impatiente

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais connu dans votre entourage de fille qui aurait tout pour être heureuse, s’il ne lui manquait pas l’essence même de sa condition de femme (c’est un peu exagéré quand même) : un bébé. Voici notre exemple concret : Amalia.

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Amalia est une femme comblée : Beau mari, boulot très sympa dans la pub, aisance financière, elle mène ce qu’on peut qualifier de belle vie. Seulement voilà, Amalia a un souci de taille, elle n’arrive pas à tomber enceinte.

A peine leurs consentements mutuels échangés, Amalia et son mari Adrien ont été confrontés à la dure réalité de leur condition de couple marié : qui dit mariage, dit bébé… Et si possible avec une conception très rapide. Mais voilà, ce n’est pas si simple que cela.

Pendant un moment notre jeune mariée voulait encore profiter de la vie à deux et refusait catégoriquement l’idée d’enfanter. Lassée, par les éternels : « Alors les jeunes quand est ce que vous nous faîtes un beau petit ? » … « Allez, il faudrait quand même s’y mettre, vos parents ne sont plus si jeunes … ». Amalia se gardait bien de répondre à ces questions intimes et se limitait à un évasif : « On a le temps… ».

Puis, un beau jour, peut être avec une petite prise de conscience des années qui défilent, ou du fameux rappel de l’horloge biologique, Amalia s’est décidé : Oui, elle allait arrêter la pilule et oui, ils allaient « le » faire. Pourtant malgré une vie sexuelle totalement épanouie, Amalia ne tombait pas enceinte. Il fallait dès lors comprendre, d’où venait son problème : d’elle, de lui, des deux cumulés ?

Après moultes rendez vous chez les plus grands spécialistes sur la question, l’heure des tests avait sonné. Amalia fut la première : de prise de sang en échographies diverses et variées, elle comprit que la tâche ne serait pas si facile. En y songeant, elle rêvassait à ses idéaux d’antan où,  pour elle, le simple fait de vouloir, était synonyme de réussite. Ah, si c’était si simple …

Adrien, son charmant mari,  pensait quant à lui, échapper à ce genre d’expériences embarrassantes … Et bien, non. Malgré ses réticences, l’heure avait aussi sonné : Il devait tester sa virilité … Oups pardon (lapsus révélateur), sa fertilité !

Lui l’homme viril, sûr de lui, devait passer ce fichu test en clinique. Un beau matin d’Avril, Adrien se présente donc à la section infertilité de la clinique la plus proche. Dés l’arrivée, il a du mal à trouver le lieu où il doit déposer sa précieuse semence. Direction l’accueil, où une charmante infirmière, proche de la retraite, lui lance un discret «  le centre d’infertilité ?! En haut à gauche ! ». Lui qui voulait obtenir un renseignement discret … C’est raté ! Arrivé devant le soi-disant centre, une autre infirmière le renvoie, toujours aussi discrètement, dans « Le centre d’INFERTILITEEEEE, c’est sur votre gauche, Monsieur !! ».

Arrivé enfin à bon port, Adrien se retrouve bloqué dans une salle d’attente, coincé entre un couple de beauf qui semble tout droit sorti des « Deschiens » et un couple de presque quinquagénaire mal assorti. Après une longue attente, où il a le temps de penser à ce qu’il va faire, son tour arrive. Et là, grand moment de solitude : il pensait trouver une salle chaleureuse avec quelques bon magasines pour adultes légèrement collants mais pas trop.

En fait, il est parachuté dans une salle miteuse après qu’une infirmière lui ai recommandé de s’installer sur le canapé « pour faire ce qu’il a à faire » et de retirer ensuite le papier d’hygiène … Plus glauque, tu ne peux pas faire. Cerise sur le gâteau, ne parvenant pas à ouvrir la boite où il doit déposer le flacon rempli de son sperme, il est obligé de faire venir une infirmière qui lui réexplique le fonctionnement … La honte jusqu’au bout …

Mais voilà, après tous ces tests, le bébé n’arrive toujours pas. Pourtant, en dehors de quelques couples d’amis qui se trouvent dans la même galère, tout autour d’eux : les couples pouponnent. Des familles se créent. Et même si c’est toujours avec un plaisir partagé qu’ils apprennent la naissance proche d’un nouveau petit être, ils ne peuvent s’empêcher, le soir, assis sur leur canapé, de se dire qu’à trois, ca serait « vachement » mieux.

Comment ne pas songer dans l’histoire à ces couples célèbres qui se sont battus pour avoir un enfant. Ainsi, Louis XIII et Anne d’Autriche malgré un mariage célébré tôt, n’enfanteront que tardivement. Le souci majeur de Louis XIII, durant son règne, est d’être de nombreuses années sans héritier mâle. D’une santé médiocre, secoué par de violentes maladies, le roi manque à maintes reprises de mourir subitement sans héritier. La très difficile relation qu’entretient le roi avec la reine, augmente les espoirs de ces princes, qui toujours mêlés à des complots, espèrent bien que le roi n’aura jamais d’héritiers. La naissance du dauphin, futur Louis XIV, en 1638, après 23 ans de mariage, alors que le roi et la reine ont 36 ans, lui vaut le surnom de « l’enfant du miracle ».

Il en va de même pour l’histoire d’Abraham et de Sara. La Bible est claire sur la promesse faite au vieux patriarche : « … C’est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier… » Genèse. 15, 4. Et pourtant les années passent et la déception immense d’Abraham et Sara s’installe. Sara est resté stérile depuis son mariage même si telle n’était pas la volonté de Dieu qui, très tôt, a déclaré à Abraham qu’il aurait un fils, un héritier. Après l’enfant qu’Abraham eut avec sa servante Agar, Dieu lui révèle qu’il aura aussi un enfant avec Sara. Leur fils, Isaac naîtra à un âge où les deux époux ne pensaient plus du tout être en mesure d’enfanter.

Alors, et ce malgré ces expériences épiques, toujours pas de futur dauphin, toujours pas d’Isaac : Amalia et son mari attendent toujours.  Est ce une véritable impatience de leur part ou bien succombent t-il au mal du siècle consumériste où tout doit être obtenu dans la minute ? Autour d’eux, les familles continuent de s’agrandir … Entre joies partagées et moments de doutes, notre jeune couple nous permet une nouvelle fois de se questionner : les codes ont-ils vraiment changé ? 

Charlotte

7 septembre 2012

La sexe addict

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a pas dans son entourage une Elisa, célibataire endurcie et fière de l’être, qui ne parle et ne vit que par le sexe ?

Elisa est une collègue de travail. La trentaine bien avancée, elle peut se targuer d’avoir épinglée un certain nombre d’hommes à son tableau de chasse.

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Combien de fois l’ai-je vu le matin, le sourire en coin, racontant ses exploits de la nuit à ses amies autant amusées que jalouses de sa vie débridée : « Mon amant d’hier soir, il était vraiment chaud bouillant, j’ai du dormir quelques heures à peine … » ; « Et alors là, ils sont arrivés tous les deux sur mon lit et … » (phrase interrompue car le groupe à remarqué ma présence et mon oreille qui traine). « César, arrête d’écouter ça !! ».

Au contraire, lors des soirées, vous ne la verrez jamais en train de draguer ouvertement un homme ou se déhancher sur le dance floor pour faire comprendre ses désirs à sa nouvelle proie. Non, Elisa est bien plus fine, surtout devant ses amis. Elle préfèrera laisser discrètement ses coordonnées téléphoniques à un éventuel amant qui lui aura tapé dans l’œil. Même avec plusieurs grammes d’alcool dans le sang, la sexe addict ne confond pas les soirées entre amis et ses soirées plus intimes : « Je ne veux pas passer pour ce que je ne suis pas, surtout devant mes amis » ne cesse-t-elle de déclarer à qui veut bien l’entendre.

Elisa a pourtant connu quelques histoires sérieuses et durables. Je me souviens de ce type, Luc, avec qui elle est restée un peu moins de trois ans. Leur relation était principalement basée sur le sexe. Nous nous souvenons tous de ces nombreuses anecdotes que nous aimons nous raconter quand on parle du phénomène : Elisa nous avait invité à manger chez elle. Avec Charlotte, nous étions un peu en avance pour une fois. Plutôt que de rester à attendre dans la fraicheur du quartier, nous avons décidé de sonner chez Elisa. Et là, surprise, on l’entend courir jusqu’à sa porte et nous ouvrir les cheveux en bataille, dans un tee-shirt trop grand et à l’envers en nous expliquant qu’elle s’était « assoupie » avec Luc. Pour finir de contrarier ce gros mensonge, le fameux Luc débarquait derrière elle torse nu, avec un jean à peine fermé et la braguette grande ouverte, mais un grand sourire avec lequel il nous avait lancé : « Déjà là les amis ?! On ne vous attendait pas si tôt !! ».  Tu m’étonnes …

Toute la bande se souvient aussi de ce séjour au ski où Luc et Elisa étaient présents. La première nuit restera marquée à jamais dans nos mémoires : Les deux énergumènes ne s’étaient absolument pas gênés de savoir les amis dans les chambres voisines et s’étaient étreints dans des cris à moitié étouffés et des craquements de lit en bois … Un remake du célèbre film des « Bronzés font du ski » … Toute la bande s’en était bien amusée et taquinait chaque soir les deux sexe-addict avec des « Ma, cominciare a sentire la fatigua … Buena note ! ».

Du coup, Elisa et Luc s’étaient sentis obligés de calmer leurs ardeurs nocturnes et tentaient de temps en temps de vite retrouver de l’intimité quand le groupe partait un peu tôt le matin : « Vous allez déjà au marché ? Allez-y, on arrive dans pas très longtemps … Juste le temps de … ranger quelques affaires … ». No comment.

Comme on l’a dit leur relation n’a pas duré à cause de la lassitude de notre sexe-addict. Mais pas seulement : ils ne se comprenaient pas et n’étaient absolument pas en accord sur beaucoup de sujets. Les mauvaises langues du groupe disaient d’ailleurs que seule une partie de jambes en l’air arrivait à les mettre d’accord ! Elisa avait souffert de cet échec avec Luc. Elle parlait de faire un bébé mais a rapidement arrêté quand elle a senti que son Luc n’était pas disposé à pouponner.

Notre sexe addict a donc repris sa chasse. Pas une chasse à l’homme parfait, mais une chasse à l’amant … D’un soir … Deux soirs quand vraiment ça valait le coup, mais rien de plus.  Elle a repoussé ses limites et a testé tout ce qui était possible : le coup à plusieurs, le club libertin, les endroits insolites, les personnes inaccessibles comme ce gynécologue marié qu’elle a réussi à dépraver …

Dans l’histoire, les « libertins », ce sont d’abord, dans la société genevoise stricte mise en place par Jean Calvin au XVIe siècle, ceux qui ne se retrouvent pas dans les règles de vie protestante imposées dans la ville suisse. Les premiers libres-penseurs, que Calvin appelle « libertins » en référence au latin « libertinus », les esclaves affranchis de la Rome antique.

C’est au XVIIe siècle que l’esprit évolue. Avec le règne d’Henri IV et celui de Louis XIII, la société évolue et les moeurs s’allègent. Le libertin devient alors un intellectuel épicurien. Comme « les messieurs du Marais », un groupe de jeunes aristocrates érudits qui profitent de la vie et ses plaisirs. Car, durant tout le XVIIe siècle, le libertin est connu pour être un homme aux moeurs légères. Le personnage de Dom Juan est popularisé par Molière, et avec lui l’idée qu’un libertin profite de ce courant de pensée pour s’affranchir de toute morale.

Avec la Révolution française, le libertinage perd sa principale raison d’être : les libertins n’y font plus figure de « libres penseurs ». Depuis lors, le libertinage ne se réfère qu’à la dépravation et au relâchement moral, n’ayant plus aucune connotation intellectuelle. Il n’y a qu’Aragon, au XXe siècle, pour s’affirmer libertin. Le poète surréaliste se voit comme tel parce qu’il définit le libertinage comme « l’amour de la vie, des idées et de la liberté ».

Aujourd’hui, Elisa le clame haut et fort : elle ne veut plus d’une relation sérieuse et même si cela la privera de maternité. Elle préfère profiter et gérer sa vie et son corps comme bon lui semble et sans s’embarrasser d’un mari ou d’un amant trop collant. Nous, les couples, forcément, on a du mal à comprendre son attitude même si on accepte sa façon de vivre qui amène cette inévitable question : les codes ont-ils changé ?

César

3 septembre 2012

Le politico agoraphile

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Qui n’a jamais trainé (ou été entrainé) dans des soirées et  autres cocktails de partis politiques, ne peut connaître notre phénomène. Régis est notre politico-agoraphile.

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Régis, la petite vingtaine, porte toujours ses immondes chemises à carreaux et ses mocassins noirs qui vont parfaitement avec son bas de costume, probablement porté lors d’un mariage dans la Creuse. Issu d’une bonne famille provinciale, les bonnes fées ne se sont pourtant pas trop appesanties sur son berceau. Régis, est à la base un jeune garçon assez peu populaire. Il n’est pas du tout sexy et son style ne fait pas beaucoup d’émule. Au lycée, il était toujours ce bouc émissaire dont tout le monde se moquait : « Super « style » Régis, ta chemise à carreaux rouge et verte » ; «  Où as tu acheté tes mocassins…Que je n’y aille surtout pas ! ».

En bon camarade, Régis ne répondait pas aux attaques et rangeait sa hargne dans sa petite serviette en cuir noire.  Un jour, il en était sûr, il se vengerait, il aurait son heure de gloire. Et cette heure….il la cherche toujours. Presque 5 ans après la sortie du lycée, il est toujours ce petit homme un peu empâté, un peu lourdaud, désormais un peu dégarni, mal dans sa peau et toujours au sommet de la ringard attitude. Alors, telle une révélation subite et irréelle il a une vision : il sera célèbre, il va se lancer dans le monde de la politique.

Forcément, pour se lancer, il doit lier connaissance. Régis est loin d’être une lumière. Elève médiocre, il est par contre capable d’apprendre par cœur (sans forcément comprendre) des pages entières. Il s’encarte dans un parti et devient un peu l’homme à tout faire des pontes locaux : «  Régis, tu peux aller coller ces affiches de notre candidat … Ca serait bien que tu y ailles entre 2 heures et 4 heures du matin pour ne pas être dérangé ». Ce à quoi Régis, rétorque d’un impassible « Sans souci, je suis insomniaque de toutes façon ». Notre politico-agoraphile réussi ainsi à se créer un cercle d’ « amis ». Tous les soirs, il écume les vernissages, les soirées politiques, les cafés débats … Sa vie prend un nouveau sens. Désormais il parle politique, il respire politique, il rêve politique …

Mais ce qui le passionne surtout plus que tout, sont les célébrités politiques, qu’il peut approcher, presque toucher. Lui le petit cafard que tout le monde ignorait, il côtoie ce qu’il pense être le gratin, et ça, ça l’excite. On l’imagine ainsi, la main tremblante et la braguette prête à exploser, à l’approche d’un grand élu. Oui, pour Régis, approcher un élu ou encore mieux, le maire c’est bien mieux qu’une partie de jambes en l’air. Alors, désormais, plutôt que de rêver au corps de rêve d’Eva Longoria ou de Megan Fox, il s’est trouvé de nouvelles idoles …

Dans les meetings, il serait prêt à vendre père et mère pour approcher ses idoles, pour une photo prise à la volée, pour une poignée de main échangée, pour un regard furtif, pour une parole «  Continuez les gars, je crois en vous » échangée entre deux portes … Bien évidemment, il s’invente une vie sexuelle à la hauteur de ses rêves. Il a déjà couché avec les plus belles militantes du parti (en songe) et même cet élu, homosexuel notoire, lui aurait faut une proposition … Pourtant il semblerait bien que ses seules prouesses sexuelles soient restées du domaine de l’imaginaire.  Car, et heureusement pour lui, de l’imagination par contre, il en a à revendre.

Dès lors, pour tenter de briller en soirée, il se renseigne. Il lit « le Monde », participe aux débats dont il ne comprend même pas le titre comme : «  Les cellules souches embryonnaires humaines – État de la situation politique et éthique ».

Régis est-il seul dans sa galère ? Bien sûr que non. Cet agoraphile est toujours accompagné d’une palanquée de personnes qui cherchent aussi à se faire une place au soleil : Hugo, l’asiatique qui attend patiemment d’être naturalisé ; Brigitte, la nymphomane qui voit son adhésion politique comme une version plus concrète qu’un célèbre site de rencontre en ligne ; Jules, le pervers qui va mâter les filles et se reconvertit en photographe « officiel » pour collectionner le maximum de tirages et qui n’hésite jamais à placer son fameux «  Comment tu vas beauté ? Toujours aussi craquante ! » ; Damien, l’ancien partisan du parti adverse à la recherche d’emploi qui tente vainement de se faire pistonner ; sans compter les nombreux autres cas sociaux qui viennent se faire des amis.

Mais ce que Régis vénère par dessus tout au sein de son entourage c’est Olivier. Olivier, jeune élu, n’est pas le requin prédateur commun à de nombreux élus de son parti : Il est profondément gentil et bienveillant. Contrairement à ses confrères, il a pitié de toute cette bande, de tout ce que j’appellerai sa « cour des miracles ». Bien sûr, il se sert d’eux pour faire les basses besognes (collage d’affiches, préparation des apéritifs, déplacements divers en voiture …) mais lors des soirées, il n’hésite pas à leur parler, à rester proches d’eux. C’est pour cela que Régis aime beaucoup Olivier : Il ne le lâche pas d’une semelle, poussant le vice jusqu’à l’attendre même devant la porte des WC tel un chiot docile. Régis est souvent lourd et il a du mal à comprendre que, certes Olivier est gentil et aimable en soirée mais qu’il n’a pas forcément envie de venir dîner chez lui toutes les semaines. Et pourtant Régis, insiste, « Viens chez moi avec tes amis, j’ai une belle piscine couverte avec une superbe vue sur mer… ».

Régis fait penser à ces courtisans qui, telles des abeilles à la vue d’une ruche, butinent et s’accrochent à leur proie. Les rois de France vivaient entourés de nombreux membres de la noblesse, les courtisans. Pour s’attirer les faveurs du monarque, il leur fallait fréquenter régulièrement les résidences royales et respecter l’étiquette. Si ces derniers devaient faire preuve d’une disponibilité totale, ils étaient récompensés par des pensions et gratifications financières royales, un logement au château de Versailles et des invitations régulières aux fêtes et cérémonies.

Je préfère comparer notre politico-agoraphile à ces courtisans de l’époque moderne plutôt qu’à un exemple plus récent mais pourtant moins flatteur, celui d’Heinrich Himmler, fidèle et proche d’Adolf Hitler, qui poussa son délire jusqu’à se suicider par passion pour son idéologie. Si Régis n’en est pas encore à ce degré d’ineptie, la question reste posée : Les codes ont-ils changé ? 

Charlotte

30 août 2012

L’étrange étrangère

Publié par lescodesontchange dans Non classé

Ce soir, Katia s’en est allée. Ou peut être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un mail de son mari : « Katia partie. Plus de nouvelles d’elle. Amitiés ». Cela ne veut rien dire. C’était peut être hier.

Cette petite introduction en référence au célèbre auteur Albert Camus et à son œuvre « L’étranger » me permet d’évoquer le personnage de Katia.

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Katia n’est pas née en France, mais dans un pays du sud de l’Europe. Jolie brune à la peau mate et au sourire ravageur, elle ne laisse personne indifférent. Après de brillantes études en littérature locale et française, elle a décidé de venir s’installer en France. C’est là que nous l’avons rencontré : Son petit accent méditerranéen avait enchanté les gars de la bande qui l’avaient invité à se joindre à la table de ce bar du centre ville : « Jé souis arrivée en France de façon récente … Jé ne connais pas beaucoup de personnes encore … ».

Très vite, la jolie brunette a réussi à se faire accepter par l’ensemble de la bande, et surtout par les filles, qui ne voient pourtant jamais d’un bon œil, l’arrivée d’une nouvelle dans le groupe.

Katia, avec son impressionnant curriculum vitae, a rapidement trouvé un poste à la hauteur de son cursus universitaire : pourtant, on ne l’entend jamais pavaner sur son métier ou sur le salaire qu’elle doit toucher à la fin du mois. Elle nous a expliqué que dans son pays, le salaire comme la réussite sociale, ne sont pas des choses que l’on expose au grand jour. Pourtant, elle n’hésite pas à porter des vêtements griffés de grands couturiers français ou italiens : « Mais cé n’est pas pareil … Cé que je porte est discret, pas tape aux yeux ! ». Katia est une acharnée du travail : il est important pour elle de montrer que sa présence en France résulte d’une volonté de réussir et d’apporter son savoir faire au pays. Ainsi, quand pendant six mois, elle s’est retrouvée au chômage, nous l’entendions se confondre en justifications face à cette situation, même si nous lui expliquions que cela importait peu pour nous : « Mais vous comprenez, après les gens ils vont dire de moi qué jé suis une profiteuse … Et ça c’est hors de question !! ».

Mais ce que l’on préfère chez Katia, et là garçons et filles sont unanimes, c’est sa cuisine : plus besoin de sortir au restaurant pour découvrir des plats et des saveurs inconnus ou presque. Alors c’est sur, on attend tellement de ses créations culinaires, que l’on est parfois un peu déçu, quand le résultat est un peu gras (« Mais c’est comme cela que ma grand-mère le cuisine, sinon ça perd de la saveur … ») ou trop épicé (« Ca né vous plaît pas trop … J’ai mis trop dé paprika ou dé coumin ? »). Bon, la plupart du temps, on se régale même si les lendemains intestinaux sont parfois compliqués …

Mais ses meilleurs plats et ses plus grandes recettes, elle les réserve à Cyril, son mari, depuis cinq ans. Lui, comme le dit Katia, est un vrai français avec son grand-père belge, sa grand-mère hollandaise et sa mamie maternelle tunisienne. Ils se sont mariés en France et dans le pays natal de Katia : « Pour que tout le monde pouisse faire une fête autour de notre union ! ». Pour beaucoup de nos amis français, comme pour Charlotte et moi, ça a surtout été une belle occasion de découvrir la nation de Katia, sa famille, ses amis, les traditions locales, …

De cette belle union est né Louis (ou Luiz comme l’appelle le père de Katia). Pourquoi ce prénom ? « Parce que Louis était un grand roi dé France … Jé crois qu’il y en a eu plusieurs d’ailleurs … » (Dix sept en tout même si Louis XVII n’a jamais régné). Le petit Louis a vite grandi et pratique les deux langues à la maison : chacun de ses parents lui parle dans sa langue d’origine. Ainsi, le voit-on déambuler et demander à son père une friandise en français et remercier sa mère dans sa langue maternelle. Etonnant pour un petit bout qui marche à peine …

Mais tout n’est pas parfait dans la vie de Katia : elle est souvent victime de la vieille xénophobie (en grec : la peur de l’étranger) qui anime certaines personnes : elle est ainsi sujette aux moqueries et autres sarcasmes de quelques collègues de bureau sur son accent et sur ses origines : « Si tu pouvais me faire ça rapidement … Je sais que chez toi on a pas l’habitude de bosser comme ça, mais ici on est en France ! » ; « Le client veut traiter avec un vrai français … je m’occuperai donc de ce dossier ! ».

Pourtant les étrangers ont toujours été présents dans notre société : sans remonter trop loin dans l’histoire, à la suite de la Seconde Guerre mondiale, la France a fait appel à une importante main d’œuvre étrangère pour reconstruire le pays, détruit par six années de guerre sur son sol. Le terme « d’étrangers » en soi n’est déjà pas anodin : étranger … étrange … quelqu’un qui ne ressemble pas à la norme établi … Et pourtant, notre pays s’est construit au grès des vagues d’invasions diverses et successives des peuples européens ou africains voir même asiatiques. A l’époque antique de la Grèce, puis de l’Empire romain, on appelait « Barbares », toutes les personnes qui ne parlaient pas le grec ou le latin. Seuls les citoyens avaient des droits et pouvaient s’exprimer dans leur cité.

Alors rassurez-vous, Katia n’est pas partie comme nous le disions en introduction : Nous prenons toujours autant de plaisir à nous rendre chez elle, et nous rions ensemble quand son mari la reprend sur son français parfois approximatif : « Ces personnes né sont pas normaux je trouve … – On dit des personnes normales chérie ! ».

Aujourd’hui, Katia, qui vit en France depuis huit ans, travaille et mène une belle vie de famille, vient d’obtenir une naturalisation française. Pour elle, c’est la consécration de sa réussite sociale : comme nous l’avions dit, peu importe l’argent et le salaire, elle préfère montrer à ses détracteurs qui la regardent comme une barbare à l’accent prononcé que les étrangers peuvent parfaitement s’intégrer et qu’il faut éviter les amalgames : certains codes ne sont-ils pas trop long à changer ?   

César

25 août 2012

La libellule indécise

Publié par lescodesontchange dans Non classé

N’avez vous jamais connu dans votre entourage de fille pour qui tout devrait couler de source : bon boulot, mari aimant, bel appartement, vie épanouissante et pourtant elle ne peut s’empêcher de tout remettre en cause en permanence ? Cette fille, c’est Camille.

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Camille, jolie trentenaire aux longs cheveux dorés a tout pour être heureuse. Elle s’épanouit pleinement dans son métier de désigner d’intérieur, elle a épousé le beau Florian qui la comble d’amour et de cadeaux. Elle a deux enfants adorables qui ne lui posent aucun souci. Elle profite à fond de ses loisirs et voyage à travers le monde … Ses revenus, assez supérieurs à la moyenne, lui permettent de subvenir à ses (gros) besoins et même au delà, ce qui fait d’elle une femme pleinement indépendante. Bref, elle a tout pour être heureuse mais Camille est une insatisfaite chronique.

Malgré les commentaires élogieux de ses collègues de travail sur sa vie de rêve, elle ne peut s’empêcher de toujours tout remettre en question.  Son métier est-il vraiment conforme à ses rêves de gamine ? Réinventer des décors de rêve à longueur de journée, est-ce cela la vraie vie ? Florian est-il le père idéal pour ses enfants ? L’a t-elle vraiment choisi de façon réfléchie ou simplement pour son incroyable regard bleu azur ? Est ce que son immense mas qui pourrait figurer dans « Elle décoration » est ce cocon dont elle a tant rêvé ?

Camille a un seul gros souci dans sa vie … précisément celui de n’en avoir aucun. Alors malgré son bonheur elle ne resplendit pas. Camille sort beaucoup ; pour son boulot, elle ne se retrouve que très rarement chez elle à cocooner. Même en soirée, Camille ne brille pas. Elle demeure toujours en retrait. Elle reste souvent dans l’ombre de Florian qui pourtant ne tarit pas d’éloges sur son épouse plus que parfaite : «  Ma Camille, en plus d’avoir un goût exquis pour la décoration d’intérieur, est une cuisinière hors pair » ; « Ma femme a un métier passionnant, je suis accro à ses créations » ; « La femme de ma vie est une véritable perle … ». Et bien d’autres éloges capables de rendre jalouses toute une panoplie de célibataires envieuses de son sort.

Et pourtant malgré tout, notre éternelle indécise ne sait se positionner et se posent de nombreuses questions existentielles. Mérite t-elle vraiment sa vie ? N’a t-elle pas connu Florian trop jeune et ne sont-ils pas devenus parents trop tôt, à l’âge où la plupart de leurs amis écumer encore les boîtes de nuit branchées de France et de Navarre ? Ont-ils assez profité de leur jeunesse ?

Alors pour remédier à ses questions existentielles permanentes que fait notre éternelle indécise ? Et bien, notre libellule indécise réagit de la façon la plus sotte qu’elle puisse faire. Elle remet sa vie en jeu. Elle s’octroie ce qu’elle nomme des « pauses rassurantes », pendant deux ou trois jours elle quitte le domicile conjugal pour voguer au gré de ses envies et de ses désirs. Dès la première année de vie commune, suite à une violente dispute, Florian a tellement eut peur de la perdre définitivement qu’il a accepté ce compromis un peu fou, ces pauses imposées, ces breaks forcés. Au fil des années, Florian a décidé de faire pareil. Plutôt que d’attendre patiemment le retour de sa libellule butineuse, il part lui aussi pendant quelques jours s’amuser avec des copains et remettre en jeu ses atouts de nouveau trentenaire.

Camille profite de ses escapades pour tester sa séduction. Elle ne fait pas qu’entrer dans le jeu de la séduction ; elle va au bout de ses limites, au bout de ce qu’une femme en couple pourrait « normalement » faire.  Ses escapades, elle les fait seule, Camille n’a pas beaucoup d’amies et son élan d’indépendance lui empêche de s’embarrasser de compagne de route qui pourrait lui faire des reproches.

Alors pendant quelques jours, quelques heures, notre libellule joue l’écervelée. Elle oublie son boulot, ses gosses, sa belle maison, son formidable mari et se lance à fond dans d’innombrables histoires sans lendemain avec des hommes souvent peu galants, pas toujours séduisants mais qui ont un unique avantage, celui de lui faire oublier sa trop belle vie.

De tous temps ce genre de femmes indécises et, de fait, volages ont existé. Marie Antoinette d’Autriche, femme de Louis XVI en est l’exemple le plus probant. Jeune princesse autrichienne, fille de l’empereur François 1er de Lorraine, elle est promise très jeune au dauphin du roi de France. A l’âge de quatorze ans elle quitte la jeunesse dorée viennoise et peine à se plier à la rigidité de l’ « étiquette » de la cour française.  Elle épouse en 1770 le dauphin qui l’adule  et tente vainement de la rendre heureuse. Louis XVI adore son épouse et cède à tous ses caprices. Cependant, ce dernier trop timide et « empoté » chasse toute la journée et la laisse souvent seule avec une pléiade de courtisanes toutes plus hypocrites les unes que les autres. Au sein de cette cour frivole, Marie Antoinette se lie d’amitié avec différentes courtisanes qui vont l’entraîner dans diverses escapades extra conjugales.

On lui prête donc plusieurs amants, mais un seul homme a vraiment compté pour la reine : le comte suédois Axel de Fersen. Présentés lors d’un bal en 1774, ils resteront liés pour la vie. Le comte a d’ailleurs été l’instigateur de la fuite à Varennes en 1791. Il entretient avec elle une correspondance secrète, écrite à l’encre invisible, dans laquelle il conseille la reine, lui dictant presque sa conduite. Malgré l’attachement de son époux, Marie Antoinette fuit dès qu’elle le peut son cocon versaillais, elle se fait construire le petit Trianon où elle séjournera la majeure partie de l’année et qui sera pour elle un véritable expiatoire à sa condition de Reine. Elle incarne à la perfection cette image de femme à qui tout souri et qui pourtant par son attitude désinvolte et indécise gâche son bonheur.

Alors Camille, telle une Marie Antoinette des temps modernes, arrivera t-elle à trouver un réel sens à sa vie ? Trouvera t-elle son comte de Fersen qui la fera vibrer et l’éloignera, du moins pour un temps, de sa lassitude chronique ? Néanmoins, Camille ne doit pas oublier qu’à trop tromper, cette Reine en a perdu la tête, même si les raisons de cette mésaventure ne sont pas liées. Pourtant, une question demeure : les codes ont-ils réellement changé ?  

Charlotte

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